‹ Traité complet sur la maladie scrophuleuseChapitre 133 sur 236 · DEUXIEME PARTIE. 3o · texte numérisé non relu

DEUXIEME PARTIE. 3o

de froment ou d'orge, non fermentée; -on fait bouillir ce mélange pendant quelque temps , et la préparation est achevée. Est-il , jeie demande, un grand nombre d'alimens plus indigestes que celui-ci? Un homme robuste, dont la constitution est affermie , dont l'estomac jouit de toute son activité digestive , pourrait-il en faire un usage exclusif pendant plusieurs semaines seulement , sans tomber dans l'affaiblissement et la langueur? et cependant, c'est avec un pareil aliment que l'on gorge au-delà du besoin , et durant des années entières, un être faible dont l'organisation est déjà lympliathique , molle et sans aucune consistance. C'est par Fusage d'une substance farineuse , qui n'a éprouvé ni fermentation, ni coctipn suffisante, que l'on espère développer la force et l'énergie du jeune sujet. « Entre les vices de la bouillie, dit Etmuller, )) je déteste surtout l'usage de la farine crue , )) qui , étant délayée et cuite avec du lait ou )) de l'eau , et réduite en forme de colle , ne peut y) donner qu'une pâte vicieuse et crue, plus )) propre aux relieurs pour coller leurs livres, y) que pour nourrir les enfans ». (EthuLiLer, Méd.prat.ip. ^^6.)

Yoilà les résultats les plus ordinaires d'une pratique aussi dangereuse. Cet aliment grossier, trop peu stimulant, favorise le développement du tempérament lymphatique, auquel, comme^

3o6 TRAITÉ SUR LES SCROPHULES.

nous Fa VOUS dit , tons les nouveau-nés sont déjà prédisposés ; l'enfant devient gros, replet, mou j boursouiïlé, sans ton, sans activité; souvent aiors la nutrition de ses organes s'affaiblit et s'altère, la diatlièse scrophuleuse s'établit , surtout s'il est environné des causes générales susceptibles de hâter le développement de cette maladie.

On objectera, sans doute, que l'on a vu des en fa as très-robustes élevés au moyen des bouillies; mais ces faits prouvent seulement que cet aliment ne suffit pas d'une manière exclusive pour déterminer la constitution strumeuse , et que ces jeunes sujets ont pu , garantis par des soins assidus et des circonstances favorables , échapper aux accidens attachés à cette alimentation défectueuse. ïl ne faut donc pas en conclure qu'un pareil régime puisse , dans la pluralité des cas, être employé sans danger. Je regarde même les bouillies comme le mets le plus nui sible que l'on puisse inventer pour la nutrition du premier âge.

Dionis fait remarquer que sur cent écrouelleux les trois quarts au moins sont paysans; plusieurs auteurs ont fait la même observation que l'on peut répéter chaque jour ; et cependant, l'air que l'on respire dans les campagnes , les influences favorables du soleil qui les anime, etc., sont au tant de préservatifs contre cette maladie. Pourquoi l'observe- t-on dès lors plus fréquemment

Page 1