DEUXIÈME PARTIE. 3o
clans ces lieux que dans la plupart des villes? Nous en trouvons, il est vrai , la raison en partie dans riiabitalion des campagnards, ordinairement humide et insalubre, mais spécialement dans l'usage abusif des bouillies dont ils nourrissent exclusivement leurs enfans.
Si les parens , convaincus des inconvéniens que peut avoir cet aliment, voulaient renoncer entièrement à son emploi pour les nouveau-nés, on verrait assurément diminuer par la suite le nombre des scropliuleux et des racliitiques; mais les préjugés ont tant de force qu'il est souvent très-difficile de les détruire, même en les combattant avec les armes de la vérité la plus évidente. C'est ce qui faisait dire à Zimmermann relativement aux affections de l'enfance, telles que les scophules , les convulsions , etc. : c( Tous les médecins voient et décrivent ces ma- )) ladies, et aucun ne peut les prévenir par rapy) port à l'aveuglement opiniâtre des femmes, et )) en général du peuple. D'où vient que sur 3) vingt-cinq mille morts il se trouve mainte- )) nant à Londres tous les ans huit mille enfans, )) qui meurent de convulsions , si ce n'est parce )) qu'on leur farcit l'estomac d'un aliment (la )) bouillie ) qui les empoisonne. Mais il serait )) plus aisé de transporter les Alpes dans les vastes )) plaines de l'Italie , que de désabuser une femme
3o8 TRAITÉ SUR LES SCROPHULES^
j) écervelée». (Zimmermann, Trait, de TExpér.
Il faut accorder à l'enfant des alimens plus faciles à digérer , capables de donner à sa constitution plus de force et d'énergie. Mais on doit en même temps éviter de passer d^m excès dans un autre , en donnant dès le principe des substances trop excitantes. C'est par degrés qu'il faut introduire dans le régime des moyens stimulans et convenablement toniques , en commençant toujours par ceux qui, sous le rapport du caractère doux et agréable , se rapprochent davantage du lait , premier aliment de l'homme naissant.
Vers le troisième mois, on secondera l'allaitement par des crèmes légères de salep, de riz ou de gruau torréfiés ; on devra les aromatiser trèslégèrement avec quelques gouttes d'eau distillée de fleurs d'oranger. On passera ensuite à l'emploi des })annades faites avec la croûte du pain de froment recuite au four; du beurre et des jaunes d'oeufs en petite quantité, devront servir à leur confection. Quelques mois plus tard , on y ajoutera le suc des viandes blanches , du poulet surtout, enfin celui des viandes rouges, et spécialement du bœuf. On pourra composer ces pannades avec moitié de bon lait dans le premier temps de leur usage. Il est très-avantageux vers le huitième