‹ Traité complet sur la maladie scrophuleuseChapitre 138 sur 236 · DEUXIÈME PARTIE. 3l · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE. 3l

facilitant, par une sorte d'expansion généi-ale, toutes les fonctions de l'économie, concourt puis" samment au développement et au perfectionnement du physique. Mais si l'âme devient le siège habituel d'un sentiment de tristesse et d'amertume, bientôt un sombre voile semble se déployer sur tout l'individu ; ses fonctions languissent et sa constitution s'affaiblit et s'épuise insenvsiblement. Je pourrais citer plusieurs faits à l'appui de ces vérités , si leur évidence n'était pas déjà malheureusement trop bien démontrée. Il faut donc éviter à l'homme naissant tout ce qui peut favoriser en lui la crainte et la pusillanimité , tels que ces contes de sorciers , de revenans, qu'on a la mauvaise habitude de lui réciter à chaque instant. Il faut surtout employer tous ses soins pour faire naître dans son âme , encore neuve, ces sentimens heureux, de douceur, de tendresse et d'amitié qui seuls peuvent charmer l'existence ; et pour éloigner de son berceau la torche infernale de ces passions sombres et cruelles qui le rendent à jamais insensible aux attraits des vertus et du véritable bonheur : je parle surtout de l'en vie et de la jalousie qui trouvent un accès si facile dans le cœur des humains, et que des parens imprudens fomentent quelquefois inconsidérément entre leurs enfans , par des préférences bien souvent injustes et toujours funestes.

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2°. Facultés intellectuelles. — Je îie puis voir sans étonnement jusqu'à quel point on contrarie maintenant les vœux de la nature, par l'instruction prématurée que l'on s'efforce de donner à la plupart des enfans. Lorsqu'ils annoncent des moyens et du génie , on s'empresse de développer leur intelligence par des études disproportionnées à leurs forces , et qui toujours embrassent un trop grand nombre d'objets. Il suffit pourtant d'observer les funestes conséquences d'une éducation aussi défectueuse, pour en bien apprécier tous les dangers. Par elle , en effet ^ le moral s'enrichit aux dépens du physique; on se félicite d'une part, des saillies spirituelles, des talens précoces du jeunesujet; mais de l'autre, on gémit sur cette constitution frêle et délicate, sur cette excessive irritabilité, qui toujours sont accompagnées d'une santé faible et inconstante. J'ajouterai même que cette méthode est entièrement incapable de réaliser les espérances qui la font adopter. En effet, l'organe de la pensée livré à des travaux pénibles avant d'avoir acquis un développement convenable pour en supporter les fatigues , ne tarde point à tomber dans un épuisement qui entraîne à sa suite la diminution rapide , ou même l'anéantissement de Fintelligence. Tel enfant était à dix ans un petit prodige , qui n'est plus à vingt qu'un idiot et un stupide ! Combien ne pourrais- je pas citer d'exemples à l'appui de cette vérité. Mais

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