DEUXIÈME PARTIE. 3l
laissons parler un instant le pliilosoplie de Genève. ((La nature veut que les enfans soient )) enfans avant que d'être hommes. Si nous vouy) Ions pervertir cet ordre, nous produirons des y) fruits précoces, qui n'auront ni maturité ni )) saveur, et ne tarderont pas à se corrompre. )) Nous aurons de jeunes docteurs et de vieux » enfans. L'enfance a des manières de voir, de )) penser qui lui sont propret; rien n'est moins M sensé que d'y vouloir substituer les nôtres , et )) j'aimerais autant exiger qu'un enfant eût cinq )) pieds de haut, que du jugement à dix ans». (J. J. Rousseau, Emile, )
Tous les médecins observateurs sont d'accord sur les dangers d'une éducation intellectuelle prématurée, et sur l'incapacité que présentent, pour la méditation, les sujets trop jeunes , quels que soient leurs moyens. « Une jeune fille, dit y) judicieusement Tissot , qui lit à dix ans au )) lieu de courir, est à vingt une femme à va- )) peurs et une mauvaise nourrice ». (( Dans l'en- » fince , ajoute M. Corvisart , la frêle organisa- » tion de l'homme est si peu développée , qu'elle )) ne permet aux ressorts de son esprit d'agir )) que pour ses besoins, de ne se mouvoir que » dans la sphère de ses appétits ». (Eloge de Des- Eois DE RocHEFORT.) Il est douc indispensable au bonheur et à la santé de l'homme , que l'on s'occupe du développement de son physique ,
3l6 TRAITÉ SUR LES SCROPHULES.
avant de songer au perfectionnement de son intelligence. Son éducation morale, sous ce dernier rapport, ne doit jamais commencer avant la huitième ou dixième année ; suivant la force et le tempérament qu'il présente. Si l'on cherche avant ce terme à lui donner quelques notions préliminaires , il faut toujours le faire sans travail , sans contrainte , et sous forme d'amusement.
Les règles de l'éducation intellectuelle doivent être invariablement établies sur une vérité physiologique bien importante à connaître : les facultés de V intelligence n'offrent point un développement simultané, mais -pour ainsi dire successif et réglé par la nature , de telle sorte que chacune prédomine à son tour dans les différentes périodes de la vie. On conçoit dès lors combien il doit être avantageux aux progrès de l'enfant, de diriger successivement ses études sur les différentes parties de son instruction , en choisissant toujours celle qui doit spécialement exercer la faculté dont le développement présente alors une prédominence marquée.
Ainsi , 1°. dans F enfance ; développement 1**. de la mémoire ^ c'est alors le temps d'étudier les langues , la botanique, la géographie ; 2*". perfectionnement des sens / il convient par conséquent de cultiver le dessin , la musique, la peinture, etc.