DEUXIÈME PARTIE
siste même encore clans plusieurs contrées de la Basse-Bretagne où l'affection strumeuse est connue sous le nom de droucq-ar-roué ^ mal du roi. D'après l'abbé Velly {Hist. de France ^ t. II, p. 338.), le bon roi Robert, qui vivait dans le dixième siècle, fut le premier favorisé de ce don précieux; le père Dciniel {T. P"^, p. io32 et 1 128) pense au contraire que Philippe P"^, qui régnait dans le onzième siècle, posséda cet avantage que n'avaient point eu ses prédécesseurs. Enfin , quelques historiens rapportent sérieusement que Clovis reçut de saint Remi, archevêque de Reims, qui le sacra et lui donna le baptême, le pouvoir, pour lui et ses descendans , de guérir, par le toucher, toutes les maladies écrouelleuses. On reconnaissait sans doute la niême prérogative dans François P'^, puisqu'on lui fit ces vers pendant sa captivité chez les Espagnols :
Hispanos inter, sanat rex chaeradas , est que Capdvus superis gratus ut antè fuit :
Indicio tali , regum sanctissime , qui te Arcent , invisos suspicor esse deo.
Les historiens anglais accordent le même pouvoir à leurs souverains, et le font remonter à Edouard-le-Confesseur. Ils attribuent ce privilège à l'onction particulière qui est faite sur les mains des rois pendant la cérémonie du couronnement, et nous expliquent, par là, comment il
324 TRAITÉ SUR liES SCROPHULES.
arrive que les reines , chez lesquelles cette onction n'est point mise en usage , ne jouissent pas du précieux avantage de guérir la maladie scrophuleuse ; cependant la reine Elisabeth , voulant faire exception à la règle générale, touchait les écrouelleux. Je ne dirai point ici avec le docteur Renard 5 ce on fera très-bien de perpétuer cette y> coutume , elle a du moins Favantage de rendre y> la personne des rois divine et sacrée » ; mais je ferai plus d'honneur à la majesté royale, en pensant qu'il ne lui est pas nécessaire de s'envelopper du voile mensonger de la superstition et des préjugés, pour mériter notre amour et notre vénération.