CHAPITRE IL
MÉDICAMENS PRÉGOmsÉS PAR LES DIFFERENS AUTEURS POUR LA GUÉRISON DES SCROPHULES.
Jr^ouR établir sur des fondemens invariables le traitement naturel des scrophules, il était indispensable de bien connaître le véritable caractère de la maladie, et cette connaissance n'avait point été suffisamment approfondie, comme le prouve, sans réplique , le catalogue volumineux des médicamens proposés pour la guérison de FafFection strumeuse.
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Avant de rien entreprendre pour le salut d'un malade, on doit avoir un but à remplir, une indication bien déterminée ; autrement on agit toujours au hasard , sans guide , et presque jamais sans danger. Ce but et cette indication doivent émaner du caractère même de la maladie , et non pas d'une circonstance accessoire , ou de quelque symptôme prédominant; c'est donc bien évidemment au défaut d'un point de départ fixe et invariable qu'il faut attribuer la cause principale de ces irrégularités et de ces oppositions que nous offrent les traitemens proposés, par les différens auteurs , pour guérir l'altération scrophuleuse.
En effet , que pouvait faire Hippocrate contre les écrouelles, d'après les idées qu'il avait sur cette maladie? Lui-même répond à la question :
Fapus^ strumœ à pituita creantur^ curandi
ils quœ pituitam repurgant, (Hypp. de Affect.)
Que pouvait également le médecin de Pergame contre l'affection strumeuse ? Il nous l'apprend lui-même : Est vero duplex ea curationis indica" tio , nempè vel totum quod vitlosum est scalpello excidentibus nobis veluti in cancro ^ pel putrescere id medicamento cogentibus. ( Galien , de Strumis. )
Mais franchissons les siècles qui nous séparent de l'antiquité , et fixons nos regards sur les indications que se proposent de remplir, dans le^
traitement des scrophules , tous les auteurs qui ont le plus récemment et le plus spécialem^ent écrit sur cette maladie; nous verrons bientôt qu'ils sont partis d'un principe faux, et qu'ils n'ont par conséquent pu faire que des applications erronées.
i**. Charmetton s'exprime ainsi : {Essai théorique et pratique sur les écrouelles ^ p. 1 89. ) « Si » le virus scropliuleux consiste, ainsi que j'ose :» me flatter de l'avoir démontré, dans l'épaissis- )) sèment et dans l'acidité plus ou moins acrimo- » nieuse et saline de la lymphe, on ne peut avoir, )) dans le traitement des maux qu'il suscite, d'au- )) tre indication que celle de rendre à cette hu- )) meur sa fluidité, son mouvement naturel, sa )) douceur et son onctuosité ».
Telle est la base sur laquelle cet auteur établit sa thérapeutique : il attaque ensuite la maladie, d'abord par les saignées , les vomitifs , les purgatifs. Je fais grâce au lecteur des motifs sur lesquels il appuie l'efficacité de ces moyens. Tiennent enfin les remèdes atténuans , fondans ^ ^^P^" ritifsy délayans^ hume dans y etc. jNous bornerons nos réflexions à souhaiter, bien sincèrement, pour les intérêts de l'humanité , que les scropliuleux , traités par cette méthode, soient dans le plus petit nombre possible.
a^. Renard expose le même sujet de la manière suivante ( Essai sur les écrouelles^ p. 58.):