‹ Traité complet sur la maladie scrophuleuseChapitre 145 sur 236 · DEUXIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE

(( On a dit plus haut que le vice écrouelleiix )) provenait d'un épaississement considérable de w la lymphe : ainsi on remplira toutes les indi- )) cations, en délayant, en fondant cette humeur "» ou ce miasme morbifique, en le faisant rentrer )) dans ses vaisseaux et en Févacuant )).

Il conseille ensuite de préparer le malade par les bains , les saignées , les purgatifs , etc. , et d'en venir, après cette préparation , à Fusage des atténuans y des évacuans y àesfondans , etc. , et spécialement de V extrait de ciguë ^ qu'il considère comme le spécifique par excellence. Nous regardons comme très heureux, pour le salut des malades, que ce traitement n'ait pas trouvé beaucoup de partisans.

5**. Lalouette, après avoir disserté sur le vice scrophuleux y qu'il regarde comme un être à part et distinct, s'exprime ainsi (^Traité des sero-

phules y p. 202. ) : (( On a dû voir encore que

)) ce vice n'affecte les parties solides , qu'après )) avoir altéré les humeurs qui circulent, et dont )) il occasionne la stagnation par la condensation )) et l'épaississement qu'il leur communique.

)) Anéantir ce miasme primordial , détruire cet y> assemblage de différens vices en diminuant la )) cohésion des humeurs qu'une longue associay) tien a fomentée ; disposer insensiblement les )) liquides à couler avec plus de facilité dans )) leurs canaux , redonner à ceux-ci le ressort

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» qui leur manque , et dont ils ont besoin pour » faire avancer les fluides trop disposés à s'ar- )) rêter, est le but où je me suis proposé d'at- » teindre, et auquel je suis parvenu en compoy> sant le remède dont je me sers depuis si long- » temps avec les plus grands succès ».

Mais quel est donc ce remède infaillible , ce précieux spécifique ? Déjà le lecteur conçoit que c'est un désobstruant^ un incisifs un atténuant ^ etc. ; et cette opinion est fondée , puisque Lalouette conseille l'or , le plus parfait des métaux ^ pour remplir les indications qu'il se propose dans la cure des écrouelles. La base du traitement se compose de trois espèces de pilules. 1°. Pilules résolutives. — Faites avec un mélange , dans les proportions convenables , d'une petite quantité d'or en dissolution , des oxides de calcium (chaux), et de sodium (soude), d'antimoine et d'huile d'amandes douces ; composé que l'auteur nomme savon antimonial solaire . i°. Pilules laxatives. — Faites avec le même savon et quantité suffisante d'aloès succotrin. 3°. Pilules toniques . — Résultan t d u mélange de ce savon antimonial solaire ^ et d'un autre savon que Lalouette appelle savon martial ^ et qui n'est autre chose qu'une combinaison d'huile d'amandes douces ^ et des oxides de fer et de sodium. A l'usage de ces pilules , l'auteur ajoute , sous le nom de mojens auxiliaires , celui des sucs de cochléaria ,

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cîe beccabunga , de plusieurs poudres purgatives, et de quelques infusions sudorifîques.

On s'étonnera sans doute que ce traitement^ qui fit des merveilles entre les mains de M. Lalouette, du moins d'après ce qu'il en rapporte, n'ait jamais offert aucun résultat avantageux, employé par d^autres praticiens, cependant bien capables d'en diriger l'administration , et qu'il soit entièrement tombé en désuétude. Tel est cependant, et je dirai même très-heureusement ^ le sort du merveilleux savon antimonial solaire,

4^. M. Baumes s'exprime ainsi , relativement à la nature des scrophules, et aux indications présentées par cette maladie ( Traité sur le vice

scroph, p. 227, lig. 22. ) : ce On s'est

» convaincu par l'observation, que la constitution )) scropliuleuse est principalement caractérisée )) par les indices qui manifestent une faiblesse )) générale, une trop forte oxigénation des sucs » albumineux, ou si l'on veut, beaucoup de )) disposition à se concréter ; enfin une sorte de » décomposition de la matière osseuse ; » et conséquemment à ces principes , l'auteur ajoute ( page 228. ) : (c Je mets dans cette classe de re- » mèdes {ceux qui peuvent arrêter le dépelopy> pement du vice scrophuleux ) ^ les martiaux, » comme jouissant d'une propriété particulière » contre la faiblesse de la sanguification • les ru- » biacés, parce qu'ils possèdent iine faculté prin-

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)) cipale contre les langueurs de l'ossification; et » les alkalis , parce qu'ils ont une vertu marquée )) contre les efTets des vices de l'ossification, soit » qu'ils absorbent l'acide phosphorique qui aban- )) donne sa base naturelle , soit qu'ils neutralisent » les acides étrangers qui se sont formés dans les » premières voies, et qui nuisent, de plusieurs )) manières, aux diverses fonctions de l'économie )) animale ».

Plus loin ( dans le même ouvrage, page 263 ), M. Baumes distingue dans la maladie strumeuse deux périodes principales off'rant, chacune, des indicciiions particulières et même différentes.

<( Dans la première période, la lymphe est acre )) et épaisse , les glandes sont engorgées , et le )) sang est encore d'une assez bonne qualité.

)) Dans la seconde, quel que soit l'état des )) glandes et des ulcères, les humeurs sont plus )) ou moins altérées, et ces altérations font tous )) les jours des progrès plus sensibles ».

1®. D'après cette distinction l'auteur ajoute que dans la première période le traitement (c . . . . ne )) comprend qu'une indication, celle d'atténuer )) convenablement la lymphe, et d'évacuer régu- )) lièrement les produits de cette atténuation ». 11 conseille alors l'emploi dvesfondans de la lymphe qui sont en très-grand nombre; mais laissons-le

parler lui-même (page 3i3) : ce Après

» avoir débuté par un émétique , secondé par un

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