‹ Traité complet sur la maladie scrophuleuseChapitre 152 sur 236 · DEUXIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

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ficacité , jamais en agissant comme spécifiques, mais toujours comme accessoires. Nous indiquerons ailleurs Tusage que Ton en doit faire.

4^. Or. — Ce métal fut conseillé sous différentes formes par Lalouette ; il constitue la base de son fameux .ça^o/z antijnonial solaire , L'observation a complètement détruit les espérances que l'on avait conçues relativement aux avantages de ce merveilleux spécifique.

5**. Alhalis. — Quelques auteurs , considérant les scrophules comme le résultat d'un principe acide, vicieusement développé dans l'économie, n'ont point hésité à proposer les alkaiis pour neutraliser ce principe : ce Ils sont, dit M. Baumes, » indiqués sous toutes sortes de rapports ; ils )) détruisent les aigres étrangers, ils purifient la )) masse des liqueurs, ils sont de puissans fon- )) dans de la lymphe , outre leurs vertus généy> raies , qui sont de stimuler les solides, de desy> sécher les fibres trop relâchées, de pousser, » par quelques couloirs , et d'agir très-énergi- » quementdans tous les maux où ces indications )) se trouvent plus ou moins réunies». (Ouvrage cité , p. 254 )• C'est d'après des principes semblables que Levret conseille le carbonate de potasse, l'eau de chaux à l'intérieur; Lalouette, le savon médicinal ; Bordeu , les absorhans , les coraux, les yeux d'écrevisse, la magnésie, les eaux hydro-sulfureuses de Barèges; d'autres^ la

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baryte en poudre, etc. etc. En admetlant même cet acide chez les scrophuleux ^ et la possibilité de le neutraliser par les alkalis , on il^aurait encore alors détruit que le symptôme , et non poir.t la maladie elle-même, puisque la dépravation des humeurs 5 dans les écrouelles, n'est jamais, comme nous Pavons démontré, que la conséquence d'une altération antérieure dans les solides organiques , altération qui constitue rafFection essentielle, et qu'il faut nécessairement faire disparaître avant de se féliciter d'une guérison réelle; mais les progrès de la médecine physiologique ne permettent plus de regarder aujourd'hui l'économie animale comme un laboratoire de chimie où toutes les combinaisons moléculaires peuvent s'effectuer librement sous l'influence particulière de l'affinité.

6°. Sels purgatifs. — Guy-de-Chauliac et Joubert disent que les purgatifs font grand profit dans les scrophules? c'est d'après cette idée que tous les médicameus cathartiques, et spécialement les sels, ont été successivement recommandés. Nous verrons bientôt que s'ils peuvent devenir quelquefois utiles , c'est toujours en agissant sur l'une des complications , et jamais sur la maladie principale.

7°. Muriate de chaux. — Fourcroy vante beaucoup les avantages de cette substance; il conseille d'en dissoudre un gros dans une once

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d'eau 5 et de prendre toutes les trois heures yingt gouttes de cette dissolution ; mais ce moyen , qui ne peut agir que par ses propriétés diaphorétique et purgative, est maintenant abandonné comme dangereux, parce qu'il détermine souvent des sueurs et des selles beaucoup trop abondantes.

8°. Muriate de baryte, — Crawfort, le médecin, et Hufeland, conseillent ce médicament comme un anti-scrophuleux très-puissant, en commençant par un quart de grain pour en élever la dose jusqu'à deux grains chaque jour, sur deux onces d'eau distillée. Des essais nombreux ont été faits en Angleterre , par ditTérens médecins; en France, par MM. Pinel et Chaussier , pour constater l'efficacité de ce moyen, il résulte de ces expériences , que s'il peut avoir des avantages , c'est en agissant comme stimulant. M. Pinel assure que ses effets ^pour la guérison des scrophules, se manifestent toujours avec beaucoup de lenteur. M. Hébréard , médecin à Bicêtre , a répété ces .essais avec beaucoup de soin et de sagacité. Il rapporte, dans sa dissertation sur les tumeurs scrophuleuses, quelques observations qui ont pour sujets des malades guéris, dans l'espace de deux, trois et six mois, par l'emploi du muriate de baryte. Mais je ne vois ici quelacure des engorgemens locaux, et non point celle de la constitution strumeuse , que ce miné'

rai est toujours incapable de produire, comm® le concevront maintenant tous ceux qui ont des idées exactes sur la nature de cette affection. Je pourrais donc démontrer que le muriate de baryte n'est point un spécifique y puisqu'il n'a d'autre vertu que celle de stimulant^ et qu'il n'agit que sur le symptôme et non sur la maladie elle-même ; mais il me suffira , pour le faire abandonner par tous les médecins prudens, de rappeler les accidens auxquels il peut donner naissance, lors même qu'il est employé avec beaucoupde ménagement. D'après lesobservations de M. Hébréard , on remarque ordinairement pendant l'administration du muriate de baryte , des chaleurs vives dans l'estomac , des cardia Igi es , des nausées, des vomissemens, des hémorrhagies nazales, la surdité, des superpurgations, des ^ coliques violentes, des frissons, des tremblemens, des sueurs froides, des douleurs de poitrine, etc. Un infirmier de Bicêtre ayant pris, par mégarde, sept grains de ce sel dans quatorze onces d'eau , éprouva des chcnleurs d'entrailles, des cardialgies, des sueurs froides, des lipothymies, etc. , et fut, avec beaucoup de peine, rappelé à la santé, par le moyen des potions huileuses. M. Hébréard , en forçant la dose sur des chiens, et la portant à douze et même à trente grains, vit survenir des dévoiemcns sanguiriolens, des hoquets , des nausées, des tremblemens , des sueurs,

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des convulsions et la mort. L'autopsie cadavérique présenta Festomac rétréci, réduit au volume de l'intestin grêle 3 les autres parties du canal digestif également diminuées dans leur capacité; la muqueuseintestinale rouge, enflammée dans presque toute son étendue. Si l'on ajoute à ces faits plusieurs autres observations de M. Hébréard , qui constatent que le muriate de baryte a, sur plusieurs sujets, notablement aggravé les symptômes des scrophules, il sera bien naturel d'en conclure que cette substance est un véritable poison j et qu'elle ne doit point être mise en usage ; d'abord comme très-dangereuse , ensuite , comme n'ayant aucune propriété spécifique dans la guérison de la maladie strumeuse. Si, malgré toutes ces raisons, quelques médecins voulaient encore essayer le muriate de baryte, ils doivent au moins connaître le moyen proposé par le chimiste Pelletier , pour combattre les funestes effets que peut déterminer l'emploi de ce médi" cament ; ce moyen consiste à faire prendre , dans l'instant même, une certaine quantité de sulfate de potasse. D'après ce chimiste , le muriate de baryte est décomposé, il se fait du sulfate de baryte insoluble et nullement dangereux. Maia tout praticien prudent ne consentira, sans doute, jamais à compromettre ainsi le salut de ses malades.

9°. Soufre. — Il a été conseillé en nature j el

surtout à l'état d'hydro-sulfure , soit à l'intérieur, soit à l'extérieur; mais l'expérience n'a jamais démontré son efficacité dans l'affection scrophuleuse.

io°. Eau» — Parmi les sources minérales on a spécialement célébré, dans le traitement des scropliules, celles de Vichy, de Bourbon-l'Archambault, de Spa, de Forges , de Passy, deSedlitz, de Barèges, de Bagnères, etc. Ces eaux ne peuvent avoir aucune vertu spécifique, mais elles deviennent quelquefois très-utiles comme moyens accessoires. Nous indiquerons ailleurs l'usage que l'on doit en faire.

Il est généralement reconnu que l'eau distillée, prise comme boisson , fiiligue l'estomac et dérange les digestions, et cependant Héberden la conseille pour la guérison des écrouelles ; ce moyen est en même temps inefficace et nuisible.

Lée, Russel , Lorry, Pasta, prescrivent l'eau de mer à l'intérieur ; elle se trouve recommandée dans la Bibliothèque britannique , ç^n lotions, en bains. A. P. Buchan pense que l'on pourrait tirer beaucoup d'avantage de ces derniers , pris froids. Nous ne partageons point ces avis , et nous assurons , au contraire , que les eaux de mer, administrées à l'intérieur, et que les bains froids surtout, dont aucun lait ne démontre l'efficacité, auront toujours des effets nuisibles , employés chez les sujets scrophuleux.

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