DEUXIÈME PARTIE
vailler pour se procurer des moyens d'existence , on lui fera prendre une profession dont l'exercice puisse l'exposer continuellement aux influences favorables que nous venons d'indiquer.
Uinsolation doit être employée comme un moyen très-puissant; il faut, si je puis m'exprimer ainsi, ro//r les scropliuleux aux rayons les plus ardens du soleil ; mais il est bien important de ne pas le faire sans précaution : i°. on doit toujours alors couvrir la têle du malade par une coiffure légère, et garantir ses yeux au moyen d'un voile ou d'un auvent ; 2^. les vêteinens seront légers et très-minces ; d'abord , afin de ne pas solliciter une transpiration trop abondante 5 ensuite, pour favoriser Faction des rayons solaires sur les parties ; il sera même très-avantageus d'exposer à découvert celles qui sont plus spécialement affectées d'empâtement, ou d'engorgement lymphatique ; 3*". enfin , le scrophuleux ne devra pas se livrer entièrement au repos, pendant V insolation y mais favoriser les bons effets de cette pratique salutaire par un exercice modéré ; tel est celui que procure la promenade, la culture des fleurs, etc. Les anciens avaient bien senti toutes ces vérités : Non possuni satis laudare hanc medendi methodum quâ multi utuntiir dùmsub radiis solaribus perutilissimis liherrimè perambulant adolescentes ; etenirn non soliim calor quod humida. dissipet et solida firmet ^ sed
et ipse motus quo corpus concutitur plurïmum boni in hoc morbo affert. ( Pr^elect. in morb. chroinq. )
On avait attribué ces heureux effets de Finsolation au calorique seulement ; mais il est maintenant bien démontré que la lumière y contribue peut-être encore davantage; puisque l'on produit constamment l'étiolement des plantes, par exemple, en les privant de lumière et les favorisant d'une température élevée ; tandis qu'en leur laissant la lumière, el leur enlevant le calorique^ l'étiolement est toujours moins marqué.
Je dois, en terminant cet article, faire une observation pratique, sans laquelle on pourrait se décourager dans le traitement des scrophules : la sécheresse de l'air atmosphérique et l'action des rayons solaires sont des circonstances tellement indispensables à la guérison radicale de la constitution strumeuse, que les progrès de cette maladie, vers un état meilleur, s'arrêtent constamment pendant les froids humides de l'hiver^ si même ils ne suivent une marche rétrograde ^ pour reprendre ensuite leur première direction lorsque l'atmosphère devient plus élastique et plus chaude, par le retour du printemps et de l'été.