CAUSES EFFICIENTES DE LA CONSTITUTION STRUMEUSE
Nous les diviserons en trois classes, d'après leur manière d'agir , en prenant la même base de distinction que nous avons établie pour celles qui altèrent la nutrition , tant est parfaite l'identité entre les unes et les autres.
34 TRAITÉ SUR liES SCROPHULES.
I, Causes qui produisent les scropJiules , en dimi" nuant et pervertissant l'action assimilatrice des organes.
Elles se rapportent spécialement : i°. à Fair atmosphérique ; 2^. à Texercice et au repos y 3^. au sommeil et à la veille j /^°. aux travaux intellectuels; 5*^. aux passions de l'àme; 6**. enfin aux maladies antérieures et à leur traitement.
1°. Air atmosphérique. Une atmosphère cons-^ tamment froide et humide entretient dans toute l'économie un engourdissement, une torpeur ^ qui rendent l'action organique, l'élaboration nutritive, par conséquent , toujours languissante et imparfaite : les tissus en ressentent bientôt l'influence funeste ; ils deviennent mous, s'étiolent , s'abreuvent de liquides mal confectionnés , et l'individu se trouve dès lors le plus disposé possible à la maladie strumeuse qui ne tarde point à se manifester. Cette observation n'avait pas échappé à la sagacité d'Hippocrate , puisqu'il s'exprime ainsi dans son traité, de Aère locis et aquis. ce Ceux qui habitent le sommet y> des montagnes dans uu air sec et souvent j) renouvelé , sont robustes et doués d'une grande » force musculaire, et le plus souvent du teni- » pérament sanguin : tandis que ceux qui culti- » vent des lieux bas , humides et marécageux .
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y> sont petits , pâles , bouffis , peu agiles, et cVuiie » sensibilité obtuse. ))
C'est surtout au défliut de lumière et de calorique solaire, qu'il faut attribuer ces funestes effets, les influences de cet astre vivifiant ne pouvant être remplacées par des moyens artificiels. Il est, d'après cela , bien facile de concevoir pourquoi les scropliules sont si rares dans la majeure partie de l'Afrique et de l'Amérique méridionale ^ tandis qu'on les observe si fréquemment dans plusieurs divisions de l'Europe , telles que l'Angleterre , la Hollande et les Pays-Bas- et, sans sortir de notre territoire, pourquoi cette maladie ôe rencontre si peu souvent en Gascogne , en Provence; tandis qu'elle est, pour ainsi dire, endémique dans le Yalais , le Dauphiné , le Yi varais et la Basse-Bretagne.
Ces effets du froid et de l'hiimidité sont d'autant plus marqués, que l'individu s'est habitué davantage à des influences opposées* Aussi la plupart des Nègres , transportés de leur pays natal dans les contrées de l'Europe où Fatmosplière présente ordinairement cet état dangereux , y deviennent-ils facilement et promptement scro phuleux.
M. Humbold regarde encore le défaut d'électricité atmosphérique comme une cause de l'affection strumeuse. On ne sera peut-être pas très* éloigné d'admettre cette opinion, si l'on considère
que le fluide électrique est un des principaux excitans du système nerveux , comme le prouve l'état d'impatience et d'anxiété qu'éprouvent les femmes vaporeuses à l'approche d'un violent orage j et que, par conséquent, l'absence de cet excitant doit favoriser l'apathie générale. Il ne faut cependant pas donner trop d'empire à cette cause que nous considérons comme très-accessoire.
a"*. Exercice et repos. Le repos et l'inaction enchaînent , pour ainsi dire , toutes les fonctions , et spécialement la circulation et la nutrition. Il suffit, pour s'en convaincre, d'examiner tous les individus qui vivent dans la mollesse et l'oisiveté; ceux qui, par leur profession , sont habituellement sédentaires , et que Morgagni désigne par le terme général de Sellariiy tels que les cordonniers, tisserands, tailleurs, portiers, etc.; tous présentent un état d'étiolement, de faiblesse constitutionnelle , signe bien certain d'une langueur et d'une altération notables de la nutrition. Un exercice violent et habituel , disproportionné aux forces de l'individu , produit encore les mêmes résultats , surtout lorsqu'il coïncide avec une alimentation mauvaise , et incapable de réparer les pertes organiques.
3°. Sommeil et veille.. Le sommeil trop prolongé retient presque toutes les fonctions dans un état de suspension et d'inertie ; les effets de cette influence se font spécialement ressentir sur îa