PREMIÈRE PARTIE
nutrition , dont l'activité diminue d'une manière très-notable , les pertes organiques étant alors à peine sensibles. Aussi supportons-nous bien plus long -temps Fabstinence dans le sommeil que pendant la veille. L'abus du sommeil , en ëmoussant la sensibilité , en augmentant le relâcliement et la faiblesse dans tout Forganisme , détermine Fapathie morale et physique , et concourt puissamment au développement des scrophules. L'excès du sommeil est d'autant plus dangereux , que Fétat général qu'il produit ne fait qu'en augmenter le désir, et rendre la paresse insurmontable. Les veilles excessives , en épuisant les forces 5 ont encore un résultat semblable.
4°. Travaux intellectuels . Il existe entre les travaux de l'intelligence et les fonctions nutritive et digestive , une opposition telle que les premiers ne peuvent augmenter d'activité , sans que les secondes ne s'affaiblissent dans la même proportion , et vice versa. Ainsi, les grands mangeurs , qui vivent , comme on le dit , sous l'empire de l'estomac, présentent peu de vivacité dans les fonctions intellectuelles ; ceux, au contraire , qui ne trouvent de véritables attraits que dans les travaux d'imagination ou les méditations profondes , digèrent constamment d'une manière imparfaite ; chez eux la nutrition s'affaiblit, les organes s'usent et se flétrissent, d'autant plus que ces occupations nécessitent Fabsence du mouve*
ment, le silence et le recueillement du cabinet. Combien, par conséquent, cette cause ne doitelle pas avoir d'influence pour déterminer les scropliules , ou du moins prédisposer à cette maladie, surtout lorsque ces travaux sont entrepris par un sujet trop jeune, et dont le physique et le moral n'ont point encore atteint le développement et la maturité convenables !
5°. Passions de Fâme. Autant la joie, l'espé-* rance et l'amour épanouissent, pour ainsi dire, toute l'économie, et facilitent l'accomplissement de toutes les fonctions ; autant la crainte, la haine et la jalousie enchaînent et pervertissent le travail nutritif, détériorent les organes de l'économie, qui le plus souvent alors deviennent le siège ou de l'affection strunieuse, ou de ces funestes altérations généralement décrites sous le nom de maladies organiques . La fréquence actuelle de ces dernières parmi nous ne peut donc étonner que ceux qui méconnaissent la puissante influence du moral sur le physique, ou qui n'ont pas été témoins de ces agitations sombres et cruelles dont les cœurs français ont été déchirés pendant ces temps de tristesse et d'horreur qu'il nous est si doux de pouvoir oublier aujourd'hui.
Les anciens connaissaient très-bien la part que peuvent prendre les affections tristes de l'âme, dans la production de la maladie scrophuleuse, puisqu'ils les a voient matérialisées ^ en attribuant