DEUXIÈME PARTIE
ront être convenablement édulcorées avec les sircps de grande consoude , de chicorée , etc. Il ne faut cependant jamais se hâter de supprimer ces dévoiemens, tant qu'ils sont peu abondans , et qu'ils ne fatiguent pas sensiblement le malade. S'il existe, au contraire, constipation^ il faut édulcorer les mêmes boissons avec les sirops de rhubarbe, de pêcher, etc. Enfin, si les coliques sont plus fortes, l'irritation plus considérable, il faut donner, une ou deux fois par jour, des quarts ou des demi-quarts de lavemens, avec une décoction de gomme arabique et de têtes de pavot, en y ajoutant trois ou quatre gouttes de laudanum; il devient quelquefois même indispensable de passer à l'usage exclusif de la diète lactée, des gommeux, des mucilagineux à l'intérieur, tandis qu'on emploie les toniques et les excitans extérieurs.
'2*^, Dans le second degré, — Lorsque l'inflammation est devenue chronique, ce qui s'observe assez ordinairement ; lorsque les engorgemens , plus ou moins considérables, sont indolens à la pression, et qu'il n'existe ni fièvre, ni dévoiement par irritation , les parties phlogosées ont alors besoin d'une excitation suffisante pour soutenir leur activité, et les mettre dans la possibilité de se débarrasser convenablement des fluides surabondans appelés par l'état inflammatoire. C'est alors que l'on peut avantageusement
4l8 TRAITÉ SUR LES SCROPHULES.
employer dans cette intention : i°. les eaux ferrugineuses, soit artificielles 5 soit naturelles, telles que celles de Passy, de Spa , de Forges, de Vicliy, etc., données tantôt avec la décoction de riz, tantôt avec celle de houblon , de chicorée sauvage, etc., suivant les indications; 2^. les décoctions légères de rhubarbe, édulcorées avec le sirop de pêcher; 3**. les décoctions de saponaire, avec addition , par demi-litre, d\in ou deux gros d'acétate de potasse (terre foliée de tartre) ; 4*^. enfin , on a beaucoup vanté Fusage intérieur des eaux hydro-sulfureuses de Barèges, deCauterets, deBagnères, etc. ; celui du calomelas ou mercure doux (proto-chlorure de mercure), administré sous différentes formes ; on a de même préconisé les pilules de Belloste; celles que Ton peut faire avec le savon et l'extrait de ciguë ; les purgatifs toniques, tek que le vin de rhubarbe ; cette racine en substance, conseillée par Hoffmann; la scammonée, prescrite par Boerhaave et Van-Swiéten ; le jalap , le séné, Faloes, recommandés par d'autres praticiens. Mais la plupart de ces moyens peuvent devenir très-pernicieux, en déterminant sur les ganglions enflammés une excitation trop forte, et dont il devient impossible d'arrêter les funestes effets; aussi les médecins qui tiennent encore à les employer, doivent-ils apporter beaucoup de prudence dans leur administration , et les suspendre aussitôt qu'ils verront survenir