DEUXIÈME PARTIE
fluencent les poumons qu'après avoir agi sur Testomac et les intestins. Nous suivrons cette distinction pour mettre un peu d'ordre dans leur histoire.
Première période, — Lorsque l'inflammation s'annonce avec un peu d'intensité, qu'elle s'accompagne d'une irritation forte vers la poitrine, avec excitation générale, fièvre plus ou moins vive, doit-on recourir auxévacuations sanguines? Telle est la question importante et délicate qui s'offre d'abord. Dans toutes les phlegmasies pulmonaires, qui, chez un individu vigoureux, se développent avec un peu d'activité , la saignée, faite prudemment dans le temps et dans les proportions convenables , est assurément le moyen le plus puissant et le plus efficace ; mais en est-il de même pour l'inflammation scrophuleuse des vaisseaux blancs et des ganglions du poumon , chez un sujet dont tous les organes , tous les tissus sont déjà profondément affaiblis et altérés par la diathèse écrouelleuse? Je ne crains point de résoudre cette question par la négative , et d'ajouter que les évacuations sanguines doivent alors être réservées pour un bien petit nombre de cas. Par exemple, si le malade est adolescent ou adulte , s'il conserve encore un peu de force et de^; fermeté dans son organisation , s'il offre une grande irritabilité vers la poitrine , si la respiration est très-douloureuse, si le pouls est vif, dur
et plein , l'expectoration sanguinolente , et mieux encore , s'il survient clés liémoptysies , il faut alors se décider à tirer du sang, après avoir sagement balancé les avantages et les inconvéniens de ce moyen. Quelques praticiens ont conseillé , dans cette circonstance , les applications de sangsues à l'anus ou sur les parois pectorales; mais l'expérience a constamment démontré que ces applications , même faites assez nombreuses , n'ont presque aucune action pour calmer les accidens qu'il s'agit alors de combattre, tandis que les petites saignées du bras, toujours pratiquées avec beaucoup déménagement dans cette circonstance, et répétées suivant les indications, ont beaucoup plus d'efficacité; il serait bien facile d'en trouver l'explication physiologique si l'observation n'était plus concluante que les raison nemens ; mais je le redis encore, il fiiut être avare d'évacuations sanguines chez les scrophuleux, et ne les employer jamais que dans le cas où leur défaut pourrait devenir cause d'accidens funestes. Nous possédons un grand nombre d'autres moyens pour remplir les indications qui s'offrent dans cette première période.
Moyens appliqués à F extérieur du thorax. — On a conseillé l'usage d'un assez grand nombre d'excitans externes, dans l'intention de déplacer l'irritation intérieure, tels sont spécialement les gynapismeSj les cautères, les moxa, les sétons,
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les vésicaloires , etc. , appliques à la nuque, et sur les difTéreiilcs parties de la poitrine. Les frielions sèches avec une bi^osse, une flanelle imprégnée des vapeurs aromatiques et balzamiques ; les frictions humides avec une étoffe imbibée d'une décoction aromatique , d'une eau distillée, du liniment ammoniacal camphré, etc. Entre tous ces moyens on doit préférer les frictions secondées par les vélemens de flanelle, et ne pas se décider sans réflexion à l'emploi des autres excitans. Si cependant l'irritation pulmonaire augmentait d'intensité il faudrait appliquer plusieurs synapismes, successivement auxdifférens points du thorax, et particulièrement sur les parties latérales , jamais dans le voisinage de la région épigastrique. Les vésicatoircs pourraient encore être mis en usage de la même manière ; enfin, si l'inflammation intérieure n'était pas susceptible de céder à l'action passagère de ces slimulans externes, on devrait établir à l'un des bras un point d'irritation plus soutenue, par l'action d'un vésicatoire ou d'un cautère ; mais il faut toujours apporter beaucoup de prudence dans l'application de ces moyens , et se tenir soigneusement en garde contre deux accidens principaux auxquels ils peuvent donner naissance : i^. l'extension de leurs efl'ets à toute l'économie, et consécutivement la fièvre et l'augmentation de la phlegmasie pulmonaire; 2°. la suppu-
ration abondante qu'ils déterminent assez fréquemment, et par suite l'épuisement total du malade.
Moyens dont Vaction s^effectue directement sur la muqueuse bronchique. — On conçoit qu'ils sont relatifs à l'air atmosphérique et aux différens corps dont il peut devenir le véhicule. En -effet j ceux-ci portés dans les bronches pendant l'inspiration , ont constamment , sur les poumons, une influence directe, très-énergique et beaucoup trop négligée dans le traitement de la phthisie scrophuleuse. D'après l'indication présentée par le premier degré de cette maladie , tous ces moyens doivent agir de manière à diminuer l'irritation pulmonaire. Ainsi : i®. on éloignera soigneusement toutes les causes déterminantes de l'affection qui nous occupe- si le malade exerce une profession dangereuse pour sa situation, telles que celles de perruquier, de meunier, de boulanger, de teinturier, de tanneur, de plâtrier, etc. etc., il y renoncera dès l'instant même; s'il néglige cette précaution, sa perte est presque assurée; 2'. l'air atmosphérique devra présenter les qualités suivantes : — offrir dans sa composition les proportions convenables d'oxigène, d'azote et d'acide carbonique; — être pur, facilement renouvelé, d'une température moyenne ; jamais brumeux ni trop humide , ni chargé de vapeurs ou de