‹ Traité complet sur la maladie scrophuleuseChapitre 197 sur 236 · DEUXIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE

gaz irritans* jamais corrompu par la respiration cViin grand nombre d'homjties ou d'animaux réunis dans le même lieu ; par le produit des matières animales et végétales en putréfaction , etc.

Ici nous devons combattre un préjugé bien pernicieux, et cependant généralement répandu dans le monde. On regarde l'habitation des étables comme très-salutaire aux phthisiques, tandis qu'il est peu de moyens plus funestes dans cette maladie. Déjà plusieurs praticiens célèbres, entre lesquels je dois spécialement citer Quarin, ont élevé la voix contre cette pratique nuisible ; mais elle n'est point encore abandonnée, tant sont grands l'entêtement et l'aveuglement de l'imiorance ! Il est cependant impossible de démontrer les avantages de cette habitation , et d'en justifier les inconvéniens. En effet , comment pourraitelle devenir utile? est-ce par la chaleur humide qu'on y rencontre ; parla grande quantité d'acide carbonique dont l'air s'y trouve surchargé, etc.? Mais ne serait-il pas très- facile de faire éprouver toutes ces modifications à l'atmosphère d'un appartement, si l'on pouvait en espérer quelques bons effets? Que répondront d'ailleurs les partisans de ce dangereux système, lorsque nous leur objecterons que les étables offrent, en même temps, tous les inconvéniens qu'il est important d'éviter dans le traitement de la phthisie scro-

phuleiise? En effet, elles sont toutes situées au rez-de-cliaussée; leur fermeture est ordinairement peu exacte; circonstances qui les rendent naturellement humides, et qui les exposent à toutes les variations de la température. — Uair s'y trouve constamment altéré par la respiration et la transpiration des animaux qu'elles renferment; par les émanations putrides résultant de la décomposition des matières fécales, des urines de ces animaux, et des substances végétales sur lesquelles on les reçoit pour la confection des fumiers. Ajoutez à ces vices de l'atmosphère, la présence d'une multitude de corpuscules très-ténus , qui , fournis par le sol , par les fourrages, etc. etc., portent sur les poumons une action qui n'est jamais sans danger. J'abandonne cette petite digression indispensable, et je reviens aux qualités essentielles à l'air dans les circonstances que nous examinons.

On doit purifier quelquefois l'appartement du malade, au moyen de fumigations faites avec le chlore (acide muriatique oxigéné) ; mais il faut, pendant ce temps, éloigner le phthisique, et ne le faire rentrer qu'après avoir renouvelé l'atmosphère et dissipé les vapeurs muriatiques, qui pourraient avoir le fâcheux effet d'augmenter la phlogose locale. Si cette dernière est un peu vive, on rendra l'air doux et tempérant, en plaçant au milieu de la chambre plusieurs vases

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contenant une décoction de plantes mucilagineuses en ébullition ; enfin, si l'irritation est très-intense, la toux sèche, la douleur aiguë, etc., on fera respirer le malade sur la vapeur de ces décoctions , ou de celles que Ton obtient avec la morelle, la ciguë, en y ajoutant quelques gouttes d'éther, comme Font souvent fait , avec succès j plusieurs praticiens distingués.

3îojens qui n'influencent les -poumons qu'a" près apoir agi sur Vestoniac ou sur les intes" tins. — Moins actifs que les précédens, ils peuvent cependant offrir beaucoup d'efficacité pour calmer les accidens de la phlegmasie dans cette première période. C'est dans cette intention que l'on a proposé la diète lactée, les bouillons de cliair de poulet, de veau, de grenouilles, de tortue j les décoctions de raisins secs, de figues grasses, de chènevis , de graine de lin, de guimauve, de pommes de rainette, de réglisse, d'orge perlée, de riz, de gruau, de sagou, etc.; c'est alors que Borelli conseille l'usage des melons; Schulze celui des concombres; ce praticien rapporte qu'il a vu plusieurs malades arrivés au anarasme , guérir par le suc de ces fruits , donné, matin et soir, à la dose de deux onces. Mozel prescrit, pour tout aliment, ces mêmes fruits et une petite quantité de biscuit. C'est encore pour atteindre le même but que l'on donne les juleps caïmans, les loochs,les émulsions, etc. etc. La

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plupart de ces moyens peuvent avoir de grands avantages dans le premier degré de la phlliisie scropliuleuse avec irritation intense vers les poumons; mais il ne faut cependant pas les employer d'une manière abusive et sans indication suffisante.

Deuxième -période, — Si rinllammalion est passée au type chronique; si l'engorgement slrumeux s'est emparé des ganglions et des vaisseaux lymphatiques, il faut alors remonter prudemment l'énergie de ces derniers , pour leur donner la facilité de se débarrasser des liquides surabondans qui les fatiguent. Mais on doit bien s'assurer, avant d'agir ainsi, qu'il n'existe aucune contr'indication , aucune douleur, aucune irri-, tation vive dans les poumons, aucune disposition à la lièvre, à l'excitation générale, etc. Un grand nombre de moyens ont été proposés pour remplir le but que nous venons d'indiquer.

Moyens directs. — Ici se placent les diverses vapeurs, les difîerens gaz que Ton a conseillé de faire respirer au malade* tels que, i**. le gaz acide sulfureux préconisé par Quarin , employé avec succès par Lalouette, mais , le plus souvent, très-nuisible , même lorsqu'on en fait usage avec précaution; 2^. Voxigène pur y très-dangereux, d'après les expériences faites par Dumas sur plusieurs animaux; ajoutons les gaz azote, hydrogène, acide carbonique, etc^ également employés

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