PREMIÈRE PARTIE
Tilles , 011 les hommes , pour aitisi dire entassés , lui eulèvent continuellement, par la respiration, une grande quantité d'oxigène , et lui donnent en échange une proportion considérable diacide carbonique 5 où des rues étroites et mal percées s'opposent à sa lihre circulation , et par là même à son renouvellement ; où des ruisseaux fangeux toujours encombrés de matières végétales et animales en putréfaction , infectent l'atmosphère par des émanations funestes. JN'est-il pas évident qu'un air de cette nature porté dans les poumons, indépendamment des maladies nombreuses qu'il peut déterminer, ne produira qu'une rénovation insuffisante du sang veineux, qui retournant aux organes dans cet état d'imperfection toujours croissante, ne peut que les stimuler faiblement , et leur accorder de mauvais élémens nutritifs ? Est-il donc étonnant de voir les scrophules se multiplier avec une effrayante rapidité sous des influences aussi destructives ?
2°. Alimens de mauvaise qualité» On doit comprendre sous cette dénomination : 1^. ceux qui donnent un chyle copieux , mais trop pea excitant • 2^. ceux qui en fournissent un de mauvaise nature et insuffisant à la réparation des pertes organiques.
i"*. Nous plaçons dans la première classe le lait, les farineux, tels que le riz, le gruau, le 3agou , les haricots, les pommes de terre, les
châtaignes, les bouillies , les légumes et les fruits doux mucilagineux , les viandes d'animaux trop jeunes, les substances grasses, huileuses, telles que le beurre , les huiles , etc. ; toutes ces substances fournissent un chyle abondant , mais peu stimulant , trop éloigné de la nature de nos organes , et par conséquent d'une animalisation trop difficile. Leur usage exchjsif, continué pendant long-temps, ne peut donner naissance qu'à des tissus mous , étiolés et scrophuleux.
Sans admettre les explications défectueuses de Boerrhaave, nous trouvons dans ses ouvrages des observations qui prouvent la vérité des idées que nous venons d'avancer : Humoris deprapatio oritur ah assumptis qiiœ à virtute mutante in nobis non possunt assimilari , qualia cibifarinaceïy leguniinosi , viscosi y etc. ( Boerrhaave , u^phor. ) Et dans un autre endroit : Viscidi in sanguinem delati ^ affectas sunt strumœ glandularum^parotidum primuniettyroideœ ^ et maxillaris y deindè subniaxïllariuin et inguinalium y sed maxime mesentericarum ad quas cliylus ap" pellit. ( BoERRH. , Prœlection. )
2°. Nous comprenons dans la seconde , le lait d'une femme enceinte, vieille, cacochyme, ou bien affectée de scrophules , d'une maladie organique, etc. , ou présentant une constitution trop faible. Le lait des animaux , aigri , de mauvaise qualité : les fromases acidulés , dont \x\i grand
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nombre de campagnards font leur nourriture principale ; les fruits verts acerbes et de mauvaise qualité, tels que les pommes, les prunes, les raisins , les concombres , les melons , etc. ; observation qui n'avait point échappé à la sagacité de Haller : Hœc acerba indoles est, in fructibus Jiorœis immaturis y uçisque imprimis noxia omnino y ut ipsi porci grandi non^ et scrophulosi fiant ^ qiiando immaturis fructibus se saturaverunt ( Prsslect. academi. ) ; les légumes peu substantiels , dont la maturité est imparfaite, surtout mangés en salades , à l'état de crudité ; tels sont particulièrement les épinards, les salsifis, l'oseille, la laitue , les salades blanchies , etc. , le pain bis excessivement ou trop peu fermenté, mal travaillé , mal cuit, exclusivement fait avec la farine d'orge , de seigle ou de maïs ; les cidres et les vins acidifiés , la petite bière , les eaux putréfiées, celles qui résultent de la neige et de la glace fondue ; non point, comme le pense Hippocrate , parce qu' elles ont perdu leur principe le plus doux , mais parce qu'elles contiennent très-peu d'air et de sels. L'influence des eaux de mauvaise qualité dans la production des scrophnles n^a point échappé aux bons observateurs; elle est encore bien prouvée par une observation que M. le baron Desgenettes a eu la bonté de me communiquer. Ce savant professeur ayant fait, en 1806, à Reims, Tinspection de
riiôpital de Saint-Mai-cou , spécialement consacré au traitement des écrouelles, apprit , par les registres de cet établissement, que le nombre des scrophuleux avait notablement augmenté dans la ville et dans l'iiôpital , depuis que les eaux de la Vesle n'y arrivaient plus dans la même quantité, faute des moyens pécuniaires pour entretenir la machine hydraulique et les tuyaux de conduite, et qu'on était réduit à l'usage des eaux stagnantes et de moins bonne qualité.
Toutes ces substances ne peuvent offrir qu'une très -petite quantité de chyle sous un volume donné ; les individus qui en font exclusivement usage sont obligés de suppléer à la qualité par la quantité. Les organes digestifs , fatigués par une aussi grande proportion d'alimens réfractaires à leur action^ tombent dans l'épuisement , les digestions languissent, et ne produisent en résultat qu'un chyle tenu, aqueux et mal élaboré. Faut-il donc s'étonner de voir survenir la constitution ;strumeuse sous l'influence d'une alimentation aussi peu féconde?
Gaubius avait parfaitement senti les funestes effets d'un semblable régime sur le système digestif, et par suite, sur toute l'économie, lorsqu'il s'exprimait ainsi : Tdnîa alimentorimi copia ut oneri sit ac rite digeri nequeat ^ fructis canalis alimentarii virihus , impedito menstruorum digestiporum affluxu et actione y hinc perturbata