‹ Traité complet sur la maladie scrophuleuseChapitre 24 sur 236 · CONSIDÉRATIONS ANALOGIQUES · texte numérisé non relu

CONSIDÉRATIONS ANALOGIQUES

On peut inférer des principes antérieurement établis, que tous les êtres doués de la vie , soumis aux influences fâcheuses que nous avons énumérées, peuvent contracter les scrophules, puisque tous présentent la nutrition , et que cette fonction est susceptible chez eux des mêmes altérations qu'elle nous offre dans l'homme. L'observation journalière vient à l'appui de cette conséquence. Accordons quelques in stan s à l'examen de cette analogie d'affection que nous offrent les êtres organisés soumis à l'action des causes précédentes ; nous y trouverons encore des preuves irréfragables delà vérité de cette théorie.

Sans adopter dans toute leur étendue les idées

TREMIÈRE PARTIE. 4?

crEmpéclocle , d'Anaxagore, de Démocrite , de Zenon , de Py thagore et de Piaion , qui mettaient les plantes au rang des animaux, nous ne craignons point d'avancer que Tassimilation nutritive est absolument la même dans sa nature, pour tous les êtres compris entre le végétal le plus simple et l'homme, ^ui tient le premier rang parmi les animaux. Il iie faut donc point s'étonner de voiries mêmes influences agissant sur cette fonction commune, déterminer une altération semblable dans tous les individus qui la présentent.

Voyez en effet ce qui arrive aux plantes vertes, à la chicorée, que nous renfermons dans nos caves pour en faire un aliment plus agréable. Loin du calorique et de la lumière, dans un air constamment humide et presque jamais renouvelé, elles perdent bientôt leur amertume et leur couleur naturelle ; leur tissu se ramollit, elles blanchissent et s'étiolent.

Examinez ces arbrisseaux même d'une bonne espèce, arrachés au sol qui les vit naître, transplantés dans les jardins étroits de nos cités, entre plusieurs murailles élevées, et qui s'opposent au renouvellement facile de l'atmosphère , où l'air constamment humide et corrompu n'est jamais vivifié par la lumière et la chaleur d'un soleil bienfaisant ; vous les verrez offrir tous les symptômes du rachitis et des scrophules; ainsi, leur végétation est languissante, les mou-

48 TRAITÉ SUR LES SCROPHUIiES.

Yemens de la sève s'y font à peine sentir, leur accroissement est lent et très-borné ; leur tige, courbée en divers sens, se déforme et se couvre de nodosités ; leur écorce devient sèche , inégale, et s'enveloppe d'une mousse destructive; leurs fleurs sont pâles, décolorées ; leurs fruits acerbes, d'une saveur aigre ou fade, n'offrent qu'une pulpe dure, coriace, et n'arrivent jamais à une maturité parfaite.

Tout ce que nous venons d'avancer relativement aux végétaux, est encore directement applicable aux animaux différens de l'homme.

Ainsi Buclian nous dit dans un ouvrage estimé : (c les personnes nées aux Indes ou en Afri- » que, qui habitent l'Angleterre, sont très-cxpo- » sées aux affections scrophuleuses: et même les y> animaux des régions plus chaudes que l'on :» apporte dans ce pays éprouvent fréquemment y) des affections semblables. 11 n'est pas rare de » voir des tumeurs scrophuleuses situées sous le » bec des perroquets. J'ai eu occasion d'ouvrir » le cadavre de différens singes morts très-probay) blement de cette maladie , et tous offraient des y) engorgemens manifestes dans les glandes des » poumons et des intestins ». (A. P. Buchan, Obs. sur les Bains de mer^ P» 99» )

Les volatiles de nos basses-cours et les porcs engraissés pour notre usage, renfermés en des lieux étroits, sombres et humides, nourris de

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