PREMIÈRE PARTIE
mauvais fruits, de lait aigre, de farineux presque exclusivement, se décolorent, s'étiolent, et deviennent véritablement scropliuleux , s'ils demeurent assez long-temps sous les mêmes influences.
C'est assurément pour cette raison que le sanglier vivant en liberté , se nourrissant alternativement de substances végétales et animales , prenant beaucoup d'exercice, et sous l'influence des rayons solaires, n'est jamais affectée de ladrerie^ tandis que le porc domestique, environné des circonstances nuisibles que nous venons d'énumérer, est fréquemment atteint de cette maladie, véritable afi^ection strumeuse • et cependant, la plus parfaite analogie rapproche l'un de l'autre ces deux animaux ; Bufîbn prétend même que les nuances qui les distinguent ne tiennent qu'au genre de vie, et que le porc peut devenir sanglier, en passant de l'état domestique à l'état sauvage. C'est même ce qui arriva pour ceux que les Espagnols lâchèrent sur les îles d'Amérique ; comme le rapporte le père Dutertre, dans son Histoire des Antilles,
D'après toutes ces preuves tirées, i°. de la manière d'agir des causes qui le plus souvent produisent les scrophules, 2°. des résultats constans qu'elles déterminent dans les tissus de tous les êtres vivans exposés pendant un temps suffisant à leurs funestes influences, il me semble
5o TRAITÉ SUR LES SCROPHULES.
bien facile cVétablir le véritable caractère de cette maladie, puisque la nature interrogée sur ce point répond elle-même à la question.
VÉRl'TÀBLE-îfATtmE DE LA CONSTITUTION
Tout€3 l^s^câiSles^e^ixous avons indiquées , en agissant, coTTnne-naTîs l'avons démontré, d'une manière plus ou moins directe sur la nutrition , rendent imparfaites l'élaboration et l'animalisation de tous les tissus , dont la substance est pour ainsi direcrw^^ étiolée, comme celle d'un végétal, d'un fruit privé pendant son développement d'air, de calorique et de lumière; on conçoit sans difficulté que cette imperfection substantielle ne doit pas affecter au même degré tous les tissus de l'économie, et qu'elle se manifestera spécialement dans ceux qui tiennent le dernier rang par leur activité vitale ; c'est en effet ce que présente l'observation , tant se trouve conforme à cette dernière la théorie que nous proposons.
Ainsi, c'est particulièrement dans les tissus blancs , tels que les ganglions , les vaisseaux lymphatiques, les ligamens, les tendons, les os, les cartilages, etc. , que se manifestent les symptômes de la diathèse scrophuleuse ; et ce sont précisément ces mêmes tissus qui présentent le moins d'énergie vitale , comme il serait facile de le prou*