‹ Traité complet sur la maladie scrophuleuseChapitre 26 sur 236 · PREMIÈRE PARTIE. 5l · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE. 5l

ver, si cette vérité n'élait reconnue par tous les bons observateurs.

On peut donc naturellement définir la constitution strumeuse simple, et sans maladie locale., un état d'imperfection dans V élaboration et Vani^ malisation des tissusx organiques , une sorte de crudité^ d' étiolement dans leur substance , et spécialement dans les tissus blancs ^ ou se manifestent ordinairement les premiers et les princi^ p aux symptômes .

Je dis spécialement, car s'il n'est pas permis d'avancer que les tissus lymphatiques soient les seuls exposés à la maladie scrophuleuse , on peut au moins soutenir qu'elle offre pour eux ujae prédilection toute particulière. Cette vérité de-viendra plus palpable encore après l'examen des causes prédisposantes à cette, maladie, puisque nous les verrons toutes, en dernier résultat , devoir ce caractère à la prédominence dçs iissu^ blancs sur les autres systèmes de réconomi^. Jl n^ ;faut pas confondre la diatbèse scropiiuJÇ)îisei9iVe€ cet affaiblissement général , cette pâleua: univ^r- ^IJe, et catte maigreur ;quelquefoi^ effrayante, ^ui sont le résultat de^ maladies longiies, et f ur tout de celles qiii , soiis le -^om d^Q^Jésion^ çrganiqsLes y affectent le§ principaux viscères. Dans le premier cas, en effet, la nutrition ^s>t pl^t^t imparfaite ^t vicieuse qu'affaiblie ; dans le second , au contraire, un défeut plus ou moins

notable d'activité fait le principal dérangement de cette fonction.

Il ne faut pas non plus confondre l'état scrophuleux des tissus avec leur atonie y leur relâchement ^ comme font fait beaucoup d'auteurs. Je ne puis mieux faire sentir la différence que je trouve entre ces deux états qu'en ayant recours à une comparaison.

Le tissu frappé d'a/077f^ seulement, me paraît, relativement au tissu scrophuleux , ce qu'est un fruit mûri sous l'influence de l'humidité , ou dans nos serres par la chaleur artificielle d'un poëlë, relativement à un autre fruit, qui complètement privé de lumière et de calorique artificiels ou solaires, environné d'une atmosphère froide, humide, et dont la rénovation est impossible, s'est développé sans pouvoir atteindre sa maturité. Le premier est fade, offre une pulpe molle et abreuvée de sucs insipides, tout annonce uii défaut d'activité nutritive seulement. Le second , au contraire , est aigre , sa pulpe est crue ^ ses sucs acres et acerbes : tout indique dans ce dernier, non-seulement diminution, mais encore perversion dans l'assimilation nutritive. Dans le premier, il n'y a qu'a/o/2ïV?^ pour me servir de l'expression des auteurs ; dans le second , il y a de plus altération substantielle.

C'est ainsi qu'il faut considérer le tissu véritablement scrophuleux j relativement à celui qui

Page 1