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solidifient en conservant cette épaisseur et celte largeur démesurée.
Cette augmentation dans le volume naturel de la tête est quelquefois très-considérable. Monro rapporte l'observatian d'un enfant de huit ans , dont le crâne offrait quatre pieds quatre pouces de circonférence. Ruisch possédait, dans ses collections anatomiques, un pariétal assez large pour couvrir entièrement le cerveau d'un adulte ordinaire. Pendant le cours de mes dissections à riiôpilal du Mans, j'ai vu le crâne d'une fille morte à vingt-quatre ans, épileptique, idiote et hydrocéphale ; il avait acquis un développement beaucoup plus considérable du côté droit ; sa circonférence excédait d'un tiers à peu près la mesure commune, et les os qui le constituaient avaient au moins une épaisseur double de celle qu'ils offrent chez le plus grand nombre des sujets du même âge. J'ai vu à i'Hô tel-Dieu de Paris deux autres cas analogues.
3**. Lorsque la maladie qui nous occupe affecte surtout les os du bassin. Celui-ci, pressé latéralement par l'action des fémurs ;, mais surtout par la contraction des muscles puissans qui l'environnent, se déforme et diminue notablement d'étendue ; ce qui devient dans la suite un obstacle insurmontable à l'accouchement par la voienaturelle.il est important de remarquer, avec plusieurs auiteurs, que ces déformations du bassiri
ne se manifestent ordinairement que chez ceux qui naissent rachitiques , ou qui le deviennent dans leurs premières années ; tandis qu'elle est beaucoup plus rare chez ceux qui n'ont éprouvé les premiers symptômes de cette maladie, qu'après leur entier développement et l'ossification parfaite. Aussi voit-on des femmes , dont la taille s'est, comme on le dit , déformée vers la vingtcinquième année, ou dans un âge plus avancé, accoucher heureusement malgré cette configuration vicieuse , qui , dans le cas supposé, ne porte point sur les os de la cavité pelvienne.
4**. Enfin lorsque le rachitis exerce une influence particulière sur la colonne vertébrale. Celle-ci peut se courber en différentes directions , soit en avant , en arrière, ou sur les côtés. Mais toujours alors une incurvation dans un sens détermine une autre incurvation dans le sens opposé. Le plus ordinairement la région cervicale offre une convexité qui devient de plus en plus saillante en devant ; la tête se porte en arrière, et paraît enfoncée entre les épaules 5 tandis que la région dorsale présente en arrière une saillie plus ou moins considérable , connue sous le nom de gibbosité. Les extrémités antérieures des côtes sont noueuses et contournées ; le sternum se porte en avant; la poitrine se déforme et se rétrécit, surtout transversalement 3 surviennent fréquemment alors différens symptômes dépendans
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de cette configuration vicieuse , tels que des convulsions , des vornisseniens , la phthisie , l'asthme, etc., ou déterminés par les compressions qu'éprouve la moelle épinière, tels que l'incontinence des urines, des matières fécales, la foiblesse , ou même la paralysie des membres inférieurs. Lorsque cette maladie se manifeste chez un enfant très-jeune , elle s'accompagne fréquemment de i'hydropisie rachidienne, dont nous parlerons plus tard. Lorsqu'elle affecte un. sujet adolescent ou adulte, on voit bien souvent alors survenir la carie des vertèbres , altération décrite sous le nom de maladie de Pott^ et dont nous ferons également l'histoire.
Autopsie. — Si l'on examine le cadavre des scrophuîeux rachitiques, voici ce que l'on rencontre le plus ordinairement.
Les poumons ont quelquefois éprouvé des compressions étonnantes sans offrir aucune altération organique. Les auteurs en rapportent beaucoup d'exemples ; j'en ai moi-même observé plusieurs; mais aucun ne me parait plus remarquable, que celui d'une femme âgée de vingt-huit ans, épilepiique et rachitique , dont je fis Fautopsie cadavérique à l'hôpital de la Salpétrière, dans l'année i8i4. La colonne vertébrale courbée à gauche vers le milieu de la région dorsale, de manière à former un angle presque droit , s'était consolidée dans cette vicieuse direction. Les côtes
appliquées les unes sur les autres , et contournées très-irrégulièrement, avaient notablement diminué la capacité de la poitrine, de ce même côté. Le poumon gauche était comprimé de toutes parts ^ offrait à peine le tiers de son volume naturel , et cependant ne présentait aucune altération dans sa structure; tandis que le droit, beaucoup mieux développé , n'ayant pas éprouvé de compression aussi marquée, était pour ainsi dire farci de tubercules, dont plusieurs avaient déjà suppuré vers le sommet de cet organe.
Il n'est point permis , sans doute, de tirer aucune conséquence d'un fait isolé ; mais si par la suite on en réunit un assez grand nombre d'analogues, il sera dès lors bien démontré que la phthisie , qui survient chez les sujets dont la poitrine offre cette configuration vicieuse par le fait du rachitis , dépend beaucoup plus de la constitution scrophuleuse que de la pression exercée sur les poumons. Pour moi, je suis entièrement persuadé de cette vérité , et je pense que si cette pression peut avoir de l'influence dans la production de la phthisie que nous venons d'indiquer, c'est toujours en agissant seulement comme cause déterminante.
Dans le plus grand nombre des individus morts évidemment rachi tiques , on trouve constamment des engorgemens dans les gangUons, et des tubercules, soit dans Fabdomen , sur le mé-
sentère spécialement ; soit dans la poitrine, clans les médiastins, et plus particulièrement encore dans les poumons.
Les os sont ordinairement spongieux , rougeâlres, quelquefois très- fragiles 5 au lieu d'une moelle bien confectionnée, ils contiennent le plus souvent une sérosité roussâtre.
Telle est la nature, tels sont les caractères généraux et les particularités de la constitution strumeuse : examinons maintenant les irritations et inflammations locales qui peuvent la compliquer.