‹ Traité complet sur la maladie scrophuleuseChapitre 51 sur 236 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

DES MALADIES SCROPHULEUSES LOCALES CONSIDEREES COLLECTIVEMENT.

ous regardons comme telles toutes les affections décrites par les auteurs sous les dénominations , 1°. d'engorgemens scrophuleux du col; 2^*. de carreau ; ^**. de phthisie tuberculeuse ^ 4°. de tumeur blanche ; b^. de luxation spontanée ; 6". de pedarthrocace ; 7^. de vertébralitis ou maladie de Pott ; 8^. de goitre ; 9". d^ abcès froids; ^10°. d'hjdropisies scrophuleuses ^ 11*^. d'hjdarthroses y 11^. de catarrhes , i3®. et d^ ulcères du même nom.

Toutes ces maladies, que le plus grand nombre

lOO TRAITÉ SUR LES SCROPHULES.

des auteurs ont regardées comme essentiellement différentes, et dont ils ont traité séparément, doivent nécessairement être rapprochées les unes des autres, je ne dirai pas seulement comme faisant partie de la même famille , mais i^. commue identiques -par le fond ^ i^ . et n^ offrant de disparité que par la forme. Prouvons d'abord la première partie de cette proposition , nous examinerons ensuite la seconde.

I. Les maladies scropliuleuses locales sont identiques par le fond» Ce n'est point par des raisonnemens subtils que nous chercherons à mettre cette vérité dans tout son jour, mais par la simple exposition des caractères qui, d'après l'observation journalière, et l'opinion des meilleurs praticiens, sont communs à ces affections.

i*'. Toutes les maladies que nous venons d'énumérer sont établies, et pour ainsi dire entées y sur la constitution strumeuse ; elles n'existent jamais sans cette constitution , qui peut offrir, comme nous l'avons fait observer, des degrés très-variés chez les différens individus.

2*^. Toutes sont déterminées par une cause excitante, soit directement liée à la diathèse scrophuleuse dont elle est la conséquence, soit indépendante de cette dernière, comme nous l'expliquerons plus tard ; mais agissant toujours dans le lieu même où se développe la maladie.

3^. Toutes ces affections ne sont autre chose

PBEMIÈRE PAîlTIli:. lOI

qu'une irritation ou une inflammation des vaisseaux blancs chez un sujet écrouelleux, et prenant un caractère particulier sous Finfluence de la constitution générale de tous les organes.

4''. Dans toutes celles qui offrent une véritable plilogose, Finflammation est peu active, ordinairement peu douloureuse à son principe, et marche avec beaucoup de lenteur. C'est d'après ce caractère que les auteurs la nomment, les uns , latente obscure , et que les autres la désignent par le terme de sub-injlammation. On Fa comparée, avec assez de justesse, au feu caché qui mine insensiblement et sans bruit.

5^. Dans toutes , cette inflammation présente ordinairement l'une ou l'autre de ces trois terminaisons : 1®. Résolution ^ elle s'opère toujours avec difficulté , d'une manière lente , insensible, et presque jamais complète; 2°. Suppuration ^ le pus est toujours de mauvaise nature, mal élaboré , ténu , séreux , caséeux , semblable à du petit lait non clarifié, acescent, facilement altérable par le contact de l'air; 3^. Epaississèment da.ns les parois des vaisseaux blancs enflammés ^ d'où naît l'obstruction et l'engorgement de ces dernières, leur induration plus ou moins considérable ; 4''. Enfin ^ désorganisation du tissu affecté. Cette altération , à laquelle on donne le nom de dégénération blanche ou scrophuleuse ^ peut offrir, comme

nous le verrons plus tard , des variétés d'aspect relatives à la disposition des vaisseaux "blancs affectés , et se présenter soit en masses laidacées irrégulières j comme on l'observe dans la tumeur blanche ^ la maladie de Potty etc. ; soit sous la forme de petits corps arrondis, enkystés ou non, d'un volume très-variable, et décrits sous le nom de tubercules ^ comme on l'observe dans le carreau ^ la phthisie scro^ phuleuse , etc. etc. ; mais quelle que soit la forme de celte même dégénération , elle est constamment semlAMe par le fond ^ c'est ioujours la conpei^sion des vaisseaux lymphatiques en une masse blanche ^ homogène y albumineuse ^ quelquefois lardacée ; analogue , au premier aspect , à la dégénération carcinomateuse , dont elle diffère essentiellement , et présentant parfois dans son intérieur des noyaux de phosphate calcairei

6^. Toutes les maladie^ scrophuleuses locales peuvent passer successivement par ces différens états, pour arriver à leur dernier terme; c'est ce qui constitue les quatre périodes principales que nous retrouverons dans chacune de ces affections , en les considérant d'une manière spéciale, i^. Irritation des vaisseaux blancs ; inflammation dans le lieu même où la cause excitante a porte son action; ^ . Epaississement des parois lymphatiques, et souvent alors rétrécissement ou même obîitéralion totale du

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