PREMIÈRE PARTIE
leux, et qu'elle se manifeste ordinairement sans autre cause déterminante que celle qui naît directement, comme nous Tavons expliqué, de la constitution strumeuse.
Quel que soit le siège des ganglions et des vaisseaux lymphatiques affectés, les altérations qu'ils peuvent éprouver sont toujours absolument les mêmes, et présentent constamment les quatre périodes indiquées lorsqu'elles arrivent à leur dernier terme : i**. inflammation y i^. épaississeme?ity 3°. dégénération y 4^« enfin ramollissement et suppuration.
En s'épaississant et dégénérant ainsi , les vaisseaux lymphatiques à l'état de liberté , rassemblés en faisceaux plus ou moins volumineux dans les organes à parencPiyme, ou bien réunis et repliés pour former des ganglions, donnent ordinairement naissance à de petits corps arrondis , blancs, plus ou moins nombreux, et décrits parles auteurs d'anatomie pathologique, sous le nom de tubercules. Cette forme que prennent ordinairement les dégénërations blanches , surtout dans ce premier groupe de maladies scrophuleuses locales , étant devenu la source d'opinions très-diffé* rentes parmi les auteurs , nous devons accorder quelques instans à son étude.
HISTOIRE DES TUBERCUIiES,
La nature et l'origine des tubercules sont de-
venues, pour la plupart des auteurs, le sujet de discussions interminables, et cependant ces deux j points de doctrine nie paraissent assez faciles à éclairer, en prenant l'observation pour guide.
1°. Relativement à V origine. Parmi les auteurs, les uns ont prétendu que les tubercules étaient innés dans les poumons surtout, qu'ils existaient, par conséquent, antérieui-ement à la phthisie tuberculeuse, dont ils étaient moins l'effet que la cause prédisposante. I^es autres ont avancé que ces petits corps étaient formés de toutes pièces, par le fait même de la maladie scrophuleuse. Il me semble impossible de soutenir ni l'une ni l'autre de ces tBéories. Pour le prouver, examinons chacune en particulier.
hes tubercules sont-ils innés? Je réponds à cette question par la négative ; parce que ni le raisonnement ni les faits ne prouvent l'existence innée des tubercules , tandis que tout s'accorde pour démontrer jusqu'à l'évidence l'erreur de ceux qui l'admettent.
En effet , si les tubercules étaient innés , ils se rencontreraient, ou bien chez tous les individus, ou bien seulement chez quelques-uns naissant avec ce funeste privilège.
On ne les trouve pas chez tous les sujets, ; comme l'ont déjà fait observer les auteurs d'anatomie pathologique, et comme je m'en suis
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assuré en examinant, même à la loupe y un assez grand nombre de poumons chez des individus morts d'une maladie étrangère à cet organe. Ils ne sont donc pas innés chez tous les hommes.
Le sont-ils chez quelques-uns? Je ne le crois pas davantage. En effet, quels seraient les sujets chez lesquels on devrait les rencontrer? Sans doute ceux qui , par leur mauvaise constitution 5 Fétroitesse de leur poitrine , la faiblesse de la respiration , etc., semblent prédisposés à îa phthisie pulmonaire; et cependant, j'ai vu ouvrir, j'ai ouvert moi-même un assez grand nombre d'individus ainsi constitués, et qui n'ont pas offert un seul tubercule dans les poumons, tandis que d'autres hommes à large poitrine 5 à poumons très-développés , mais affectés de phthisie scrophuleuse consécutivement à l'action des causes susceptibles de la produire, ont présenté, après leur mort, de nombreux tubercules dans ces organes.
Si les tubercules étaient innés, ne devrait-on pas les rencontrer au moins chez quelques individus, indépendamment des inflammations, chroniques surtout, qui peuvent affecter la plèvre ou le poumon ; et cependant cette découverte est encore à faire; tandis qu'il est extrêmement rare de ne pas en trouver dans cet organe après la mort, chez les sujets scrophu-
leux qui, pendant leur existence, ont éprouvé les maladies que nous venons d'indiquer.
Mais en admettant même que ces tubercules puissent exister indépendamment d'une inflammation, ce qu'il est impossible de prouver, la théorie que nous combattons n'en serait pas mieux démontrée ; on serait encore obligé de remonter à quelque maladie antérieure, et capable d'avoir déterminé leur formation; car, dans la nature, il n'existe jamais d'effet sans cause.
Les tubercules sont-ils formés de toutes pièces par le fait même de la maladie strumeuse? Même solution que pour la question précédente. En effet, une maladie n'étant que la modification variable de l'une de nos parties ou de notre individu, et non point un être matériel, un corps distinct, ne peut, par elle-même et de son propre fond , donner naissance à aucune substance corporelle ; ce n'est qu'en modifiant à sa manière les corps déjà existans , qu'elle peut en former de nouveaux; ce n'est qu'en désorganisant les tissus naturels ^ qu'elle peut faire des tissus morbifiques.
Quelle est donc l'origine des tubercules? Déjà
nous l'avons fait entrevoir. Les tubercules ne
sont, dans tous les cas, que le résultat de Vin-
fammation y de V épaississement et de la dégéné'
ration des vaisseaux blancs^ soit qu'ils se trou-