‹ Traité complet sur la maladie scrophuleuseChapitre 64 sur 236 · OC · texte numérisé non relu

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y forment quelquefois une sorte de collier par leur succession. Ils se développent aussi trèsfréquemment sur les parties latérales du col dans les enfoncemens celluleux et inter-musculaires. D'abord peu volumineux, roulaus sous le doigt qui les presse, mobiles et lâchement unis aux parties ambiantes, durs, indolens, de telle manière que souvent ils sont déjà très-dé veloppés lorsqu'on s'aperçoit de leur présence. Ils peuvent demeurer stationnaires pendant plusieurs années et sans aucun cliangementdans la coloration ni la texture de la peau qui les recouvre , disparaitre ensuite par une résolution insensible : ou bien , se ramollir du centre à la circonférence, présenter une fluctuation bien déterminée avec rougeur, amincissement et ulcération delà peau , suppurer pendant quelque temps , disparaitre enfin en laissant une cicatrice blanche , enfoncée , irrégulière, ridée, difforme et indélébile.

La suppuration ne s'établit pas en même temps dans tous ces engorgemens , mais les affecte ordinairement d'une manière successive , et à des intervalles plus ou moins longs. Cette observation n'avait point échappé à Tan-S\viéten. Vidimus autem. in strumis tum.ores coïîum occupantes per plures TTienses , imo annos hœrere antequàm siippurari incipiant^ tune quidem ex his tantàm

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supjyurantur , non vero omnes siniul : prœtereà satis est obserpatio in strumosis similes tiimores piscera obsidere. ( Van-Sw. Comment, in aph. )

C'est à cesengorgemens des ganglions cervicaux que la plupart des auteurs donnent spécialement Je nom d'écrouelles , de scrophules, d'humeurs froides 5 tandis qu'elles ne sont, comme on le conçoit maintenant, que l'un des symptômes locaux de celte maladie constitutionnelle.

Hippocrate les considère comme une des affections les plus fâcheuses du col chœrades

generantur ii que pessimi colli morbi numerantur, ( Hippoc. de Gland, ) Ce pronostic paraîtra d'abord exagéré ; mais si l'on considère que ces engorgemens, lorsqu'ils sont scrophuleux, annoncent toujourà une altération générale et profonde clans tous les solides organiques, on ne tardera point à les regarder comme une maladie très-grave.

Quiconque a suivi les progrès de l'affection strumeuse aura lieu de s'étonner que Forestus, d'après Avicenne , regarde ces engorgemens comme beaucoup plus faciles à guérir lorsqu'ils sont arrivésà suppuration. Scrophulœ seu struma quibus conjungitur dolor et apostema calidum ciim materia calida y tendente ad maturationemy sunt magis curabiles, ( P. Forest. Scol. g. de Strumis. ) En effet, lorsque la suppuration s'établit, on voit ordinairement alors survenir des

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symptômes généraux plus oa moins fâcheux, tels que le dérangement des digestions , le dévoiement, la fièvre, les sueurs nocturnes, etc. ; il faut donc éviter soigneusement les dangers d'une pareille erreur, prévenir la suppuration de ces tumeurs, et favoriser leur résolution , terme le plus avantageux en pareille circonstance.

Distinction, — Une irritation déterminée sur les ganglions d'un sujet affecté de la constitution strumeuse produit, avons-nous dit, des engorgémens scropbuleux. Il est bien important desavoir que la même irritation agissant sur ceux d'un individu sain , peut donner naissance à des engo rgemens semblables en apparence. Mais quelle différence n'existe pas entre les uns et les autres sous le rapport de la nature et de la gravité !

Les premiers annoncent une maladie constitutionnelle, une altération profonde dans les tissus affectés. Leur guérison est très-difficile, et leurs retours très-fréquens.

Les seconds ne sont, au contraire , que le résultat d'une simple irritation ou inflammation, sans maladie antérieure dans les ganglions engorgés ; ils ne constituent qu'une affection locale, et disparaissent insensiblement sous l'influence de quelques moyens appropriés, et le plus souvent d'une manière spontanée.

Les auteurs qui considèrent ces engorgemens cervicaux, comme la maladie strumeuse elle»

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même, ont élé frappés de celte différence; mais ne pouvant s'en rendre conipfe, ils ont admis des scrophules malignes et des scrophules bénignes. C'est ainsi que Lalouette accorde la première dénomination aux engorgemens du col établis sur la diathèse écrouelleuse, et la seconde, à ceux qui sont exclusivement produits par les difficultés de la première dentition. Mais il est évident que les premiers méritent seuls le nom d'engorgemens scropliuleux, et qu'il est important de les bien distinguer de ceux qui n'ont point ce caractère, le traitement des uns et des autres étant essentiellement diflerent.

Les causes les plus ordinaires des engorgemens cervicaux, non scropliuleux sont : i®. la répercussion de la teigne, des croûtes laiteuses ; 2°. la présence d'aplites plus ou moins nombreuses sur la muqueuse buccale, d'ulcérations cbancreuses comme on en voit fréquemment survenir sur cette membrane, indépendamment du virus syphilitique; 5°. les difficultés de la première dentition; 4°- la présence d'une dent cariée, douloureuse, etc.; en un mot, toute irritation portée directement sur les ganglions lymphatiques, ou transmise à ces petits corps par les vaisseaux absorbans qui vont s'y rendre après avoir pris naissance sur la membrane muqueuse de la bouche et du pharynx. C'est ainsi

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