‹ Traité complet sur la maladie scrophuleuseChapitre 65 sur 236 · PREMIÈRE PARTIE. l · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE. l

qu'agissent la plupart des causes que nous venons d'indiquer.

On ne confondra point ces engorgemens avec ceux dont la nature est essentiellement scrophuleuse , si l'on considère que les premiers ne se manifestent jamais sans une cause locale, et qu'ils n'offrent aucun symptôme d'altération constitutionnelle; tandis que les seconds peuvent se développer, comme on le dit j sponta^ nément^ et qu'ils sont toujours accompagnés par les signes évidens de la diathèse écrouelleuse.

Soemmering a même trouvé des différences anatomiques entre les uns et les autres. Cet auteur fait observer que, dans les engorgemens des ganglions déterminés par une simple cause irritante, l'oblitération des vaisseaux lymphatiques n'est jamais complète, et qu'ils sont encore perméables aux injections, tandis qu'il est impossible de les y faire pénétrer lorsque cette altération est survenue depuis quelque temps sous l'influence de la diathèse scrophuleuse.

On ne confondra pas non plus les engorgemens strumeux des ganglions cervicaux avec les tumeurs graisseuses , les loupes et autres tumeurs qui peuvent se manifester au col. La forme de ces dernières, leur volume, leursprogrès, l'absence des symptômes de la constitution générale , sont autant de circonstances qui rendent la distinction très-facile.

ll^l TRAITÉ SUR LES SCROPHULES.

jN'ous dirons la même chose pour le gonflement inflammatoire que peuvent offrir les glandes salivaireSj et spécialement les parotides , maladie connue sous le nom d'ourlés, d'oreillons, etc. La marche rapide que présente celle-ci , les douleurs souvent très - vives dont elle est accompagnée, l'uniformité de la tuméfaction, son siège dans les glandes salivaires, etc., ne permettront aucune erreur.

Mais il est surtout important d'arrêter les regards des praticiens sur la circonstance suivante. Il arrive assez fréquemment qu'une dent molaire du maxillaire inférieur, offrant à sa racine un ou plusieurs points de carie, détermine sous la mâchoire, précisément dans le point où paraissent ordinairement les engorgemens strumeux, une série de petits abcès qui se succèdent à des intervalles plus ou moins longs ; dégénèrent en fistules avec ou sans callosités ; se ferment en laissant des cicatrices enfoncées, ridées et irrégulières; s'ouvrent de nouveau pour se cicatriser ensuite , et présenter les mêmes alternatives pendant des années entières.

J'ai vu plusieurs cas semblables confondus par des médecins même distingués , avec les engorgemens et abcès scrophuleux , traités comme tels pendant plusieurs mois , et sans aucun succès, comme il est facile de le penser; deux de ces malades s'étant exclusivement confiés à

mes soins, je fus assez heureux pour découvrir l'erreur* la chose n'était pas difficile: je fis l'extraction des dents cariées, et la guérison fut radicale dans l'espace de huit jours pour l'un, et de neuf pour Fautre.

On ne commettra jamais de semblables méprises en examinant les malades avec un peu d'attention. En effet, dans ces engorgemens et ces abcès déterminés par la présence d'une dent cariée, chez un individu sain , on ne rencontre point les symptômes de la constitution strumeuse. Ces engorgemens et ces abcès ne se développent que consécutivement à des odontalgies plus ou moins vives. Si la carie existe à la couronne de la dent, on la découvre avec facilité ; si elle en affecte , au contraire, la racine , on s'assure encore aisément de sa présence, en percutant les dents de ce côté, avec un instrument d'acier par exemple; car, presque toujours alors, le malade éprouve une douleur assez aiguë, lorsque la percussion tombe sur celle qui est altérée.

II. Irritation ou inflammation scropJiuleuses des autres ganglions extérieurs examinés collectivement.

Ces engorgemens n'offrent que des différences relatives à leur siège; les syjnptômes locaux, la marche, les terminaisons, sont pour tous ab-

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solnmeiit semblables, el conformes à ce que nous venons d'exposer pour les ganglions cer- Yicaux.

' On les observe surtout aux aines et aux aisselles; mais il est bien important de ne pas les confondre avec ceux qui ne sont pas scrophuleux.

i"*. A Vaisselle: on voit souvent des engorgemens surs^enir dans les ganglions lymphatiques de cette partie, chez des sujets qui n'ont aucun des caractères de la constitution strumeuse sous rinfluence exclusive d'un panaris, d'une ou plusieurs ulcérations à la main; d'une piqûre à l'un des doigts, par un instrument souillé de quelque matière irritante ou vénéneuse, d'un cancer au sein, etc.; tous ces cas sont faciles à distinguer.

2°. A Vaine: même observation. Une ulcération du pied, des cors irrités par une chaussure trop étroite, etc., produisent et entretiennent pendant plusieurs mois, quelquefois même pendant plusieurs années , des engorgemens inguinaux qui cependant n'ont pas le caractère écrouelleux. Ils sont, dans tous ces cas, déterminés par une irritation transmise aux ganglions lymphatiques par les vaisseaux du même nom, qui, le plus souvent alors, se montrent comme autant de cordons rougeâtres , et tendus à la partie interne du membre affecté. Les engorgemens , les

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