PREMIERE PARTIE. ï
sente aucun rapport avec la diathèse scrophuîeuse. Les plus communes sont toutes celles qui agissent directement sur les vaisseaux blancs du mésentère, tels que le lait aigre, de mauvaise qualité, fourni par une femme grosse, scropliuleuse, ou bien attaquée de quelque autre maladie constitutionnelle. Les alimens farineux mal cuits, non fermentes, tels que les bouillies dont on gorge les enfans ; une diète exclusivement végétale • les fruits crus , dont la maturité n'est qu'imparfaite ; les viandes fumées , salées ou corrompues; en un mot, toutes les substances qui fournissent un cliyle irritant ou grossier, et dont le passage par les ganglions mésentériques ne peut s'effectuer sans une excitation plus ou moins vive de ces derniers.
Symptômes. — On observe d'abord ceux de la constitution strumeuse, lesquels se rencontrent dans toutes les affections locales du même nom ; ensuite, les symptômes particuliers à l'altération des ganglions mésentériques, et qui sont d'autant plus alarmans , que la maladie fait des progrès plus rapides en parcourant les quatre périodes communes aux inflammations scropliuleuses.
Première période. Irritation ou inflammation des vaisseaux blancs. — L'appétit s'affaiblit et devient quelquefois presque nul; souvent même l'enfant refuse les alimens qu'on lui présente ;
l43 TRAITÉ SUR LES SCROPHULES.
le ventre est tendu, balonné, douloureux à la pression • on observe des intervalles de dévoiement et de constipation, des vomissemens de matières glaireuses, muqueuses acides; le petit malade est de mauvaise humeur , pousse des cris continuels, ne goûte qu'un sommeil fréquemment interrompu; la peau est ordinairement sèche , aride et brûlante 5 le pouls irrégulier, fébrile surtout après les repas.
Deuxième période. Epaississenient des pais^ seaux blancs. — Les ganglions prennent alors un volume plus considérable; ils ne sont que difficilement traversés par le chyle ; d'où naissent difFérens symptômes qui s'unissent aux précédens; tels que le développement progressif de l'abdomen qui devient inégal, bosselé, offrant, dans plusieurs points, autour de l'ombilic surtout, des nodosités, des tumeurs plus ou moins volumineuses, rénitentes, insensibles ou peu douloureuses à la pression ; quelquefois cependant cette dernière détermine une sensation très-pénible.
Troisième j^ériode. Régénération des vaisseaux blancs ^ formation des tubercules. — Les ganglions se convertissent en une masse lardacée^ plus ou moins considérable, homogène, et dans laquelle on ne découvre plus aucun vaisseau distinct; tous les lymphatiques qui s'y rencontrent sont oblitérés , détruits ^ et entièrement