PREMIÈRE partie
imperméables au chyle. Ce fluide réparateur ne pouvant plus être transmis au lieu de sa destination, parcourt le canal digestif, et se trouve en grande partie rendu par les selles; de là, ces dévoiemens opiniâtres , ces déjections de matières jaunes, liquides, blanches, d'alimens imparfaitement digérés, etc.; de là, cette faim insatiable, ces appétits voraces que nous oftVent alors les jeunes malades, chez lesquels la substance alimentaire , prise même en quantité considérable, ne fournit à la nutrition qu'une trèspetite proportion de molécules réparatrices, par la difficulté qu'éprouve le chyle à parvenir au canal thoracique ; en effet, il ne peut traverser, dans cette troisième période, que les ganglions mésentériques échappés à la dégénération , ou chez lesquels elle ne s'est pas encore entièrement effectuée. Les inégalités de l'abdomen se prononcent de plus en plus, quelquefois on sent distinctement, sous les parois de cette cavité, des séries de nodosités disposées en grappe, en chapelet, etc.; chez d'autres malades, les engorgemens sont réunis en groupes plus considérables. J'en ai vu plusieurs à l'Hôtel-Dieu, chez lesquels tout le mésentère et ses ganglions n'offraient qu'une seule masse lardacée, dont le volume égalait celui d'une lête d'enfant nouveau -né. Le marasme fait chaque jour des progrès; l'abdomen conserve seul un volume
rSo TRAITÉ StTK LES SCROPHULES*
très-considérable, qui contraste d'une manière frappante avec la gracilité des autres parties , des membres inférieurs surtout, dont la faiblesse et la ténuité rendent la station et la progression difficiles ou impossibles. La face est pâle, ridée, maigre, décharnée, portant l'empreinte de la vieillesse et de la douleur.
Quatrième période. Ramollissement et suppuration des tubercules. — Le ventre, peu douloureux à la pression pendant la troisième période, devient très-sensible au moindre contact, sur le plus grand nombre des malades. Tous les symptômes indiqués augmentent d'intensité, les nodosités de l'abdomen semblent s'affaisser, la masse générale ne diminue pas de volume, mais offre plus d'uniformité. La fièvre, pour ainsi dire continuelle, présente le soir des redoublemens qui se prolongent plus ou moins dans la nuit , et se terminent le matin par des sueurs froides et visqueuses. Les matières rendues par le dévoiement sont plus fétides, ordinairement muqueuses, jaunâtres, quelquefois purulentes, contenant des stries blanchâtres, des flocons aibumineux, etc., et le jeune malade périt dans le dernier degré du marasme.
Distinctions. — Les engorgemens des ganglions mésentériques sont le plus souvent scrophuîeux chez les enfans; c'est pour cette raison que Sydenhain les regarde comme un rejeton