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ténèbres de Ferreur, et de se mettre dans Fimpossibilité , non-seulement de bien étudier, mais encore de connaître et de traiter convenablement cette maladie ? Osons donc secouer le joug des préjugés, et soumettre Félude de cette dernière à la méthode simple et toujours lumineuse de Fobservation.
D'après le mode d'action des causes qui produisent la phtbisie, et qui toutes agissent en déterminant une irritation locale plus ou moins forte ; d'après les altérations qu'offrent à l'autopsie cadavérique les difTérentes parties des poumons chez les sujets morts de cette maladie, altérations qui toujours témoignent une phlogose ^ antérieure, et dont elles ne sont que la conséquence , il me semble bien facile d'établir le véritable caractère de la phthisie pulmonaire ; elle n'est dans tous les cas à son principe, qiiune inflammation j)lus ou moins chronique , fixée sur un ou plusieurs tissus du poumon ^ et le plus soupent compliquée de la diathèse scrophuleuse. Les modifications qu'elle peut offrir, et que beaucoup cFauteurs ont décrites comme autant d'affections différentes, sont constamment relatives aux causes de l'inflammation , à son sié,^e , aux périodes qu'elle peut parcourir, aux terminaisons dont elle est susceptible. C'est toujours la même altération sous des nuances variables ^ ainsi :
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1°. Lorsque l'air habituellement respiré sert de véhicule à des poils très-déliés ou à d'autres corpuscules analogues, comme on l'observe surtout dans les fabriques de draps , de chapeaux , dans les filatures de coton, etc. , ces poils peuvent s'introduire et s'arrêter dans les bronches , y déterminer des inflammations plus ou moins répé" tées, plus ou moins opiniâtres, et par suite la phthisie pulmonaire. Phthisie pileuse des auteurs.
2°. Lorsque des catarrhes fréquens affectent la muqueuse pulmonaire, et qu'une irritation permanente venant de l'extérieur , par exemple, y fixe et perpétue la phlogose, cette membrane devient souvent alors le siège d'ulcérations plus ou moins nombreuses. Phthisie uloéreuse des auteurs,
3^. Les vaisseaux blancs irrités, enflammés consécutivement, s'engorgent, s'épaississent, dégénèrent, et forment de petits corps blanchâtres, semblables à des grains de millet. Phthisie gi^anuleuse des auteurs.
4^. Ces granulations en s'appropriant le tissu cellulaire qui les environne, ou se réunissant en nombre plus ou moins considérable, donnent naissance à des f prps arrondis blanchâtres , plus volumineux, avec ou sans kiste, comme nous l'avons dit, et connus sous le nom de tubercules, Phthisie tuberculeuse des auteurs.
5°. Ces tubercules, en comprimant les veines du poumon , peuvent rendre la circulation difficile dans ces vaisseaux, y déterminer des dilatations variqueuses en nom^bre plus ou moins considérable. Phthisie variqueuse des auteurs.
6°. Des concrétions de phosphate calcaire peuvent se déposer dans ces tubercules, comme dans ceux de toute autre partie. Phthisie calculeuse des auteurs.
7°. Au lieu d'éprouver la dégénération scropliuleuse, les vaisseaux blancs enflammés peuvent être affectés de la désorganisation carcinomateuse ordinaire. Phthisie cancéreuse des auteurs.
8°. Enfin ces mêmes vaisseaux peuvent devenir le siège de la dégénération cancéreuse noire. Phthisie avec mélanose des auteurs.
N'est- il pas dès lors évident que toutes ces altérations ne sont autre chose que le résultat d'une maladie toujours essentiellement la même, V inflammation ; et qu'elles peuvent se manifester dans toute autre partie que l'organe respiratoire? ne voit-on pas en effet des inflammations ^ des ulcérations sur les autres membranes muqueuses, et consécu ti vement la phlegmasie y F engorgement des vaisseaux absorbans qui s'ouvi .at à leur surface ; le gonflement ^ la dégénération tuhejxuleuse des ganglions lymphatiques auxquels se rendent ces mêmes vaisseaux ; et dans quelques
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circonstances leur dégénération cancéreuse ou ai^ec mélanose? D'où je conclus :
1°. Que la phthisie pulmonaire , quelle que soit sa nature, n'est qu'z^Tz^ inflammation persistante d'un ou plusieurs tissus du poumon ^ n'offrant par conséquent aucune différence- essentiel le dans ses diverses variétés, mais seulement des nuances particulières, et relatives à la nature du tissu affecté, à Ja période de la maladie , au mode de terminaison qu'elle présente;
2°. Que le moi phthisie n'indique nullement, et je dirai plus, ne peut et ne doit point indiquer une maladie de nature particulière, une altération exclusivement départie aux poumons ;
3"^. Enfin, que les symptômes particuliers et les dangers imminens que présente la phthisie lorsqu'elle affecte ces derniers, ne sont point relatifs au caractère même de la maladie , mais à la nature de l'organe malade , et à l'importance des fonctions qu'il doit remplir.
Il suffit de rattacher à ces données générales les principaux faits consignés dans nos meilleurs ouvrages d'observation, et parmi lesquels je citerai spécialement l'excellent traité de M. firoussais , sur les phlegmasies chroniques ; mais surtout de faire, au lit du malade, une juste et continuelle application de ces principes fondamentaux, pour avoir des idées exactes sur la phlhisie pulmonaire, quelles que soient ses va-
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riétés ; et pour établir, sur une base inébranlable, les rèries d'un traitement rationnel, et des différentes modifications qu'il doit éprouver suivant les circonstances.
Nous bornons là ces notions indispensables sur la phthisie pulmonaire considérée d'une manière générale , et nous arrêtons spécialement notre attention sur celle que les auteurs désignent par le terme de piitliisie tuberculeuse ou scropliuleuse.
DE liA PHTHÏSIE TUBERCULEUSE DES AUTEURS.
La phtliisie tuberculeuse des auteurs n'est, en dernière analyse , qu^une inflammation des vaisseaux blancs et des ganglions lymphatiques du poumon ^ chez un sujet primitive mejit afl^ecté de la constitution strumeuse.
Causes déterminantes . — La maladie que nous décrivons est constamment déterminée par une excitation produite et fixée sur les vaisseaux blancs du poumon, soit sous l'inlloence exclusive de la constitution sti'umeuse, comme nous l'avons expliqué , soit en même temps sous celle d'une cause étrangère à celte constitution, et qui n'est alors que déterminante.
Parmi les causes indépendantes de la diathèse scropbuleuse, on doit en distinguer de générales et de locales, dont voici les plus fréquentes. ^ l '^ . Causes générales . — Non s com pren on s, sou s
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cette dénomination, celles qui produisent une excitation dans toute Féconomie ; excitation dont les effets se concentrent sur le poumon , actuellement plus disposé que les autres organes, à recevoir cette influence funeste. Tels sont : 1°. le développement de la puberté ^ qui toujours s'accompagne d'une augmentation sensible dans rénergie de tous les organes, et spécialement dans l'activité pulmonaire; cette circonstance nous explique pourquoi la phthisie tuberculeuse se manifeste, le plus ordinairement, à cette époque de la vie; 2*^. les vieilles prolongées^ 3°. F étude et la méditation portées à F excès ; 4°. les exercices et les travaux immodérés ; 5°. la masturbation 'y ^'^ . F abus du coït; 7°. l'usage fréquent des alimens excitans ; 8^. du café ; 9°. des liqueurs fermentées y alk colique s ^ etc.
1"^. Causes locales. — Dans cette classe viennent se ranger toutes celles qui produisent une irritation plus ou moins directe sur les poumons ; telles que, i*'. les contusions ^ les plaies de ces organes , avec ou sans corps étrangers ; 2^. les efforts de chant ^ de déclamation^ etc.; 3°. la respiration d'un air constamment trop sec , ou \i\ç^\\. froid et humide ; rendu nuisible par la présence des vapeurs métalliques , comme on l'observe dans les forges, les fonderies, les mines, etc.; des ^<2-2 délétères, acides et irritans ; tel que celui qui règne habituellement dans les^a-