PREMIÈRE PARTIE
deviennent entièrement plats ; la toux est fréquente, Fexpectoration purulente, d'un blanc terne ou jaunâtre ; la voix éteinte, la fièvre continuelle, avec frissons et recloublemens qui surviennent vers le soir, et se prolongent très-avant dans la nuit ; le sommeil est interrompu et ne répare jamais efficacement les forces du malade , qui souvent éprouve à son réveil un sentiment général de lassitude et de brisement ; surviennent alors fréquemment des sueurs froides et visqueuses à la face 5 à la poitrine surtout, un dévoiement opiniâtre , le dernier degré du marasme, ou bien nne infiltration séreuse des membres inférieurs , qui, dans quelques circonstances, peuvent tripler de volume ; enfin la mort met un terme à cet état déplorable, et s'empare du plus grand nombre des malades , sans aucune agonie.
La marche de ces symptômes est d'autant plus rapide que le sujet est plus jeune | aussi la phtliisie tuberculeuse doit-elle être considérée comme généralement moins dangereuse , lorsque son développement ne s'effectue que dans l'âge viriL Dans quelques circonstances, il se fait, à la surface interne des bronches , une véritable exhalation sanguine dès la seconde ou troisième période ; lorsqu'elle n'est point assez considérable pour mériter le nom d'hémoptisie , et qu'elle s'effectue avec lenteur^ le sang déposé
l68 TRzVlTÉ SUR LES SCROPHULES.
sur la muqueuse bronchique, s'épaissit par l'absorption de ses parties les plus aqueuses , et se trouve rendu, par l'expectoration, en caillots noirâtres , plus ou moins volumineux , et que le vulgaire prend pour des portions de l'organe pulmonaire ; delà, cette erreur grossière, généralement accréditée dans le monde, et même débitée par quelques médecins, qvCun phthisique peut expectorer les poumons ; erreur tellement absurde, qu'il n'est pas même nécessaire de s'arrêter à sa réfutation.
On a proposé plusieurs expériences pour s'assurer du caractère purulent ou seulement purifbrme des matières expectorées ; celle qui se trouve adoptée par le plus grand nombre d'auteurs , consiste à faire cracher le malade dans un vase rempli d'eau. Hippocrate préférait l'eau salée. Si les crachats sont purulens, ils se précipitent au fond du vase; s'ils sont, au contraire, seulement muqueux et puriformes , ils demeurent à la surface. Mais cette expérience n'est pas toujours concluante. En effet, il arrive souvent que les produits de l'expectoration, lors même qu'ils sont entièrement formés de pus, se trouvent mêlés à une certaine quantité d'air, qui les rend écumeux et les fait surnager ; tandis que, dans d'autres circonstances, des crachats simplement muqueux, mais très-