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souvent une toux sèche et revenant par accès , une difficulté plus ou moins marquée dans la respiration , et quelquefois une véritable asphyxie, par la pression des nerfs qui donnent le mouvement aux muscles inspirateurs. Je ne puis passer sous silence une observation que j'ai recueillie avec M. Murât , dans l'hôpital de la Salpêtrière, et qui fera mieux que toutes les descrip* tions possibles , connaître la marche de celte maladie lorsqu'elle affecte la région cervicale.
Obserpation. — Deçouturelle ( Marie ) , âgée de quarante-cinq ans, d'un tempérament l^^rapha» tico-nerveux , offrit dans sa jeunesse des engorgemens cervicaux très-nombreux, et qui disparurent vers la seizième année, époque de la première menstruation qui s'établit très-difficilement. L'habitation à la campagne, un bon régime^ fortifièrent le tempérament , et Deçouturelle vécut en assez bonne santé jusqu'à sa quarantedeuxième année. Elle vint alors habiter Paris, dans un quartier bas et humide, obligée de se nourrir d'alimens de mauvaise qualité, de farineux, de légumes, etc. La constitution strumeuse ne tarda point à se manifester, et \"ers le mois de février i8i4, un sentiment de pesanteur, et, bientôt après, une douleur sourde et profonde se firent éprouver dans la région cervicale de la colonne rachidienne. Des frictions avec l'huile camphrée apportèrent un soulagement asses
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marqué. Lorsque , vers le mois de mai , les douleurs se réveillèrent avec plus d'intensité , le col se tuméfia légèrement à sa partie moyenne, et du côté gauche surtout; les mouvemens de cette région devinrent très - pénibles. On continua l'usage des linimens camphrés ; on fit quelques applications de sangsues au lieu douloureux. Dans le mois de janvier 1 8 15 , une tumeur se manifesta dans le pharynx, entre le corps des premières vertèbres cervicales et les parois de cette cavité ; une ponction faite avec la pointe d'un bistouri , favorisa l'écoulement d'un pus assez consistant , mais noirâtre , et d'une odeur très-fétide. Cette plaie resta quelque temps fistuleuse avant de se cicatriser ; le corps des vertèbres cervicales et le tissu cellulaire du col acquirent un volume considérable , et la malade entra dans cet état à l'hôpital de la Salpêtrière, le i8 avril i8i5. Le pharynx, examiné avec soin, offrit, à sa partie postérieure, deux ouvertures fistuleuses, par lesquelles s'échappait une petite quantité de sanie putride ; la colonne cervicale, surtout vers son milieu, n'était plus susceptible d'aucun mouvement ; le col avait à peu près doublé de volume , surtout du côté gauche. La maladie était tellement avancée , et l'épuisement général si considérable , qu'il ne fut permis d'employer qu'un traitement palliatif; les forces diminuèrent insensiblement , la malade se trouva, vers je mois de juin, dans
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Fimpossibilité de quitter son lit, et mourut pour ainsi dire en détail de la manière suivante : i**. vers le i ^juin 1 8i 5 , crampes , douleurs transcurrentes dans les membres inférieurs ; infiltration, paralysie de ces derniers; 2®. le i juillet y difficulté dans Fexcrétion des urines, et bientôt paralysie complète de la vessie, La malade sondée chaque jour, rend une petite quantité d'urines rouges, épaisses, briquetées et très-fétides ; 3°. le i3 , paralysie du rectum , évacuations involontaires des matières fécales ; [\. le 19, aphonie presque totale; 5°./^ ^3, respiration difficile ; 6^. le 24, mort par une véritable asphyxie. La malade a conservé jusque dernier instant Texercice libre de ses facultés intellectuelles.
Autopsie. — Deux ouvertures étroites à la partie postérieure du pharynx conduisent, par plusieurs trajets fistuleux, à la carie des troisième ^ quatrième, cinquième et sixième vertèbres cervicales; destruction presque entière du corps de la quatrième ; incurvation du canal rachidien, qui décrivait une ligne courbe à concavité antérieure; aucune altération apparente à la moelle épinière^ ni à ses membranes; engorgement, dégénération krdacée des ligamens, et du tissu cellulaire am° biant.
Les faits de cette nature sont tellement peu nombreux dans les fastes de Fart, que j'ai cru
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devoir exposer cette observation dans tous ses détails.
2**. Région dorsale. — L'inflexion de la colonne vertébrale se fait quelquefois alors latéralement, mais dans le plus grand nombre des cas antérieurement. C'est dans cette région surtout que le déplacement peut devenir considérable, le rachis se courber à angle droit , et présenter en arrière une saillie épineuse très-marquée, connue sous le nom de bosse ou gibbositë. Les malades ainsi affectés ne peuvent conserver long-temps la station bipède , sans éprouver de très- vives douleurs; ils marchent péniblement, la face haute, le col tendu, les membres inférieurs fléchis; et s'appuient les mains sur les cuisses lorsqu'ils veulent s'asseoir, etc. Un ou plusieurs abcès peuvent s'établir sur les côtés de la gibbosité, ou bien le pus se frayer un passage dans la poitrine , s'épancher dans l'une des plèvres , et former un empième proprement dit; pénétrer dans le poumon , dans les bronches ; être rendu par l'expectoration, simuler la phthisie scrophuleuse, et faire croire à l'existence de larges vomiques dans cet organe. Les compressions de la moelle rachidienne dans cette région , sont , le plus souvent, accompagnées d'une respiration très- pénible, offrant, par intervalles, tous les symptômes d'une suffocation imminente, et présentant quelquefois une parfaite analogie avec