PREMIERE PARTIE
des accès d'asthme. C'est d'après cette uniformité d'affection, qu'un praticien célèbre a dit : (( Les bossus sont fort sujets à i'asthme, par la )) mauvaise conformation de leur poitrine, et )) la pression qui en résulte pour les nerfs de y) la moelle épinière ; lesquels , comme on sait , )) s'anastomosent avec les intercostaux ». (QuA- RIN 5 Malad, chroniq. ) -
S''. Région lombaire. — Nous comprenons dans cette division , les articulations vertébrales , pour ainsi dire communes aux régions lombaire et dorsale, articulations dans lesquelles se manifeste plus ordinairemement le vertébralitis, comme déjà nous l'avons indiqué.
La maladie présente en général plus de gravité dans ce point du rachis, parce que c'est là que se passent les plus grands mouvemens du tronc , et que le malade ne peut en exécuter aucun sans tiraillement et sans irritation pour les parties affectées. Les abcès se développent quelquefois sur le lieu même de la maladie; mais le plus souvent des fusées purulentes se dirigent dans la cavité abdominale, et produisent des dépôts par congestion, vers les points les plus déclives de celle-ci, soit au périnée, sur les côtés de l'ischion , au pourtour de l'anus, etj dans le plus grand nombre des cas, sous l'arcade fémorale. Ces derniers doivent particuiièrement fixer notre attention.
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La tumeur qu'ils forment pourrait, au premier aspect, être confondue avec, i**. un abcès ordinaire, i^. une liernie, 3°. un anévrisme , 4'. un engorgement des ganglions lymphatiques, 5^, une liydrocèle du cordon, 6°. une varicocèle, 7°. une tumeur enkystée, etc. Il est cependant bien important d'éviter toute méprise en pareil cas, et la chose est facile. Il suffit, en effet, de bien apprécier les symptômes de la constitution strumense, ceux du vertébralitis, qui toujours doit précéder la formation de ces abcès ; enfin , de connaître le mode d'apparition de ces derniers , et la marche qu'ils suivent ordinairement. Ils s'annoncent toujours par le développement presque subit d'une tumeur d'abord peu volumineuse , mais fluctuante dès le premier instant , indolente à la pression , sans changement de couleur à la peau , sans aucune douleur locale; disparaissant, en partie, sous la main qui la comprime, mais insensiblement et sans la secousse et le gargouillement qui, presque toujours, accompagnent la réduction des hernies.
Dans presque tous ces abcès par congestion , survenus à la suite du vertébralitis de la région lombaire, les muscles psoas et iliaque du côté affecté , se trouvent constamment transformés en un véritable canal membraneux, qui, embrassant les os cariés en manière AHnfjindibulum^ conduit directement le pus sous l'arcade crurale.
Les parois de ce canal sont d'apparence fibreuse à Fextérieur, et présentent quelquefois la densité d'un cartilage; à Fintérieur, elles sont formées par une tunique absolument semblable aux membranes muqueuses, du moins par ses caractères physiques, comme Ta très-bien fait observer M. Dupuytren. Cette métamorphose des muscles psoas et iliaque est quelquefois telle, qu'il ne reste plus aucune trace de leur organisation primitive, et que la fibre musculaire a complètement disparu. J'ai recueilli bien des observations de ce genre, à la Salpêtrière et à l'Hôtel-Dieu. J'ai vu faire, ou fait moi-même , l'autopsie cadavérique de plusieurs sujets qui présentaient un abcès par congestion, sous chacune des arcades fémorales, et chez tous ces invidus, la transformation que je viens d'indiquer existait de chaque côté.
Les principaux accidens qui résultent de la compression médullaire dans la région que nous examinons, sont, i**. des picotemens ; 2°. un sentiment deyc^r/Tzica^ioTz très-incommode: 3^. des crampes douloureuses ; 4**- de l'engourdissement ; 5°. de la faiblesse, et quelquefois une véritable paralysie dans les membres inférieurs; 6^. une œdémalie considérable de ces derniers , qui contraste sensiblement avec la maigreur extrême des supérieurs, qui peut arriver au point de tripler le volume naturel de ces membres, et ds
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produire la rupture de la peau, avec écoulement d^ine grande quantité de sérosité : j'ai vu plusieurs cas semblables; 7". la paralysie du rectum, de la vessie; S\ la suppression des règles I chez la femme, etc. Ces accidens ne dépendent pas toujours de la compression de la moelle épinière , mais quelquefois aussi de celles qu'exercent l'abcès par congestion et les muscles psoas et iliaques dégénérés et tuméfiés, sur les nerfs lombaires et cruraux, sur les troncs des vaisseaux sanguins et lymphatiques ramifiés dans les membres inférieurs. Je fonde cette opinion sur plusieurs observations que j'ai recueillies , avec M. Lallement, dans l'hôpital de la Salpétrière. DifFérens malades qui , pendant les derniers temps de leur existence, avaient présenté la plupart des symptômes que je viens d'indiquer , ont offert à l'autopsie une courbure à angle droit de la colonne vertébrale, une carie, une destruction presque totale du corps entier des trois ou quatre dernières vertèbres dorsales , et des deux ou trois premières lombaires ; au milieu de tous ces désordres , la moelle épinière s'est trouvée parfaitement cylindrique, et sans aucune altération; tandis que les muscles psoas et iliaques, convertis en un vaste canal, à parois dures et squirrheuses, comprimaient évidemment toutes les parties circonvoisines. Cette observation se rencontre fréquemment dans la