PREMIÈRE PARTIE. 2o
années de la vie, et nous offre- t-elle un des symptômes les plus certains d'une diathèse scrophuleuse profondément établie.
Symptômes, — Nous examinerons cette maladie à la main seulement, parce qu'elle n'offre aucune particularité pour le pied. C'est ordinairement dans l'une des articulations métacarpophalangiennes , que se manifeste l'inflammation scrophulense, et spécialement dans celles des doigts médius et annulaire; c'est presque toujours dans le tissu osseux, que siège l'altération primitive. La partie affectée fait éprouver une sorte d'engourdissement , et bientôt une douleur profonde; l'articulation se tuméfie, les doigts voisins se trouvent péniblement écartés,, la main se déforme , les os se ramollissent et se carient, la peau s'amincit, rougit et s'ulcère; des fistules nombreuses fournissent un pus caséeux et fétide; de nouveaux abcès se forment et s'ouvrent dans le voisinage; les tendons extenseurs et fléchisseurs sont détruits par la dégénération scrophuleuse et la suppuration ; le doigt malade se trouve, dès lors, invariablement fixé dans la position vicieuse qu'il a prise pendant la maladie, en supposant même que la guérison s'effectue; il s'atrophie, et gêne, par sa présence , l'accomplissement des fonctions confiées à la main.
Chez un assez grand nombre de sujets, la
2o4 TRAITÉ SUR LES SCROPHULES.
maladie s'élend au corps des phalanges ; la première el quelquefois la seconde éprouvent un gonflementconsidérable qui peut doubler, '.^^iplcr, quelquefois même quintupler leur volume , la phalange unguinale conservant son état naturel; le doigt affecté, très- volumineux à sa base, paraîC très-effilë à sa pointe, offre une apparence toute particulière, que l'on rend assez bien , en disant qu'il ei^l fusiforme ' C'est à celte variété de l'inflammation sorophuleuse du tissu osseux que la plupart des auteurs ont donné le nom de spina ventosa. Enfui une au plusieurs phalanges peuvent se ramollir, être entièrement détruites par la carie, sortir en fragmens plus ou moins volumineux, par les ouvertures iistuîeuses, et le doigt se raccourcir, se contourner en divers sens, et ne présenter qu'un moignon informe qui s'atrophie insensiblement.
Il arrive assez fréquemment que pendant le cours de cette maladie, l'irritation qu'elle détermine sur les vaisseaux blancs de la main , s'étend de proche en proche à ceux de l'avant-bras, du bras, et jusqu'aux ganglions lymphatiques de l'aisselle, qui s'engorgent, deviennent le siège d'abcès volumineux dont l'abondante suppuration produit l'épuisement et la mort du malade. J'ai recueilli trois observations de ce genre, une à la Salpêtrière , et deu\ à l'Hôtel-Dieu. Des altérations semblables peuvent se manifester à