‹ Traité complet sur la maladie scrophuleuseChapitre 92 sur 236 · PREMIÈRE PARTIE · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE

prévenir les ravages de la suppuration , on pratique, avec un bistouri à lame très-étroite , une ponction profonde sur la partie la plus saillante de la tumeur, deux pouces à peu prèsau-dessous du grand trochanter ; il ne s'écoule pas une goutte de pus ; un stilet introduit dans Fouverture , pénètre facilement et sans effort bien au-delà du point qu'avait atteint l'instrument tranchant, et semble s'enfoncer dans un tissu pulpeux , et comme parenchymateux. Les douleurs continuent à augmenter progressivement, avec des insomnies que ne peuvent détruire ni les cataplasmes narcotiques appliqués sur le siège du mal, ni l'opium administré à l'intérieur; l'épuisement marche dès lors avec rapidité, et la malade expire sans agonie, le 16 juillet 18 16.

Auto-psie. — La tête du fémur et toute l'articulation ilio-fémorale sont parfaitement saines. La partie supérieure de cet os , immécliatement audessous de son col , est enveloppée par une tumeur bosselée, inégale , dont le volume ^st à peu près celui d'une tête d'enfant; celte tumeur est formée par les tissus ligamenteux , tendineux, et une partie de la capsule fibreuse. Incisée dans toute son étendue, suivant le diamètrelongitudinal de l'os, elle présente une cavité à parois épaisses de deux pouces et demi au moins , offrant un tissu élastique, lardacée d'un blanc terne et jaunâtre, rendant par la pression une matière

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épaisse et laiteuse ; présentant plusieurs points rougeâtres dans son épaisseur ; une couleur rose pâle à sa surface intérieure, parsemée de quelques taches noires, et garnie d'un assez grand nombre d'esquilles osseuses qui s'y trouvent enfoncées. Cette cavité remplie d'un pus sanieux et très-analogue à la lie du vin rousie, contient la partie du fémur affectée. Celle-ci, dans une étendue de quatre pouces à peu près, depuis le col fémoral, est entièrement dépouillée de son périoste , couverte de rugosilés, de pointes osseuses, les unes assez adhérentes, les autres entièrement détachées; le périoste décollé s'enlève avec facilité, même à quelques pouces du point spécialement affeclé.

D'après l'état général de la malade , d'après les symptômes locaux, et surtout la naturede la dégénérât ion des parties, il est impossible de ne pas recoimaître dans cette maladie une inflammation sci'ophuleuse, ayant eu son siège primitif dans le périoste du fémur, etdans les tissus ligamenteux circonvoisins.

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