PREMIÈRE PARTIE
s'étend quelquefois deux ou trois pouces audessus de l'articulalion. La douleur est obtuse, souvent même presque nulle; la progression peut encore s'effectuer chez le plus grand nombre des malades. J'ai recueilli à THôtel-Dieu l'observation d'un homme. qui, affecté d'une hydarthrose scrophuleuse dans l'articulation fémorotibiale, avait pu faire à pied cent cinquante lieues en dix-neuf jours pour se rendre dans la capitale.
Deuxième y troisième et quatrième périodes. — L'inflammation s'empare de la membrane synoviale ; les douleurs se réveillent avec plus ou moins d'intensité , la progression devient très-difficile, souvent même entièrement impossible, le tissu enflammé s'épaissit et dégénère; alors, la maladie peut se terminer, i*'. par l'ankylose , 2<*. par le ramollissement , la suppuration de la membrane affectée, l'épanchement d'une grande quantité de pus dans la cavité articulaire, maladie décrite par les auteurs sous le nom d'empième ;3^, enfin, par l'inflammation consécutive des autres tissus blancs de l'articulation , et la dégénération scrophuleuse de toutes ces parties. C'est ainsi que débute assez fréquemment la tumeur blanche des auteurs.
2l8 TRAITÉ SUR LES SCROPHULES.
IV. Irritation ou inflammation scrophuleuse des vaisseaux blancs dans les membranes séreuses,
Uirritation el rinflammation strumense peuvent affecter le tissu séreux clans ses différentes parties; mais on les observe spécialement dans r arachnoïde ^ la plèvre et le -péritoine. Elles offrent partout le même caractère , et ne diffèrent que sous le rapport de leur siège.
Causes. — Ces maladies se développent assez fréquemment sans autre cause que celle qui naît directement de la constitution scrophuleuse ; elles sont aussi quelquefois déterminées par des influences extérieures physiques ou chimiques , et entièrement indépendantes de cette même constitution. Telles sont, pour l'arachnoïde ^ les contusions, les plaies du crâne, de la colonne rachidienne , les compressions que peut éprouver la tête de l'enfant, dans un accouchement laborieux, etc. '^pour la plèvre jles violences exercées sur la poitrine, les plaies avec corps étrangers, la répercussion de la transpiration cutanée, etc. ; pour le péritoine yUne hernie étranglée, une chute sur l'abdomen, la gestation chez la femme, la suppression des lochies , etc, ; en un mot, tout ce qui peut occasionner une excitation assez forte sur le tissu séreux.
Symptômes. — Première période, — Lorsque
la membrane séreuse n'est encore le siège que d'nne simple irritation , ]a maladie se borne au dérangement de la sécrétion perspiratoire ; l'équilibre que la nature maintenait entre les exhalans et lesabsorbansse trouve rompu ; des collections séreuses plus ou moins abondantes se forment dans la cavité des membranes affectées, et constituent ce que les auteurs décrivent sous le nom d'hydropisies y en regardant ces épanchemens de . sérosité comme la maladie principale , tandis qu'ils ne sont que le symptôme d'une altération antérieure dans la membrane sécrétoire. Ces collections séreuses se manifestent par des signes bien différens suivant la partie qu'ils affectent.
1°. Dans F arachnoïde cérébrale. —Les auteurs donnent alors à cette maladie le nom à^hjdrocéphale ; on l'observe spécialement dans les premiers temps de la vie, soit chez le fœtus encore renfermé dans le sein de sa mère , soit chez l'enfant nouveau-né ; elle coïncide presque toujours avec l'altération scropbuleuse des os désignée sous le terme de rachitis,
Yolume considérable de la tête , et spécialement du crâne, souvent alors développement assez marqué des facultés intellectuelles. — Mais dans un espace de temps qui peut varier entre un mois et plusieurs années, le crâne offre progressivement une ampliation prodigieuse, avec écarte-
ment des sutures. — Le cerveau se déroule insensiblement ; ses circonvolutions s'effacent; il se convertit en une sorte de membrane médullaire contenant la sérosité, par l'intermédiaire de rarachnoïde. — Sa substance est comprimée par le fluide épanché qui devient chaque jour plus abondant : alors céphalalgies, vomissemens, surtout dans la station bipède ; affaiblissement notable des facultés intellectuelles, idiotisme.
Cetle marche n'est cependant pas constante ; ainsi Vésale rapporte l'observation d'un enfant qui, jusqu'au dernier instant, conserva l'usage libre et facile de son intelligence; et cependant à l'autopsie, on rencontra le cerveau réduit en une membrane mince et adhérente à la voûte crânien e.
Disproportion très-marquée entre le volume du crâne et celui de la tête, entre les parties supérieures et les inférieures; affaiblissement considérable dans tout le système musculaire ; convulsions, paralysies, chute de la paupière supérieure , dilatation des pupilles , larmoiement amaurose, etc.; chose remarquable, lors même que le mouvement est anéanti , le sentiment subsiste encore; enfin, le cerveau se trouve désorganisé , réduit en une bouillie blanchâtre, qui se dissout dans la sérosité, et lui donne le caractère lactescent qu'elle présente alors; le sujet devient acéphale. Cette