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sion d’urine plus ou moins complète, plus ou moins douloureuse et dangereuse. D’autres fois enfin, quoique plus rarement, l’écoulement supprimé produit tout d’un coup une surdité parfaite, ou une ophthalmiedes plus violentes, ou enfin les symptômes de la vérole les plus manifestes.
Cause excitante.
La cause excitante de la blennorrhagie syphilitique est toujours le virus spécifique appliqué à la membrane muqueuse, ou aux orifices des conduits excrétoires des glandes muqueuses de l’urètre , ou au gland chez les hommes , et à la surface interne des parties génitales chez les femmes. Il n’est pas toujours nécessaire, comme beaucoup de malades se l’imaginent , d’introduire la verge dans le vagin pour pouvoir gagner une chaude-pisse : le contact le plus superficiel de cette partie avec une personne infectée suffit quelquefois pour produire cet effet ; et je ne doute point qu’en allant aux commodités après un homme affecté de cette maladie , on ne s’expose à la gagner par le simple attouchement ou frottement du bout de la verge contre les parois sur un endroit où il y aurait du mucus imprégné de ce virus. Le fluide contagieux appliqué à quelques parties du corps d’une personne saine semble cependant agir avec plus ou moins de difficulté , selon la différence de structure , selon l’irritabilité plus ou moins grande de la partie, et même selon la constitution particulière de l’individu ; car nous voyons des personnes qui s’exposent
& tous les dangers de l’infection, sans être jamais atteintes d’aucun mal pendant toute leur vie. Peut-être l’action plus ou moins violente de ce virus dépendelle aussi quelquefois du degré plus ou moins grand de l’âcreté ou de la qualité du virus lui-même.
D’après mes propres observations et celles de plusieurs praticiens recommandables, il n’est pas vrai , comme quelques écrivains Font assuré, que la chaude-pisse ne se gagne jamais que d’upe personne actuellement affectée de cette même maladie. Une femme donne quelquefois une blennorrhagie sans qu’il y
ait la moindre apparence de ce mal chez elle.
Cause prochaine de la Blennorrhagie .
Le virus syphilitique, comme toutes les autres substances d’une qualité âcre, stimulante ou irritante, appliqué à la surface de la membrane muqueuse , ou aux orifices des glandes muqueuses, plus ou moins irritables, les irrite, en augmente la sécrétion, change en même temps la consistance et la couleur du fluide sécrété, et produit de la rougeur et de la chaleur avec une tension douleureuse dans la partie , c’est-à-dire une inflammation locale superficielle de la membrane muqueuse , nommée communément érysipélateuse ou érythémateuse ( Erythema ). Cependant, dans quelques cas plus graves , comme nous avons marqué ci-dessus , le virus produit une excoriation, ou même un véritable ulcère dans le canal de l’urètre , et l’écoulement est alors non-seulement muqueux, mais vraiment purulent. La matière qui s’é-
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coule par l’effet de l'irritation, participe toujours de la nature du virus syphilitique , et conséquemment elle est contagieuse.
Siège de la Blennorrhagie syphilitique.
Le siège de la blennorrhagie syphilitique dans les hommes , lorsqu’elle procède immédiatement d’un coït impur, est toujours placé à très-peu de distance de l’orifice de l’urètre, sous le frein, à cette partie de ce canal où l’on remarque une dilatation, nommée par les auteurs la fosse naviculaire. Là il ocupe les conduits excréteurs d’une ou de deux glandes muqueuses qu’on appelle, d’après le nom de celui qui les a découvertes, lacunœ mucosœ Morgagni. ( Voy. Adversaria Anatomica , in 4°. ) Toutes les blennorrhagies qui ont leur siège plus avant dans l’urètre , dans la courbure de la verge, dans le veru monta num , dans le col de la vessie, ou dans la vessie même, sont dues à un mauvais traitement, ou à quelque cause qui a arrêté ou supprimé l’écoulement primitif; ou bien elles doivent leur origine, soit à une cause interne , soit à une matière âcre déposée de la masse du sang.
Quelquefois, par le progrès naturel de la maladie , et plus souvent par les fautes commises par le malade, ou par l’effet des remèdes mal appropriés , l’irritation et l’inflammation sont sujettes à changer de place; elles occupent alors souvent, à la première courbure de la verge , l’orifice d’une glande muqueuse qui s’ouvre dans cet endroit; d’autres fois elles occupent
plus bas les orifices des conduits excréteurs des deux glandes , appelées du nom de celui qui les a découvertes, les glandes de Cowper. Quelquefois encore elles occupent , soit la protubérance qui couvre les orifices des vésicules séminales, et qu'on appelle le vcru-m o n ta n u m ou caput gallinaginis , soit les orifices de la glande prostate, qui s’ouvrent à l’entour du vera-rn o n tan uni : on les voit aussi occuper pins en arrière la glande prostate ou le col de la vessie même.
Dans le premier cas, la douleur et F ardeur en urinant se font sentir sous le frein ; dans le second , ces symptômes ont lieu à la première courbure de la verge ; dans le troisième, les douleurs et l’ardeur ont leur siège dans le périnée ; dans le quatrième, le canal déférent et l’épididyme sont affectés; dans le cinquième et le sixième, la douleur et les autres symptômes sont principalement sentis vers F anus; souvent alors il y a une suppression totale d’urine. Mais souvent aussi les douleurs et autres symptômes d irritation dans les parties postérieures de l’urètre sont purement et entièrement sympathiques, et proviennent du violent degré d’inflammation dans la fosse naviculaire , sans que la maladie ait changée son siège originel.
Dans quelques cas , à la vérité bien plus rares , le virus ou la matière contagieuse ne pénètre pas pendant le coït dans l’urètre ; mais appliqué au bout de la verge, il se fixe à la couronne du gland, et en y irritant les conduits excréteurs des glandes sébacées , produit un écoulement qu’on a nommé gonorrhée
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du gland , et que j’appelle Blennorrhagie du gland { B le nnorrhagia baiani ).
Je parlerai , dans le chapitre suivant , du siège r des symptômes et des progrès de la blennorrhagie syphilitique dans les femmes.
Les praticiens modernes ont bien observé que dans les soi-disant gonorrhées virulentes des femmes , il n’y avait presque jamais, ou du moins très-rarement , des ulcères aux parties affectées : il était donc bien naturel d’en conclure qu’il n’y en avait pas non plus dans la même maladie chez les hommes. Mais le préjugé général , contraire à cette opinion , était si enraciné dans la tête des praticiens, que , ni cette analogie , ni les conclusions tirées de la dissec-, tion de plusieurs cadavres par le célèbre Morgagni ( i )f ne pouvaient vaincre l’opinion que partout où il y a écouîernent de matière puriforme, il y a un ulcère. Une observation directe et précise du feu docteur Stoll démontre évidemment le contraire. En ouvrant
(i) Dans le livre de Morgagni, de Sedibus et causis morborum T j*i instructif à tous égards, nous trouvons les observations de plusieurs dissections de cadavres d’hommes qui, durant leur vie, avaient essuyé plusieurs blennorrhagies. Dans un grand nombre , on n’a pas meme trouvé la moindre cicatrice à l’urètre ; on a vu , dans ceux qui étaient morts après avoir beaucoup souffert des suites de cette maladie , des rétrécissemens d’une ou de plusieurs parties de l’urètre, plus rarement des excroissances ou protubérances dans ce canal , quelquefois des ulcères, quelquefois des cicatrices d’anciens ulcères , ou l’oblitération des conduits des glandes muqueuses, la glande prostate fongueuse ou squirreuse j enfin la yessie même attaquée ou altérée dans sa structure.
dans toute sa longueur l’urètre d’un homme mort dans F hôpital , pendant qu’il était attaqué de ce qu’on appelle une chaude-pisse vénérienne , on trouva la surface interne plus rouge que dans l’état naturel ; deux des vaisseaux lymphatiques étaient blancs et si enflés, qu’ils étaient devenus visibles à l’œil nu; une matière puriforme suintait à travers la membrane interne de l’urètre, particulièrement dans la fosse naviculaire , où était le siège de la maladie ; mais il n’y avait pas la moindre apparence d’ulcère ou même d’excoriation. Plusieurs praticiens qui ont les progrès de l’art autant à cœur que moi , ont confirmé ce fait par des dissections de cadavres , et ont vu les mêmes effets du virus dans le même endroit ou plus avant dans l’urètre.
De tout ce que je viens de dire, je crois pouvoir avancer avec assurance , comme des faits positifs , les points suivans :
i°. La blennorrhagie de l’urètre est une inflammation locale , qui, par conséquent, n’affecte que
rarement le système entier.
2°. C’est une erreur de croire que F écoulement provient d’un ulcère dans l’urètre. Sur dix ou vingt blennorrhagies venant à la suite d’une copulation contagieuse, il n’y en a peut-être pas une où il se trouve un véritable ulcère. La maladie est simplement une inflammation superficielle de la membrane muqueuse qui tapisse l’intérieur du canal de l’urètre, ou des orifices excrétoires des glandes mu» queuses de l’urètre chez les hommes, ou de la mem-
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forane interne des grandes lèvres , des nymphes ou du vagin chez les femmes. On peut comparer cernai assez exactement à l’inflammation qu’éprouve dans les rhumes ou dans les catarrhes la membrane muqueuse du nez ou des poumons.
3°. La matière de l’écoulement, quoiqu’en apparence purulente, n’est jamais, dans les cas ordinaires de cette maladie, un véritable pus , moins encore du sperme ou de la semence corrompue, comme plusieurs médecins et beaucoup de malades se l’imaginent. Nous voyons, d’après ce qu’on vient de dire dans le chapitre I , que Serapion et tous les autres auteurs anciens, principalement les Arabes, ont raisonné sur cet objet à peu près comme presque tous les médecins de l’Europe raisonnaient encore il y a quarante ou cinquante ans. Voyant un écoulement d’une matière puriforme , par l’urètre , ils ont constamment supposé, et prononcé sans hésiter, que cette matière était de la semence corrompue , ou du véritable pus provenant des ulcères internes de l’urètre. Cependant ce n’est généralement que du mucus sécrété en plus grande quantité que dans l’état natu-
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rel, et altéré dans sa couleur et dans sa consistance par le virus âcre appliqué à ces parties , précisément comme cela arrive avec le mucus sécrété du nez pendant ce qu’on appelle un rhume de cerveau. Ce fait établi , on ne sera plus surpris si , après une évacuation aussi abondante que celle qu’on observe souvent dans les chaude-pisses , les malades , au bout de plusieurs semaines ou mois , se trouvent si peu af-
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faiblis. Car si la matière évacuée était du vrai pus ou de la semence, nous trouverions certainement que la constitution et les forces seraient , dans les blennorrhagies en général , bien plus essentiellement altérées.
4°. J’ai dit , pour caractériser la nature spécifique de la blennorrhagie syphilitique , et pour la distinguer avec plus de précision de toutes les blennorrhagies provenantes des autres causes, que cet écoulement est produit par une irritation que le virus syphilitique exerce sur la partie affectée.
Comme ces différentes assertions sont de la plus grande importance pour les malades aussi bien que pour les praticiens, et qu’elles ont été révoquées en doute par plusieurs auteurs modernes , il me paraît nécessaire d’approfondir cet objet , d’autant plus que tout ce que j’ai avancé se trouve confirmé par des raisonnemens très-solides , et par un grand nombre de faits nouveaux que je vais exposer ici.
11 y a des théoriciens qui ont nié que les blennorrhagies provenantes d’une cohabitation impure fussent produites par le virus immédiatement appliqué à la cavité de l'urètre ; ils ont soutenu que le virus était absorbé par les vaisseaux lymphatiques du gland , pour être ensuite déposé à la fosse ' naviculaire sous le frein. Je réponds que, si une pareille absorption avait réellement lieu , nous ne manquerions pas d’observer souvent des blennorrhagies originelles ou primitives dont le siège serait plus en arrière dans la cavité de l’urètre; au lieu qu’on n’en a peut-être pas un exemple. J’ai observé constamment que le siège
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des e coule mens qui viennent à la suite d’une cohabîtation ou d’un contact immédiat , était toujours 9 dans l’origine, dans les lacunes muqueuses de Morgagni, sous le frein; et que celles qui se trouvaient avoir leur siège à la courbure de la verge , ou plus en arrière dans le canal de l’urètre , dans les glandes de Cowper, etc., n’occupaient jamais, d’après des observations bien précises et multipliées r ces dernières places au commencement de la maladie , ou bien provenaient d’une cause interne. Ce qu’on dit de l’impossibilité de cette application immédiate du virus à l’intérieur de l’urètre , parce que §on orifice , étant exactement fermé pendant l’érection , ne peut par conséquent en permettre l’introduction , ne paraît fondé que sur une théorie vague et illusoire. Il est donc plus probable que la blennorrhagie qui vient à la suite d’un coït ou contact impur, est due à un virus ou à une matière âcre, appliquée immédiatement à l’orifice de l’urètre, d’où il est après absorbé, ou, si je puis m’exprimer ainsi, pompé pendant le coït dans la cavité de l’urètre jusqu’à la fosse naviculaire , où il rencontre les premières glandes muqueuses.
Le second point que je veux combattre est l’hypothèse avancée en dernier lieu , sur la nature de la blennorrhagie ou gonorrhée virulente , par quelques auteurs anglais. Voyant que des écoulemens des parties génitales avaient quelquefois lieu sans la moindre probabilité, ou même dans l’impossibilité d’une injection syphilitique, ils ont prétendu que le virus qui produit la gonorrhée n’était pas le même que celui
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qui produit les chancres ou la vérole, et que le virus ou cette matière âcre qui produit les chaude-pisses , est généralement et toujours d’une nature différente du virus syphilitique; en un mot, ils ont soutenu qu’il n’y a pas de gonorrhée syphilitique ou vénérienne proprement dite , et que par conséquent l’existence d’une blennorrhagie syphilitique n’était fon^ dée qu’en théorie. Pour confirmer ce raisonnement, ils prétendent que le virus qui cause les chaude-pisses ne produit jamais' ni chancres, ni aucun symptôme syphilitique dans la masse générale , et que la Blennorrhagie syphilitique est par conséquent une maladie imaginaire.
Je réponds à cela que, quoiqu’il ne soit pas trèsfréquent de voir des chaude-pisses produire la vérole , il n’est cependant pas très-rare , surtout dans les grandes villes, de voir des blennorrhagies suivies des symptômes de la vérole. J’en ai vu certainement plusieurs exemples où des ulcères à la gorge et d’autres symptômes évidens de la vérole ( syphilis ) se sont manifestés dans le corps à la suite d’une blennorrhagie, sans qu’il y ait eu la moindre apparence de chancres ni aux cuisses ni aux parties génitales ; et je ne doute pas que beaucoup de praticiens attentifs n’aient dû observer la même chose. Ces accidens s’observent principalement après des blennorrhagies dont les symptômes sont plus violens que de coutume , ou dans lesquelles la surface affectée était d’une grande étendue. Par cette dernière raison , F infection générale du corps a lieu plus souvent chez les fem-
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mes que chez les hommes ( i ). Et dans toutes les blennorrhagies syphilitiques accompagnées d’ulcères dans le canal de l’urètre, je n’ai vu que trop souvent des symptômes évidens de la vérole dans la gorge et même dans les os. Ce qui fait que les symptômes de syphilis se manifestent si rarement après les blennorrhagies syphilitiques, c’est qu’en général , dans ce cas, le virus syphilitique étant appliqué à l’urètre n’y produit qu’une inflammation superficielle , et y cause rarement des ulcères qui donnent lieu à l’absorption du virus dans la masse du sang. En effet, la membrane muqueuse de ce canal est défendue par une grande quantité de mucus, dont la sécrétion est encore augmentée à un degré considérable quand ces parties se trouvent exposées à une irritation quelconque : or, tant que le mucus est sécrété aussi abondamment, le virus est fort délayé, les parois de l’urètre sont défendues, et par conséquent la formation d’un ulcère empêchée. Mais si cette sécrétion vient à être diminuée , soit par la violence de l’inflammation , soit par toute autre cause, telles que des injections ou des remèdes contraires à la maladie, je soutiens, d’après des observations répétées, que sur dix cas pareils, il y en aura neuf dans lesquels l’excoriation ou l’ exulcération de l’urètre s’ensuivra , et produira la
(i) J’ai traité bien des femmes qui, sans avoir jamais eu de chancres , ont eu à la snite de blennorrhagies violentes des ulcères syphilitiques aux amygdales ou autres symptômes véroliques, et ont été guéries par l’usage interne du mercure : j’ai vu arriver la même chose chez les hommes»
DES, PARTIES GÉNITALES. l3 J
vérole aussi certainement que peuvent la produire les ulcères syphilitiques situés en tout autre endroit du corps.
Si entre le prépuce et le gland il y avait une sécrétion de mucus aussi abondante que dans l’urètre, les ulcères y seraient tout aussi rares quais le sont dans l urètre. Dans le cas où le virus syphilitique occupant la couronne du gland y excite une sécrétion du mucus plus abondante qu’à l’ordinaire, on n’y observe point d’ulcère, mais bien une tumeur considérable, accompagnée d’un écoulement copieux du mucus puriforme, et semblable à celui qui a lieu dans les blennorrhagies de l’urètre. C’est d’après cette ressemblance qu’on a donné à cette maladie le nom de fausse gonorrhée, auquel j’ai substitué celui de Blennorrhagie du gland.
La même chose s’observe chez les femmes, et par la même raison elles ont rarement des ulcères dans le vagin, qui se trouve toujours abreuvé de mucus; maïs elles en ont plus souvent aux nymphes , et trèsfréquemment aux grandes lèvres.
Les partisans de cette opinion soutiennent aussi d’après les mêmes principes, que le virus de la gonorrhée ou chaude pisse ne produit jamais de chancres, et que le virus desv chancres ne produit jamais de chaude-pisse. D’après cette assertion , iis prétendent qu’une personne qui a des chancres ne communique que des chancres ; et celle qui a la chaude-pisse ne peut communiquer que cette dernière maladie. Je ne disconviens pas que cela n’arrive souvent ainsi,
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mais des observations fréquentes m’ont prouvé également que cette assertion est bien loin d’être généralement fondée. Je connais beaucoup de cas où des malades affectés de chaude-pisse, sans aucun ulcère, communiquaient des chancres, et réciproquement. 11 n’arrive malheureusement que trop souvent qu’une prostituée, attaquée d’une maladie syphilitique aux parties génitales, donne à un homme la chaude-pisse, à un autre des chancres , et à un troisième tous les deux à la fois. Souvent les chancres paraissent dans le cours ou vers la fin de la blennorrhagie ; quelquefois la blennorrhagie survient aux ulcères, et même après que ces derniers sont guéris; d’autres fois enfin, et ces cas ne sont nullement rares, on les voit paraître l’un et l’autre à la fois.
Un autre fait semble encore démontrer cette vérité : c’est que si un homme attaqué de la chaudepisse ne prend pas soin de tenir le gland et le prépuce bien propres , il lui survient très-souvent , même quelque temps après que l’écoulement est considérablement diminué, il lui survient, dis-je, des chancres ou ulcères syphilitiques qui, à la fin, produisent des bubons ou d’autres symptômes véroliques dont on ne peut raisonnablement rapporter la cause qu’à la même matière qui a produit la chaude-pisse. C’est là une des principales considérations qui, dans tontes les blennorrhagies , nous doivent faire insister sur le précepte d’entretenir exactement la propreté du gland et du prépuce.
Les observations que je viens de faire sont conftr-
ruées par une expérience directe du docteur Harris son , qui , par son génie et par ses essais, a si bien mérité de cette branche de Fart qui fait ie sujet de ce traité. Ayant introduit dans l’urètre la matière prise d’un ulcère syphilitique du gland , il a produit par ce moyen une blennorrhagie.
Je sais bien que Hunter , dans son Traité sur la maladie vénérienne publié à Londres et traduit en français, a nié ces faits, et qu’il a mis en doute la possibilité que la matière d’une blennorrhagie , ou des chancres même, prise et appliquée sur un autre endroit du corps du même malade , produisît jamais d’ulcères. Le même auteur attribue, d’après ce même principe, la chaude-pisse et les chancres qui attaquent à la fois la verge du même homme, à deux poisons ou acrimonies de nature différente. Mais je dois regarder ces assertions comme hasardées, tant qu’on ne les aura pas appuyées sur des faits et des observations exactes et répétées. «
Pour prouver que le virus qui produit la chaudepisse n’est pas ie même que celui qui donne la vérole, l’on a aussi avancé que le mercure ne contribuait jamais à la guérison de la chaude-pisse, et que toutes les chaude-pisses pouvaient se guérir sans employer le mercure.
Je conviendrai qu’il est vrai et constaté par des faits bien avérés, que non seulement beaucoup de chaude-pisses se guérissent, mais que la plupart peuvent se guérir et devraient même être traitées sans mercure. J’en ai des centaines d exemples bien cons-