CHÀP. III. DES BLENNORRII. DES PART. GÉN
litiques, aux parties génitales de l’homme qui les voit.
Les autres écoulemens locaux des femmes, appartenant au genre de la blehnorrhée , exigent le traitement indiqué dans le chapitre suivant.
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CHAPITPiE IV.
De la Blennorrhèe des parties génitales .
Par le nom de blennorrhèe ( Blennorrhœa ), que j’ai substitué à celui de gonorrhée habituelle ou bénigne , communément adopté , j’entends un écoulement maladif d’une matière puriforme , ou d’un mucus clair et limpide par l’urètre chez les hommes , et par Forifice du vagin chez les femmes , sans aucun symptôme inflammatoire , c’est-à-dire , sans douleur, et sans ardeur en urinant.
Cet écoulement est donc distingué, comme je l’ai déjà dit dans le chapitre précédent, par le nom de
blennorrhèe ( muci-fluxus passions , c’est-à-dire, écoulement sans symptômes phlogistiques), de la blennorrhagie ( muci-fluxus activas , ou écoulement accompagné de symptômes phlogistiques ) , ainsi que de l’écoulement de véritable semence , ou gonorrhée proprement dite.
La blennorrhèe se trouve décrite dans les auteurs latins , sous les dénominations vagues et impropres de gonorrhœa benigna , gonorrhœa non virulenta , go norrhœa inveterata ; et chez les femmes sous le nom de fleurs blanches; leucorrhœa sçu fluor alb us ; fluor albus benignus). Celle qui vient à la suite de la blennorrhagie syphilitique , chez les hommes , est désignée généralement , dans les auteurs anglais , sous le nom de gleet.'
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Après que la blennorrhagie , chez les hommes on chez les femmes, a duré quelque temps , les symptômes inflammatoires, tels que la chaleur , la douleur qui accompagnent l’érection et Fardeur d’urine, diminuent peu à peu, disparaissent enfin; et quelquefois l’écoulement cesse en même temps au bout de trois, quatre, six ou huit semaines. Telle est du moins la terminaison la plus simple et la plus ordinaire de la maladie. Mais il arrive plus souvent , surtout quand on a continué trop long-temps l’usage des remèdes mucilagineux , et une diète trop sévère, il arrive souvent, dis-je, que les symptômes inflammatoires diminuent ou disparaissent peu à peu, en laissant après eux un écoulement d’une matière puri forme communément moins abondante ou une matière plus épaisse et blanchâtre. Cette matière file entre les doigts, et ne tache» plus les linges si profondément, et* même les taches séchées disparaissent entièrement par le frottement. iC autres fois , la matière consiste dans une mucosité limpide et claire. Cet écoulement , abandonné à la nature, continue souvent avec opiniâtreté pendant des mois et même des années , sans aucun autre mauvais symptôme , si ce n’est que dans quelques cas il est si considérable, qu’il affaiblit sensiblement la constitution du malade, et surtout sa faculté d’engendrer.
Dans d’autres cas , l’écoulement , après avoir disparu pendant quelques jours, quelques semaines , ou même quelques mois, commence à reparaître , soit après le coït ou un exercice un peu violent , soit après
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une débauche de table. La même chose arrive aussi très-souvent , si le malade qui faisait usage des injections ou des médicamens internes pour guérir cette maladie , voyant l'écoulement presque disparu, commence à en faire usage avec moins d’exactitude et de régularité , ou même les abandonne tout-à-fait. Dans tous ces cas , l’écoulement se renouvelle très-fréquemment avec grande abondance , prend une couleur jaunâtre , et devient à la lin très-opiniâtre.
Enfin , s’il- est resté , après la blennorrhagie, soit un ulcère dans quelque partie de l’urètre , soit une érosion des orifices de la glande prostate on des vésicules séminales , l’écoulement muqueux est mêlé. du vrai pus ou matière purulente , et devient même quelquefois ichoreux. C’est une espèce de Pyorrhagia de l’urètre, qui est toujours accompagnée' de plus ou moins de dysurie. Dans d’autres cas, les sphincters des orifices de la glande prostate sont simplement affaiblis, et l’écoulement est clair, muqueux, continuel et abondant , accompagné d’une odeur nauséabond e très-particulière. Quelquefois l’écoulement de cette humeur a seulement et principalement Heu quand le malade va à la selle, et que les exe rémens durcis, en passant par le rectum , pressent plus fortement la glande prostate. Si les sphincters des orifices des vésicules séminales sont affectés de cette manière, l’écoulement est mêlé d’une véritable semence ; et c’est alors une gonorrhée proprement dite (Sperrnacrasia Nosol. meihod ). Dans tous ces cas, l’état de santé est plus ou moins altéré , et le malade porte dans sa physio-
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nomie des symptômes e'videns d’un affaiblissement général qui mine sa constitution , et à la fin lui devient fatal.
La blemnorrhée a son siège dans le même endroit que la blennorrhagie qui l’a précédée , c’est-à-dire, généralement et: communément, dans la fosse navicuiaire sous le frein ; et dans d’autres cas , dans les différentes parties de l’urètre mentionnées dans le chapitre précédent.
La cause prochaine de la blennorrhée est donc un affaiblissement ou des sphincters des orifices excrétoires des glandes muqueuses , ou des vaisseaux de la membrane muqueuse des parties génitales qui paraissent avoir perdu la faculté de se contracter comme
ils sont accoutumés de faire dans l’état de santé.
Mais cette cause est aussi quelquefois une érosion ou exulcération dans les mêmes parties , accompagnée toujours d’une sécrétion de pus et de mucus plus abondante que dans l’état de santé.
' Les causes excitantes ou occasionnelles de la blennorrhée s’ont : i°. Une blennorrhagie quelconque précédente (voy. les différentes espèces de blennorrhagies , chapitre précédent ) , principalement si elle a été négligée ou traitée par des remèdes contraires, et surtout si elle a été accompagnée de symptômes v*iôlens d’inflammation , d’hémorrhagie , d’ulcère , etc. 2°. Un défaut de propreté des parties génitales, surtout dans les pays chauds. 3° La masturbation. 4°. L’abus du coït par des personnes délicates et faibles ou très-irritables. 5°. Une tumeur squirreuse ou cxcrois-
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sanee fongueuse de la glande prostate ou de quelque autre petite glande dans le canal de Furètre: 6°. Une irritabilité extraordinaire ou quelque autre maladie de la vessie urinaire. 70. Des bords calleux d’un ulcère, ou des bandes allant d’un ulcère à l’autre dans la cavité de Furètre , lesquelles laissent en bas un ulcère caché ; 8°. Un rétrécissement dans un ou plusieurs endroits du canal de Furètre. Il faut souvent , pour découvrir cette cause , appliquer une bougie. L’écoulement provenant de cette source résiste à tous les remèdes , et cesse de soi-même après que le rétrécissement est guéri par le moyen des bougies. 90. Des hémorrhoïdes muqueuses, qui ont pris leur route par les vaisseaux des parties génitales de l’un ou de l’autre sexe. io°. Chez les femmes , une vie sédentaire et l’usage habituel d’un table somptueuse ; l’usage des vapeurs d’eau, ou la chaleur des chaufferettes. Quelquefois aussi l’écoulement provient d’un polype , ou d’un ulcère dans la matrice ou dans le vagin , ou bien des acarides dans le rectum ou dans le vagin même.
D’après ce que je viens de dire, la blennorrhée se divise naturellement en deux espèces principales. La première , la blennorrhée simple , provenant d on relâchement de la membrane muqueuse ( Blennor rhœa asthenica) ; la seconde, la blennorrhée compliquée ou ulcéreuse ( Blennorrhœa ulcerosa ) , qui varient l’une et l’autre d’après le siège , la nature et
la cause de la maladie.
Les symptômes les plus remarquables qui indiquent quelque ulcère dans Furètre sont : i°. La ma-
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îière teinte de filets de sang, ou la sortie du sang pur pendant la blennorrhagie , mais plus particulièrement après que la violence de l’inflammation est calmée. 2°. L’écoulement d’une matière vraiment purulente ou ichoreuse , mêlée avec le mucus en plus ou moins grande quantité. 3°. Une douleur circonscrite dans une partie de l’urètre , qui devient plus sensible lorsqu’on introduit une bougie , ou qu’on presse l’urètre extérieurement à l’endroit qui en est le siège. 4Ü- Une douleur aiguë dans un endroit particulier de l’urètre , surtout au moment du passage de la dernière goutte d’urine, ou lors de l’émission de la semence. Notre jugement sur l’existence d’un ulcère sera confirmé , si les symptômes de l’inflammation qui a précédé ont été très-violens ; si le malade s’est mal soigné ou a été mal traité , ou, comme je l’ai vu quelquefois , si l’urètre a été blessé par une application maladroite de la seringue à injections, ou par des sondes, pendant la période inflammatoire.
il est important pour le praticien , de distinguer lablennorrhéedont nous parlons principalement dans ce chapitre, i° de la blennorrhagie, ou écoulement accompagné de symptômes inflammatoires plus ou moins violens; 2°. de la gonorrhée proprement dite, ou écoulement maladif de semence , diurne ou nocturne; 3°. de l’écoulement excité dans les femmes par une faiblesse ou une irritabilité particulière du système de la matrice , causée par un usage immodéré des plaisirs de l’amour , ou par une fréquente masturbation ; 4°. de l’écoulement séreux qui précède et
qui suit souvent les règles; 5°. de l’écoulement muqueux et séreux , auquel beaucoup de femmes enceintes sont sujettes; 6°. de l’écoulement appelé fleurs blanches (Leucorrhœa) , qui doit son origine surtout à une indisposition générale du corps, produite par une vie sédentaire et luxurieuse : cette maladie participe souvent du caractère de la goutte ; 70. de l’écoulement produit par quelque autre vice , ou par une matière âcre quelconque , herpétique , scorbutique ou autre, déposée de la masse du sang, et évacuée par les orifices des vaisseaux utérins, écoulement dépourvu fréquemment de symptômes imfiammatoires et devenu habituel , quoique dans quelques cas la matière en soit si âcre qu’elle produit des excoriations aux parties génitales et aux cuisses; 8°. de l’écoulement muqueux produit par les vaisseaux hémorrhoïdaux , qui communiquent avec la vessie ou avec les parties génitales; 90. de l’écoulement âcre ou ichoreux provenant d’un ulcère phagédénique , ou d’un véritable cancer au vagin ou à la matrice ; io°. de l’écoulement qui a lieu dans les excroissances condylomateuses ou polypeuses du vagin ou d’une excroissance fongueuse.
On voit, parce que je viens de dire , que la plupart des blennorrhées ne sont que des maladies symptomatiques , et leur guérison est par conséquent subordonnée à un traitement. approprié à la maladie principale.
On voit aisément , par des observations précédentes sur la nature , les causes et le siège des blennorrhées ,
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que , selon la place qu’elles occupent , le temps qu’elles ont duré , et la cause qui les a produites , leur guérison devient plus ou moins difficile.
Les blennorrhées qui suivent une blennorrhagie simple, ne sont de même qu’une simple maladie locale. Elles me paraissent exactement semblables à l’écoulement du mucus puriforme et épais qui a encore lieu après que les symptômes inflammatoires d’un rhume de cerveau ( Coryza ) sont dissipés. Mais, dans les écoulemens qui restent après une blennorrhagie syphilitique violente ou mal traitée , ou compliquée d’une excoriation ou d’une exulcération de l’urètre , le virus est communément absorbé , et par conséquent donne lieu à une infection syphilitique gé-
nérale.
Les blennorrhées ou écoulemens habituêls des hommes, qui ont leur siège à la fosse naviculaire dans les lacunes de Morgagni , à peu de distance de l’orifice de l’urètre, sont les plus faciles à guérir. Celles qui ont leur siège dans quelque glande du canal de l’urètre , ou qui sont plus avant dans la glande prostate, sont beaucoup plus opiniâtres. Plus il y a de temps qu’lire blennorrhée dure , plus elle se montre opiniâtre aux remèdes. Celles qui tirent leur origine d’un ulcère dans l’urètre, celles qui doivent leur source , soit à l’érosion des canaux excrétoires des vésicules séminales ou de ceux de la glande prostate , soit à un ulcère du col de la vessie ou de la vessie elle-même, sont les plus difficiles à guérir. En général , plus le siège des blennorrhées est en avant dans
l’urètre , plus elles sont sujettes à être accompagnées ou suivies de rétrécissemens de ce canal, de dy suries , de suppressions d’urine , et plus aussi elles sont opiniâtres et dangereuses.
Méthode curative .
Toutes les fois que nous sommes consultés pour une blennorrhée, notre premier soin doit être d’examiner, i°. si la maladie doit son origine à une blennorrhagie précédente; 20. quel endroit de l’urètre ou de la vulve est le siège de la maladie; 3°. si c’est un simple relâchement des vaisseaux de la surface sécrétoire de l’urètre ou du vagin , etc. , 4°. ou si elle est accompagnée d’une excoriation ou ulcère; 5°. si elle est compliquée avec un gonflement de quelque glande dans le canal de l’urètre, ou avec une maladie de la glande prostate; 6°. si le canal est parfaitement libre , ou s’il y a un rétrécissement dans quelque endroit de l’urètre; 70. enfin, si la maladie est entièrement locale , ou si elle est accompagnée des symptômes d’une vérole répandue dans le système du corps.
Lorsque la maladie est purement locale , et dépend d’un simple relâchement de la membrane muqueuse, le meilleur remède est en général la résine liquide , qu’on appelle communément baume de Copahu y seule ou mêlée avec une petite portion d’éther alcoolisé, ou d’acide nitrique alcoolisé. Dans d’autres cas , l’infusion de quinquina dans du vin rouge , mêlée d’eau, est préférable. Four la méthode d’admi-