CHAP. IV. DE LA BLENNORRHÉE
nistrer ces remèdes , voyez plus bas à la fin de ce chapitre.
Dans les cas où , par des raisons particulières , on préfère se servir de topiques, j’ai employé avec succès le sulfate de zinc dissous dans l’eau , mêlé avec un peu d’eau camphrée, et injecté cinq à six fois par jour. Les solutions de sulfate de cuivre , d’acétate de plomb on d’alun , dans l’eau , ont été recommandées pour le même usage. ( V oy. Ph. Syph. ) Dans quelques cas , les bains froids locaux et les astringens , tels qu’une décoction d écorce de chêne, de racine de tormentille avec un peu d’alun , une infusion de thé ou de gomme-résine de Pterocarpus-Kino, ou simplement du vin rouge , employés en injections, sont très-utiles. Dans les cas opiniâtres , les bains de mer produisent quelquefois une guérison radicale. Dans tout cas il faut, pendant le traitement de la blennorrhée , prévenir le malade d’éviter tout ce qui peut irriter les parties à l’extérieur et à rintérieur, comme le poivre , les ragoûts , etc. , et de tenir le ventre libre.
Si la maladie est compliquée avec une infection générale , comme cela arrive surtout lorsqu’il y a une exulcération dans l’urètre ou dans le vagin, on travaillerait en vain à guérir l’écoulement avant d’avoir purifié la masse générale ; et si on parvenait même à le faire cesser, il reviendrait bientôt après, ou des symptômes véroliques nous obligeraient d’avoir enfin recours au mercure. Après avoir administré le mercure , ou pendant son usage , on se ser-
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vira avec avantage d’une dissolution d’oxi-mmiate de mercure et d’oxide de plomb dans le vinaigre , délayée avec une quantité suffisante d’eau , et injectée deux ou trois fois par jour.
Je ferai ici, au sujet des injections en général , tant pour les blennorrhagies que pour les blennprrhées, quelques observations essentielles, dont la négligence peut quelquefois nous faire échouer dans le traitement , quoique nous ayons employé les meilleurs remèdes. La seringue dont on se sert pour cet effet doit avoir une canule courte, conique , et d’une grosseur proportionnée , de manière que son bout , mais non pas plus que son bout, entre dans l’orifice de l’urètre. Il résulte des canules minces et longues dont on se sert souvent, deux inconvéniens considérables. Le premier est qu’avec une petite canule, surtout si elle n’est pas bien lisse , le malade se blesse facilement l’intérieur de l’urètre, s’expose par ce moyen à F exulcération de cette partie , et par conséquent à l’absorption du virus. Le second est que le liquide injecté, au lieu d’avancer dans la cavité de l’urètre, reflue par les cotés hors de son orifice. Le corps de la seringue doit être un cylindre parfait, et le piston doit y jouer exactement ; car si le piston ne remplit pas exactement le corps de la seringue, quand même le point de la canule serait assez grand pour boucher parfaitement l’orifice de l’urètre, la liqueur regorge encore entre le piston et la seringue, au lieu d’entrer dans l’urètre : et ainsi le malade peut s’imaginer qu’il a injecté la liqueur comme il faut , tandis qu’il