Î2 CHAP. IV. DE LA ELENNORRHEË
n’en est peut-être pas entré une goutte dans Furètre, ou qu’il n’en est entré qu’une très-petite quantité.
Mais quoique la seringue soit faite de la manière la plus convenable , et qu’on ait donné aux malades les instructions les plus exactes , ils exécutent trèssouvent l’opération d’une façon si [maladroite que l’injection ne produit aucun bon effet. 11 faut donc , lorsqu’on s’est procuré une bonne seringue, en appliquer exactement la canule dans l’orifice de l’urètre , en sorte que, par sa forme conique, elle interdise au liquide tout passage entre elle et les parois de l’orifice de l’urètre. Si la maladie occupe le siège ordinaire des blennorrhagies, c’est-à-dire, la fosse naviculaire précisément au-dessus du frein, il faut que le malade soitattentif à injecter une très-petite portion, et à comprimer d’une main l’urètre, à la première courbure de la verge, où commence le scrotum , pendant qu’il tient et ménage la seringue avec son autre main. Il poussera alors doucement dans le corps de la seringue le piston ( qui, tout en s’appliquant exactement aux parois, doit néanmoins y glisser avec facilité ), jusqu’à ce qu’il sente l’urètre légèrement dilaté. Il gardera ainsi le liquide injecté pendant une minute ou deux, et répétera la même opération deux ou trois fois de suite. Lorsqu’on pousse inconsidérément ou trop long-temps le piston , la distension et l’irritation de l’urètre qui en résultent font souvent plus de mal que l’injection ne peut faire de bien.
Dans les injections où une partie des ingrédiens est sujette à se précipiter , il est nécessaire de bien
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agiter la liqueur , avant de l’injecter. Dans tous les cas, avant de faire l’injection, le malade doit toujours essayer d’uriner.
Une autre observation importante que j’ai à faire, c’est que les jeunes gens qui ont des écoulemens habituels , après avoir fait usage des injections ou des médicamens internes pendant quelque temps et se trouvant mieux, deviennent moins attentifs, et les négligent quelquefois tout-à-fait pendant une demijournée , ou une journée entière. Cette omission a presque toujours des conséquences fâcheuses. L’écoulement revient fort souvent avec une double force ; et j’ai vu plusieurs exemples ou l’écoulement a augmenté au point même qu’on l’aurait pris pour une nouvelle maladie. La rechute est alors souvent plus obstinée que la maladie primitive * et le malade est obligé de continuer les mêmes remèdes pendant plus de semaines qu’il n’aurait peut-être fallu de jours pour achever la guérison , s’il n’eût pas interrompu l’usage de ce remède. Quelquefois il faut même changer les remèdes entièrement pour obtenir une guérison radicale.
Afin de prévenir tout danger de rechute, il est prudent , et j’ordonne toujours à mes malades , de faire les injections trois, quatre et même six fois par jour , si les circonstances le demandent , pendant que l’écoulement dure; et de continuer de même deux ou trois fois par jour régulièrement encore , au moins dix à quinze jours, après que tout écoulement a en-