‹ Traité complet sur les symptômes, les effets, la nature et le traitement des maladies syphilitiquesChapitre 22 sur 52 · CHAP. IV. DE LA BLENNORRHÉE · texte numérisé non relu

CHAP. IV. DE LA BLENNORRHÉE

degrés à la mort , si le malade a différé , comme cela n’arrive que trop souvent , à consulter un médecin éclairé , ou que les moyens convenables n’aient pas été employ és à temps.

Ce traitement exige souvent tous les talens d’un médecin habile. Les remèdes les plus efficaces sont les bains froids , les injections avec des oxides ou des sels métalliques, les fomentations avec la ciguë , les vésicatoires au périnée , une veste de flanelle pendant la saison humide et froide, et intérieurement des médicamens fortifions , avec un régime choisi. Pour calmer l’irritation , le remède le plus propre est l’extrait d’opium aqueux ou le suc épaissi de hyoscyamus niger. ( V oyez aussi chapitre XI. )

La vraie gonorrhée ( spermacrasia seu gonorrhœa proprie sic dicta ) , est un écoulement ou une émission morbifique de la semence ou de la liqueur spermatique fréquente, affaiblissante, avec ou sans une sensation voluptueuse ( seminis excrelio frequens / involuntaria , débilitons). On comprend généralement sous ce genre les pollutions nocturnes ou diurnes , accompagnées ou non de sensation libidineuse , avec une érection faible ou incomplète , ou même sans érection de la verge ni désir vénérien. Le docteur FJ ichman a bien traité ce sujet dans un petit ouvrage, de Pollutione diurnâ , 1*782.

Ces écoulemens habituels , qui proviennent, soit d’une faiblesse ou d’un relâchement , soit quelquefois d’une trop grande irritabilité des testicules, des vaisseaux déférais , ou des vésicules séminales , et

DES PARTIES GÉNITALES. 2oJ

leurs canaux excrétoires , exigent un traitement très-» attentif et très-prudent; autrement le malade devient la victime de cette espèce de consomption qu’Hippocrate a déjà décrite sous le nom de Tabes dorsalis. Comme le traitement de cette maladie n’entre pas dans le plan de ce traité , j’observerai seulement ici en général que , pour obtenir une guérison , il faut fortifier le malade, non pas tout d’un coup, mais peu à peu, par des remèdes internes et externes, et avoir soin principalement de diminuer l’irritabilité des parties. Il faut qu’il s’abstienne et revienne par degrés de ses habitudes dangereuses. J’ai vu des cas où on fut obligé de lier les mains des malades par un bandage pendant la nuit , parce qu’ils touchaient et excitaient , pour ainsi dire malgré eux , les parties pendant le sommeil. Le jeune médecin fera bien de ne pas perdre de vue , surtout dans ces cas , que la transition subite d’un régime ou d’une habitude à l’autre , est souvent contraire au but que le praticien se propose , et que la sagesse du médecin produit quelquefois, en se conformant à cette observation, une guérison pour laquelle l’usage seul des meilleurs remèdes aurait été insuffisant, et où même tontes les ressources de l’art auraient totalement échoué.

J’ai vu , quoique beaucoup plus rarement, des maladies semblables avoir lieu dans l’autre sexe. J’ai traité il y a quelques années une femme de vingt-huit ans qui, un an et demi après avoir fait une fausse couche, souffrait des pollutions nocturnes involontaires trèsfréquentes , excitées par des rêves libidineux , et aci. i5

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