‹ Traité complet sur les symptômes, les effets, la nature et le traitement des maladies syphilitiquesChapitre 27 sur 52 · CHAP. Y. DE LA TUMEUR · texte numérisé non relu

CHAP. Y. DE LA TUMEUR

blés et très-opiniâtres , un moyen nouveau : c’est

l’inoculation de la blennorrhagie. J’ai vu ce remède employé pour la première fois , il y a environ trente ans, dans un grand hôpital militaire. Quoiqu'on puisse faire plusieurs objections très-spécieuses contre cette pratique, tout praticien qui a le bonheur de ses malades véritablement à cœur , et qui a vu les suites fâcheuses dont ces endurcissemens sont quelquefois accompagnés, conviendra aisément avec moi , j’espère, que, dans des cas semblables, il vaut mieux tenter un remedium anceps que de laisser le malade exposé à un cancer ou à d’autres maladies qui finissent , soit par être mortelles , soit par exiger nécessairement l’extirpation du testicule. J’ose proposer ce nouveau moyen avec d’autant plus de confiance que, dans des expériences faites en grand dans quelques hôpitaux militaires , ainsi que dans tous les cas où j’ai eu recours à cette méthode dans ma pratique privée, le succès a parfaitement répondu à l’attente. Pour faire cette inoculation artificielle , on applique à l’urètre , par le moyen d’une bougie courte , on par tout autre procédé , de la matière prise d’un malade attaqué d’une blennorrhagie ou d’un ulcère syphilitique ; on laisse la bougie appliquée dans l’urètre pendant quelque temps , et on parvient parce moyen à produire une irritation et conséquemment une nouvelle blennorrhagie (i). ( V oyez aussi le chapitre suivant. )

(i) Je une suis servi , depuis plusieurs années, dans tous les cas

DES TESTICULES

Il y a des inflammations et des endurcissemens des testicules et des vaisseaux spermatiques qui doivent leur origine, comme je Fai déjà observé, à d’autres causes internes ou externes, telles qu’une contusion , une métastase des parotides , etc. , dont les anciens , et notamment Hippocrate ainsi que Celse , ont déjà fait mention\ Mais le traitement de ces maladies n’entre pas dans le plan de cet ouvrage. Je rapporterai seulement ici un cas particulier que j’ai eu occasion de voir, et qui mérite l’attention du praticien.

Un jeune homme de vingt ans, étant affligé de tumeurs scrofuleuses autour du cou , prit , par ordonnance d’un médecin , la décoction des bois ; mais il n’eut pas suivi cet avis pendant quelques semaines, qu’il fut attaqué d’une toux , qui, au bout de quinze jours, produisit une hémoptysie » Quoiqu’il eût quitté la décoction, et qu’il fit usage de plusieurs autres remèdes qu’on lui avait conseillés , la toux continua plusieurs mois, accompagnée de temps en temps d’un crachement de sang ou de mucus sanguinolent. Etant consulté , je déclarai que je croyais que les poumons étaient affectés de tubercules scrofuleux, contre lesquels je ne connaissais point de remède, et je l’engageai à consulter les principaux médecins de la ville.

semblables , d’une simple bougie sans aucun virus, que j’ai lais» sée appliquée jusqu’à ce qu’elle produisît une irritation sensible dans l’urètre , et j’ai eu le meme succès que si elle avait été impré* gnée du virus syphilitique.

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