‹ Traité complet sur les symptômes, les effets, la nature et le traitement des maladies syphilitiquesChapitre 44 sur 52 · CH AF, X, DE LASCHXJRIE · texte numérisé non relu

CH AF, X, DE LASCHXJRIE

devenir ainsi bientôt le noyau d’une pierre , et occasionner promptement la mort. Il faut aussi éviter de se servir de bougies trop longues, afin que leur extrémité ne puisse pas irriter le fond de la vessie. En général , la bougie ne doit pas être plus longue qu’il ne faut pour passer d’un pouce ou d’un pouce et demi au-delà de l’obstacle ; et la longueur ne doit jamais être de plus de neuf à dix pouces, ce qui est la longueur ordinaire de l’urètre.

Dans aucun cas , il ne faut jamais pousser la bougie ou la corde à boyau avec force; car on a beaucoup d’exemples où, faute d’attention à cette règle, elle s’était fait un faux passage dans le corps caverneux de Furètre, ou même dans le rectum, au lieu de passer par le rétrécissement. Il se passe quelques jours, ou même des semaines entières , avant de parvenir à vaincre l’obstacle, et à faire entrer la bougie la plus mince dans la vessie. Dans tous les cas , il convient de modérer la grosseur des bougies selon l’irritabilité du malade , et la facilité qu’il trouve à les supporter. Après que la plus grosse bougie dont nous voulons nous servir a passé dans l’urètre, et que l’obstacle est complètement vaincu , le malade doit continuer à s’en servir au moins pendant un mois ou deux ; d’abord pendant une heure, deux fois par jour; après, une fois par jour ; enfin tous les deux jours, et ensuite une fois tous les quatre à cinq jours, pendant quelques mois ; et même dans la suite il fera bien , pendant un an ou deux , de passer une bougie de temps en temps pour assurer l’état de Furètre.

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Une règle générale pendant le traitement des rétrécissemens de l’urètre par le moyen des bougies, est de les appliquer pendant une heure ou deux le matin , et par la suite aussi le soir. Pour les personnes qui sont obligées de sortir , ou de marcher beaucoup , il est essentiel d’appliquer la bougie le soir , et de tâcher de la garder pendant deux ou trois heures de suite ; mais jamais pendant toute la nuit , comme on avait coutume de le conseiller auparavant.

Les symptômes qui suivent, principalement au commencement, l’application des bougies, comme un malaise , des faiblesses , des gonflemens des testicules ou des glandes inguniales,efed’autres affections de l’urètre, ne doivent pas nous inquiéter ; ils disparaissent bientôt quand le malade est enfin habitué à porter les bougies.

En général, les maladies qui, par une trop grande irritabilité de ces parties , ne peuvent pas garder longtemps les bougies au commencement , les supportent plus aisément au bout de quelques jours; cependant il convient aussi de modérer la trop grande irritabilité, selon les circonstances , par une saignée générale ou locale , par les bains chauds , ou les bains locaux de vapeur, par une onction ou une fomentation sédative, par des clystères opiatiques et une diète convenable; Il y a des cas où le bain local froid et l’usage interne du quinquina sont très-utiles. Dans tous les cas , on aura soin de tenir le ventre libre : ce qu’on obtient le plus aisément par L’usage interne de l’huile de ricin (Rkinus commuais).

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Le léger degré d’irritation que les bougies excitent produit souvent une sorte d’écoulement de matière qui , avec la dilatation graduelle de l’urètre , sert à détruire peu à peu le rétrécissement ou l’obstruction. Si l’on sentait quelques duretés à l’extérieur de l’urètre , l’action de la bougie serait utilement aidée par un cataplasme émollient , ou , selon les circonstances, par des frictions faites à l’extérieur avec l’onguent mercuriel ou avec le sous-muriate de mercure, ou avec le Uniment ammoniacal , ou enfin avec quelque autre stimulant. Quelques praticiens modernes ont recommandé un emplâtre fait de gomme-résine élemi , seul ou mêlé avecmn peu d’oxide de mercure; par exemple , trente grains de ce dernier avec une demi-once du premier. Cet emplâtre adhère fortement à la partie à laquelle on l’applique , il favorise, en irritant , la résolution ou la suppuration; mais il cause quelquefois beaucoup de douleur, : c’est pourquoi il ne faut l’employer que quelques semaines après que le malade a été accoutumé aux bougies, et alors , quelquefois seulement , une fois toutes les deux

ou trois nuits.

Par ces moyens, on guérit non-seulement les rétrécissemens et les ulcères de l’urètre , et les blennorrhées les plus obstinées , mais souvent même des maladies au siège desquelles les bougies ne peuvent atteindre, connue le gonflement chronique des testicules, les fistules dans l’aine, etc. , surtout lorsqu’on y joint , selon les circonstances, l’usage interne du mercure avec une décoction de salsepareille.

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Après avoir guéri , par cette méthode , les maladies de l’urètre, il est bon d’observer encore une fois que le malade est rarement assez complètement guéri pour qu’il ne soit pas nécessaire par la suite , au moins de temps en temps , de recourir à l’usage des bougies; car l’endroit où se trouvait la coarctation ou l’obstacle, a toujours de la tendance à se contracter: il est bon , en conséquence, que le malade, quoique guéri , ait dans tous les cas , soit qu’il reste sédentaire, soit qu’il voyage, un assortiment de bougies avec lui.

Nous sommes quelquefois appelés lorsque le malade a déjà essayé de faire usage des bougies. Dans ce cas, nous devons nous informer si la bougie a passé l’obstacle ou non , si elle a passé facilement , ou si elle a exigé de la force et du temps; et, dans ce dernier cas , il faut demander encore si le chirurgien a avancé dans l’urètre par l’introduction continuée de la bougie, et s’il a vaincu non-seulement l’obstacle , mais tous les obstacles qui peuvent se trouver dans l’uiètre (i); ou s’il a passé plus loin que l’obs-

( i) Je ne puis passer ici sous silence une erreur très-grave , dans laquelle tombent fréquemment ceux qui se mêlent de l’application des bougies, — Je rencontre très-souvent des malades avec des rétrécissemens de l’urètre contre lesquels on a fait usage de bougies précédemment, quelquefois pendant plusieurs mois de suite. Urinant alors un peu mieux ou assez aisément , on leur fait accroire qu’ils sont guéris ; mais ils sont très-ctonnés quelque temps après, lorsqu’ils se trouvent affectés de nouveau d’une difficulté d’uriner, et surtout lorsqu’ils voient qu’en introduisant la bougie de cinq à

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tacle sans soulager la dysurie ; car alors il y a probablement des rétrécissemens dans plusieurs endroits de l’urètre en même temps, qu’il faut vaincre F un. après l’autre ; ou il est probable que la bougie a formé un faux passage qui rend tous nos efforts actuels inutiles.

Dans différens cas de cette espèce, il est bon d’essayer les plus petites bougies , et en différentes directions, parce qu’il arrive quelquefois que le passage à travers le rétrécissement n’est pas dans la même direction que l’urètre. Si un spasme empêchait le passage de la bougie, on observerait avec soin ce que nous avons prescrit à ce sujet. On peut quelquefois faciliter l’introduction de la bougie en frottant le périnée d’une main, tandis qu’on pousse 'doucement la bougie de Fayitre. Pour détruire le spasme , on peut essayer d’appliquer de l’eau froide sur le gland. Si la bougie introduite jusqu’à l’obstacle , recule quand on la laisse à elle-même , c’est un signe certain qu’elle n’est pas entrée dans le lieu rétréci. Nous pouvons encore juger, en employant les bougies ordinaires ,

six pouces dans l’urètre , je rencontre un obstacle, et que je leur dis qu’ils n’ont pas été bien guéris , et qu’il leur faut subir un nouveau traitement. Plusieurs sont convenus que les bougies qu’on leur avait appliquées pour la meme maladie dont ils se croyaient guéris , d’après l’assurance de celui qni les avait traités , n’allaient jamais plus loin qu’au premier obstacle , et qu’on ne leur avait jamais fait observer qu’il pouvait y en avoir d’autres, ou que les bougies devaient aller plus loin , et meme jusque dans la cavité de la vessie.

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par le changement de ligure de la pointe de la bougie, si elle est entrée dans l’endroit où est F obstacle.

Dans quelques cas la bougie passe bien un jour, et ne passe pas le lendemain; quelquefois les conduits excrétoires des glandes de l’urètre ou la prostate arrêtent la bougie : il faut alors aider l’introduction avec le doigt, et changer en même temps la direction de la bougie. Ce que j’ai fait observer plus haut à l’égard des sondes a également lieu à l’égard des bougies : quelquefois une bougie plus grosse passe, pendant qu’une plus petite a été essayée en vain.

Pendant l’usage des bougies , le malade doit être en général très-réservé sur les alimens , et sur l’exercice; il doit aussi s’abstenir totalement des plaisirs de l’amour.

Ce que je viens d’observer sur l’usage des bougies et sur la manière graduée de les appliquer dans les différentes coarctations de l’urètre , s’applique également aux rétrécissemens du vagin , auxquels les femmes sont quelquefois sujettes après des ulcères, ainsi qu’aux rétrécissemens de même nature qui arrivent quelquefois à l’anus.

S’il reste une blennorrhée après que le rétrécissement est détruit, il faut employer les injections ou les autres moyens recommandés dans le chapitre IV.

Lorsque après avoir passé une sonde creuse ou le cathéter, l’urine ne sort point, il faut examiner si le bout de l’instrument est vraiment entré dans la cavité de la vessie, ou si ses orifices ne sont point bouchés par de la mucosité ou des grumeaux de sang contenus

CH AP. X. DE iflSCHTJME

dans la vessie : dans ce cas, il faut quelquefois aider par une injection délayante portée dans la vessie. Si le passage du cathéter est libre , il faut en accuser, comme j’ai dit plus haut, une paralysie de la vessie : il est bon d’observer cependant que l’urine ne vient pas quelquefois par un défaut de la sécrétion dans les reins. Dans ce dernier cas, on obtiendra de bons effets du repos dans le lit, du bain chaud, et de l’usage intérieur de l’opium à grandes doses : quelquefois , et dans certaines circonstances , cinq ou six grains de la poudre antimoniale ( Phosphas culcis s ti hiatus. Voyez Pharmacopœia medici pratici, Pars prima , Paris. ), donnés à l’intérieur le soir, produisent les meilleurs effets.

En général, on observe que tous les malades affectés d’obstruction dans l’urètre se trouvent constamment mieux en été qu’en hiver , et pendant les vents du sud ou d’ouest que pendant ceux do nord ou d’est. Cette observation doit nous engager d’être trèsattentifs à soutenir, dans tous ces cas, la transpiration : pour produire cet effet , je ne connais rien de mieux que la poudre antimoniale dont je viens de parler.

Si le rétrécissement provient de l’épaississement général ou partiel des membranes de l’urètre, on emploiera des bougies plus fermes , et l’on aidera leur action par des frictions mercurielles à l’extérieur de l’urètre. Il arrive souvent que, dans ce cas, non seulement la bougie est retirée au commencement avec difficulté , mais encore qu elle est totalement sècîie.

ET DË Là DYSURIE. 3a3

Tant que cet état de choses dure, il est d’an fâcheux augure; mais c’est un bon signe lorsque la bougie sort couverte de mucus, puisque cela indique que la surface sécrétoire de l’urètre commence à reprendre son action et à remplir ses fonctions naturelles.

Si les rétrécissemens de l’urètre ont duré longtemps, les membranes de la vessie s’épaississent; quelquefois il s’y forme des ulcères par l’irritation continuelle : la vessie ne peut retenir dans cet état qu’une petite quantité d’urine; ce qui oblige le malade à uriner très-souvent. L’urine est trouble, peu abondante; souvent elle a une odeur désagréable, et elle dépose beaucoup de sédiment muqueux ; ou bien il se forme un véritable écoulement de pus par l’urètre , provenant de la vessie.

Les seuls moyens à employer dans ce cas pour soulager le malade sont de le tenir à un régime doux, et de lui faire faire usage des cly stères opiatiques, pendant qu’on travaille à détruire l’obstruction : le temps, après avoir rétabli la liberté du canal de l’urètre, amène quelquefois une guérison inattendue.

Ledran parle d’un malade dont la vessie avait été très-affectée et ne pouvait contenir qu’une très-petite quantité d’urine : une décoction de racine de gui*?mauve injectée matin et soir opéra la guérison du sujet. M. Pool, de Londres, a essayé depuis cette méthode : il a trouvé qu’elle réussissait dans plusieurs cas; l’injection fut administrée par le moyen d’une sonde de gomme élastique. Il observe que l’état de ces malades ne permet pas l’application du cathéter le iqatin

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et le soir, sans risque de causer une inflammation de F urètre au col de la vessie. Pour éviter cet inconvénient il conseille d’introduire le cathéter ou la sonde le matin, et de les retirer le soir après avoir fait l’injection. En faisant l’injection, il faut s’arrêter aussitôt que le malade sent des douleurs; ce qui indique que les fibres de la vessie sont assez distendues. Il laisse cette quantité d’injection dans la vessie pendant un quart d’heure , ou plus ou moins long-temps selon que le malade se trouve pressé de lâcher le liquide. Dans l’espace de quinze jours, la vessie, qui au commencement ne pouvait contenir que deux cuillerées d’injection , recouvrait ainsi par degrés sa capacité naturelle de retenir; ce qu’on connaît par la quantité de liqueur injectée qu’elle peut contenir sans douleur. 11 ajoutait à la décoction de la guimauve une partie de décoction d’orge et du miel rosat , et à la fin il se servait de la décoction d’orge avec l’eau vulnéraire. Le malade fut guéri en un mois.

Le grand point dans toutes les espèces d’obstructions de l’urètre , c’est de les détruire le plutôt possible, dès leur origine , et de n’en négliger aucune, quoiqu’elle ne paraisse pas grave pour le moment. Si ces maladies deviennent dangereuses, si elles causent des maux incurables , et si elles deviennent à la fin souvent fatales, c’est presque toujours à cette négligence que l’on doit imputer ces malheurs. Nous devons donc faire sentir aux malades cette vérité dès le moment que nous en sommes instruits.

ET DE LA BYSTJRIE

Si le volume de quelque glande de F urètre était beaucoup augmenté, et résistait au traitement indiqué plus haut, et qu’on pût y atteindre, je pense qu’on pourrait en tenter l’extirpation, puisque le siège de ces glandes est dans la partie convexe de l’urètre. Pour ce qui regarde le gonflement de la glande prostate, voyez le chapitre XI. x

Dans les cas de suppression d’urine, provenant d’excroissances verruqueuses ou fongueuses dans l’urètre, cas qui sont heureusement très-rares , et dont il est très-difficile de s’assurer, si toutefois ils ont lieu, quelques anciens auteurs ont déjà recommandé l’application d’un caustique. Cette méthode, négligée ou oublié avec raison, a été dernièrement renouvelée par J. Hunier, qui prescrit même ce moyen dans tous les rétréci ssemen s du canal de l’urètre indifféremment , et son disciple F. Home , chirurgien à Londres , a recommandé après lui cette même méthode ; mais je pense, surtout après de nombreux exemples de cas où cette application a été suivie de douleurs affreuses et même de la mort ( i ) , qu’aucun chirurgien qui s’intéresse réellement à la santé de ses malades et à sa réputation , ne se servira jamais du caustique, lorsque l’endroit sur lequel il agirait est hors de la portée de la vue , et que Faction aurait

lieu sur des parties aussi irritables. Je n’ai pas besoin

(i) Le docteur Blanc a communiqué au public dernièrement trois cas de fièvre hectique particulière, produite par la violent© irritation , excitée par l’application répétée du caustique dans le canal de l’urètre, suivie de mort.

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de parler des effets dangereux auxquels une telle imprudence peut exposer.

Les excroissances, carnosi tés ou caroncules de l’urètre, pour lesquels on a pris surtout le prétexte d’essayer le caustique, sont heureusement, comme j’ai observé plus haut , beaucoup plus rares qu’on ne le pense ; car il ne faut pas confondre les protubérances produites quelquefois par les varices du canal de l’urètre: les praticiens ont été accoutumés long-temps à regarder tous les obstacles qui s’opposaient à l’introduction d’une bougie ou d’une sonde , comme des excroissances de l’urètre. Des observations plus exactes, surtout celles des anatomistes modernes , nous ont démontré cette erreur ; et quoique je ne veuille pas nier que ces excroissances aient quelquefois lieu, je suis sûr qu’elles arrivent bien rarement. Je n’ai rencontré aucun cas dans ma pratique, où j’aurais osé affirmer positivement la présence de telles excroissances ou caroncules dans la cavité de l’urètre.

Une des choses principales qu’on néglige le plus, et à laquelle cependant on devrait faire le plus d’attention dans tous les cas de dysuries, c’est d’avertir les malades de ne jamais faire d’efforts pour chasser leurs urines, mais de laisser à la vessie tout le temps dont elle a besoin pour se contracter d’elle-même complètement et par degrés , comme elle devrait le faire pour évacuer toute la quantité de liquide qui y serait contenue. Il faut qu’ils sachent qu’en forçant ou en comprimant avec violence la vessie par le moyen des muscles abdominaux , pour hâter l’évacuation

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des urines, ils augmentent l’affection morbifique de cet organe, et mettent obstacle à la guérison.

Il est important, dans toutes les dysuries, ainsi que dans les suppressions chroniques de burine, d’examiner avec soin s’il n’y a point de tumeur formée derrière le rétrécissement, dans le périnée ou dans quelque autre endroit du canal de l’urètre. La formation de cette tumeur circonscrite derrière l’obstacle par l’urine est souvent accompagnée de beaucoup de douleurs, et d’une fièvre symptomatique très-forte , jusqu’à ce que l’abcès soit formé. Si nous trouvons la tumeur formée, il faut, comme je l’ai déjà remarqué plus haut , avertir le malade des suites dangereuses de l’érosion de ces parties par l’urine , et lui conseiller de ne pas différer long-temps l’incision. Lorsque ce conseil est donné trop tard, et qu’il y a déjà un ou plusieurs abcès formés dans le périnée par lesquels l’urine se décharge, il est quelquefois utile de faire aussitôt l’incision et la dilatation de tous ces abcès ; mais il ne faut les panser que d’une manière très-légère avec la charpie sèche ou un morceau d’éponge.

Lorsque la dysurie est accompagnée d’une fistule au périnée ou dans le voisinage, et que l’on observe que l’urine s’écoule en partie ou en totalité par une ou plusieurs ouvertures fistuleuses , ce serait en vain qu’on essaierait de guérir la fistule avant d’avoir détruit l’obstruction qui se trouve dans le canal de l’urètre ; et lorsque celle-ci n’existe plus , la fistule se

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guérit souvent d’eîle-même, ou elle n’exige quelquefois que l’application de cataplasmes émolliens sur le périnée, et un peu d’oxide de mercure rouge sur le bord de son ouverture. Si la fistule est calleuse, il faut détruire les callosités avec le caustique, ou bien faire l’opération. Quelquefois ces fistules résistent à tous ces moyens, et ne guérissent qu’après un traitement mercuriel complet. V jy. Fistules.

Dans quelques cas de fistules urinaires rebelles , on s est servi dernièrement, avec avantage, d’un cataplasme fait avec la poudre de digitalis purpurea.

Il est encore important d’observer ici qu’il y a quelquefois des fistules ou une tumeur ou épaississement des membranes du périnée , à la suite d’une contusion ou autre violence externe , par lesquelles le canal de l’urètre est comprimé ou poussé à côté hors de sa situation naturelle, ce qui empêche l’introduction d’une sonde ou bougie dans la vessie , sans qu’il y ait aucun rétrécissement réel dans ce canal. Dans ces cas , les malades meurent souvent ou d’une rétention d'urine , ou d’une dilacération de l’urètre et d’un épanchement de l’urine dans le scrotum et parties voisines. On a pris sans doute ces cas, souvent mal à propos , pour de véritables rétrécissemens de l’urètre ; mais on a découvert après la mort , en retirant la vessie avec la verge , dégagée de toutes les parties voisines , que la bougie passe alors très-aisément dans la vessie, et qu’il n’y avait aucun rétrécissement du canal. Voyez sur ce sujet des observations très - instructives de

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M. Chevalier, dans les Medico-Chirurg, , Transact. , vol. ÏI , pag. 212. Le même auteur conseille, dans des cas semblables , de faire une incision derrière la fistule ou dureté du périnée , jusque dans la cavité de l’urètre , pour procurer un passage libre à l’urine. Par ce moyen , l’irritation des parties antérieures cesse , la tumeur diminue , et on parvient aisément à la guérison de la fistule : il devient plus facile d’introduire la sonde dans la vessie , et de guérir ainsi radicalement cette maladie.

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