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sera de là porté à la glande affectée , où, rencontrant le virus syphilitique, il exercera très-efficacement sur lui son pouvoir spécifique. Les heureux succès que j’ai éprouvés de cette méthode , depuis que je l’ai mise en pratique, m’ont convaincu de la vérité de cette théorie. Car, si l’on applique les frictions mercurielles d’une manière appropriée, et à temps, c’està-dire avant que l’inflammation ait fait trop de progrès , on parvient , dans un grand nombre de cas, ou à détruire, ou à dénaturer tellement le virus syphilitique fixé dans la glande gonflée , qu’il n’est plus capable de l’irriter ultérieurement, et la tumeur disparaît. Je n’ai jamais observé que le virus , ainsi altéré et ensuite absorbé conjointement avec le mercure , produise jamais après aucun symptôme syphilitique dans la masse générale.
Mais supposons même que le mercure n’ait pas détruit la nature. du virus logé dans la glande, et qu’il l’ait poussé dans le sang , comme les malades le croient communément ; quelle en sera la conséquence? la* même sans doute, s’il est permis de se servir d’une expression métaphorique , que quand un héros victorieux déloge et chasse son ennemi fuyant devant lui. Le même remède qui a poussé le virus de la glande dans la masse générale , l’y poursuivra et 1 en expulsera entièrement, ouïe rendra, de manière ou d’autre, incapable de nuire dans la suite àl économie animale.
Pour éclaircir encore davantage cette matière intéressante, je dois répondre à une question que j’ai en-
tendusouvent proposer; savoir, pourquoi la méthode d’appliquer les frictions mercurielles aux extrémités rie réussit pas toujours à résoudre le bubon dans toutes les périodes de la maladie? il faut encore avoir recours à l’anatomie, pour la solution de ce problème. Elle nou§ apprend qu’il y a dans chaque côté de l’aine deux séries de glandes lymphatiques qu’on distingue en glandes inguinales supérieures et en inférieures. Il existe, dans la plupart des sujets, une communication entre ces deux ordres de glandes. Dans ce cas, ‘les vaisseaux absorbans des glandesinférieures communiquent avec les glandes supérieures , desquelles naissent encore d’autres vaisseaux absorbans qui prennent leur ^ cours à travers l’abdomen vers le canal thorachique; mais dans certains sujets il n’y a point de pareille communication. Les vaisseaux absorbans des glandes inguinales inférieuresmarchent directement vers l’abdomen , sans s’aboucher avec les glandes supérieures. Or le virus syphilitique, étant absorbé par les vaisseaux lymphatiques des parties génitales, est communément porté, par leur moyen , aux glandes inguinales supérieures, où il produit le bubon : par conséquent, toutes les fois que les vaisseaux absorbans s’abouchent directement avec la glande affectée; ou que les glandes inguinales inférieures ont av'èc les supérieures la communication dont nous venons de parler, le mercure appliqué par les frictions à la partie latérale et interne de la cuisse ou de la jambe, ou à la plante du pied du côté affecté , sera absorbé et porté directement à la glande gonflée; ou il sera porté aux
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glandes inguinales inférieures, et de là aux supérieur res, où il produira l’effet désiré, pourvu que toutefois l’obstruction de la glande affectée laisse encore un libre passage aux fluides. Mais d’un autre côté, lorsque cette communication n’a pas lieu , et que le virus occupe une des glandes inguinales supérieures,, le mercure porté aux glan des inguinales inférieures , et de là à l’abdomen, sans jamais atteindre à la glande affectée, n’y peut produire aucun effet.
La même chose doit arriver aussi lorsque l’inflammation du bubon est trop avancée, ou lorsqu’il s’est formé une tumeur dure dans la glande; le mercure , dans ce cas, ne peut avoir que peu ou point d’accès à la glande; ou , s’il y parvient , il n’a que très-peu d’action contre la maladie en question.
Mais allons même plus loin, et supposons qu’on n’ait pas suivi la méthode que nous venons d’indiquer, et qu’au lieu de cela on ait tenté de calmer l’irritation, et qu’on ait procuré l’absorption du virus de la glande par l’application des topiques sédatifs ou discussifs; quelle en sera la conséquence ? Je réponds qu’au lieu d’un bubon, le malade aura la vérole répandue dans tout le système du corps, vérole qu’on peut, surtout parce qu’elle est récente, guérir aisément et radicalement en peu de semaines, sans qu’il en reste de mauvaises suites; tandis que le bubon dont il était auparavant attaqué, est quelquefois très-dangereux, souvent extrêmement opiniâtre, et toujours d’une nature très-ennuyeuse à guérir. Ajoutez à ces considérations que, quand même la suppuration et l’abcès seraient
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de la meilleure espèce, ce qui cependant n’arrive pas toujours à beaucoup près, le virus, bien loin de s’évacuer en entier par l’ouverture de l’abcès , est , sinon toujours, du moins très-fréquemment, absorbé dans la masse générale, et qu’il produit ainsi réellement la maladie qu’on croyait éviter; et le malade est à la fin obligé d’avoir recours, pour s’en délivrer, à un Iraitement mercuriel , auquel il avait craint mal à propos de se soumettre plus tôt.
Méthode curative.
Il suit des observations que je viens de faire , que tout praticien éclairé tentera toujours de résoudre les tumeurs des glandes lymphatiques inguinalesouautres, de nature syphilitique , le plutôt qu’il lui sera possible? par quelque méthode que ce soit, pourvu que l’inflammation ne soit pas portée à un trop haut degré,' ou qu’il n’ait pas déjà paru des signes de suppuration ; La méthode la plus efficace pour résoudre les tumeurs de ce genre, est, comme je l’ai dit, de faire des frictions mercurielles à l’intérieur de la cuisse et de la jambe, ou sous la plante du pied, du côté affecté. Four assurer mieux la réussite de cette méthode, on ferait même bien d’appliquer l’onguent mercuriel sur les parties génitales, d’où le virus a été originellement absorbé. On emploie pour cet objet l’onguent mercu riel gris ordinaire , fait avec parties égales de graisse
de cochon et de mercure, ou bien l’onguent préparé
avec de la graisse et le sous-muriate de mercure. C. Cyrillo , à Naples , a recommandé aussi , pour le
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même usage , l’oxi - muriaté de mercure trituré avec de la graisse , en forme d’onguent; mais les suites fâcheuses de cette application, dont j’ai fait mention dans le second volume de cet ouvrage , rendent ce remède très-dangereux. Les expériences faites dernièrement avec la pommade oxigénée pour le même but, n’ont donné aucun résultat satisfaisant.
Si les symptômes inflammatoires sont violens , il est utile sans doute de faire une saignée générale ou locale, et d’employer un régime rafraîchissant ; mais cela ne doit pas détourner d’essayer la résolution du bubon par la méthode indiquée. Je ne crains point, avec quelques auteurs, d’augmenter l’irritation du virus syphilitique parle stimulus du mercure; car, dès que nous parvenons à faire entrer dans la glande une petite portion de mercure , nous observons que l’irritation causée par le virus est calmée et dissipée par ce remède : j’ai observé sur moi-mêmé que la glande devient dès ce moment moins douloureuse , moins dure ; le gonflement diminue et disparaît en très-peu de temps complètement. A l’égard de ce qu’un auteur moderne a dernièrement avancé , qu’il était aussi avantageux et même plus utile de faire les frictions sur la cuisse ou sur la jambe du côté opposé de la glande affectée , cela me paraît dénué de toute probabilité.
Afin de faire passer le mercure , ou par les mêmes vaisseaux absorbans que le virus a traversés , ou aussi près qu’il est possible de ces mêmes vaisseaux, et pour obtenir le plus grand avantage de ses effets, il faut
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que îa surface sur laquelle on l’applique soit aussi grande qu’il est possible.
Les tumeurs des glandes dans l’aine ont des sièges différons, selon îa différente position des glandes inguinales. Pour bien entendre ceci, le jeune praticien fera bien de consulter les tables anatomiques de Masccigni. Dans la plupart des cas , ce sont les vaisseaux absorbans de la verge on de la vulve, dans d’autres, ce sont ceux des aines ou de la cuisse qui ont porté le virus à la glande. Ces observations nous indiquent les lieux où il faut appliquer par préférence les frictions mercurielles pour opérer la résolution.
Lorsque le siège du mal est dans une des glandes inguinales supérieures, nous jugeons que l’absorption s’est faite parla verge; il serait en conséquence utile, outre les frictions sur la cuisse , que l’onguent mercuriel fût constamment appliqué au membre même, par le moyen d’un petit sac , comme je l’ai indiqué pour le traitement des chancres; et chez les femmes on appliquera le même onguent à l’intérieur des grandes lèvres. Le mouvement qui se fait pendant l’exercice ordinaire de la journée excite un frottement de cette partie, qui favorisera très-utilement l’absorption du mercure ; ou l’on peut, si l’on aime mieux, appliquer le sous-muriate de mercure en poudre avec la salive , entre le gland et le prépuce. Si le bubon est dans la partie inférieure de l’aine , la jambe et la cuisse ou la plante des pieds nous présentent une large surface pour les frictions. Lorsque la tumeur est placée à la partie inférieure du ventre, outre les frictions
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mentionnées, il faut en faire encore sur la verge, le
scrotum et Faine.
Le siège des glandes inguinales dans les femmes étant pour la plupart près du ligament de Poupart, ou entre les grandes lèvres et la cuisse, ou dans Faine ; outre les frictions sur la cuisse ou la plante des pieds, il est à propos d’appliquer le sous-muriate de mercure à l’intérieur et à l’extérieur des grandes lèvres.
Si la glande lymphatique de l’avant-bras est la partie affectée, il faut faire les frictions sur la main et sur le poignet ; si c’est celle de Faisselle, il faut les appliquer sur tout le bras et le coude.
Mais comme l’objet de ces frictions est de procurer une résolution , et que leur succès est conséquemment limité à un petit nombre de jours, il faut non-seulement les faire avec beaucoup de soin et d’attention pendant une heure entière, et en hiver près du feu, mais il faut encore, si les circonstances le permettent, les réitérer deux fois par jour. On emploiera environ quatre grammes ( une drachme ) d’onguent mercuriel à chaque fois. Il est bon de continuer ces frictions après que la tumeur a disparu, et même jusqu’à ce que la bouche soit affectée.
Si, malgré nos tentatives et nos soins, nous ne réussissons point à résoudre la tumeur, et que la suppuration se forme , les frictions mercurielles, faites de la manière indiquée, ne peuvent avoir de mauvais effets, du moins n’en ai-je jamais vu ; et je ne conçois pas comment quelques frictions faites dans l’espace de quatre ou cinq jours ( car on ne doit pas espérer d’ob-
tenir la résolution par les frictions après ce temps ) ; pourraient devenir la cause d’un ulcère malin, comme quelques écrivains Font avancé. J’avoue que cette crainte me paraît chimérique, et uniquement fondée sur cette opinion théorique, que le mercure ne résout les bubons que parce qu'il agit sur tout le système du corps. Cette opinion est évidemment contredite par l’expérience journalière. Je me suis guéri moi-même deux fois d’un bubon , et une fois d’une tumeur de glande axillaire , en trois ou quatre jours de temps, par les frictions mercurielles faites de la manière indiquée , et j’ai guéri un grand nombre de personnes par cette même méthode.
Si l’on compare ceci avec ce que j’ai dit dans le chapitre précédent, qu’on peut guérir les ulcères syphilitiques primitifs par la simple application locale du mercure, on verra que mon opinion acquiert un degré de probabilité de plus; savoir que le mercure produit ses effets en agissant immédiatement sur le virus, indépendamment des effets qu’il produit sur la constitution.
Outre les frictions mercurielles , il y a d’autres
moyens de résoudre les bubons; ce sont une diète sévère, les purgatif forts et répétés, l’application de la neige ou de la glace , ou d’un cataplasme froid fait avec de la mie de pain et de l’acétate de plomb liquide (Lotio plumbataVu. syph.), ou enfin des linges trempés dansl’oxicrat, et appliqués toutes les heures. Si ces moyens ne réussissent pas , on emploie quelquefois avec succès F émétique , répété pendant deux ou trois
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jours; on a réussi par ce moyen à résoudre des bubons près de percer. Si l’inflammation est considérable* il est quelquefois utile de faire précéder une saignée générale ou locale ; dans d’autres cas très-opiniâtres* la décoction de l’écorce du daphne mezereum , prise à l’intérieur pendant quelques jours, a produit l’effet désiré. C’est dans des cas semblables qu’on a employé avec succès, dans l’infirmerie d’Edimbourg, les ventouses sèches sur la glande gonflée.
Le docteur Nooth a vu, dans plusieurs cas , la résolution du bubon produite par une friction faite avec le Uniment ammoniacal sur et autour delà glande, répétée une ou deux fois par jour , pendant huit ou dix minutes chaque fois.
D’après quelques observations faites à Londres par M. Birch , il paraît que de douces commotions électriques, passées à travers la cuisse et la glande affectée, augmentent beaucoup l’action du mercure pour résoudre les bubons, et qu elles produisent quelquefois cette résolution sans les frictions mercurielles * lors même que le gonflement et l’inflammation sont très-avancés.
Pendant tout le temps qu’on cherche à procurer la résolution d’un bubon, le malade doit s’abstenir de l’exercice , et se borner à une diète très-stricte , parce qu’un régime contraire tendrait à augmenter l’inflammation. A l’égard des frictions mercurielles sur la glande même , j’ai déjà donné les raisons qui me les font désapprouver. Dans le fait , la plupart des bubons idiopathiques que j’ai eu l’occasion de voir
traiter de cette manière se sont enflammés et ont suppuré , quoiqu’on y appliquât les frictions dans la vue de prévenir cette fâcheuse terminaison. Et il est maintenant bien peu de praticiens , instruits des nouvelles découvertes qu’on a faites sur le système des vaisseaux absorbans , qui voulussent se fier à de pareils moyens pour procurer la résolution d’un bubon syphilitique.
Lorsque je dis que les frictions mercurielles, ou l’application d’un emplâtre stimulant sur la glande même , seront plutôt suivies de l’inflammation et de la suppuration que de la résolution , je parle expressément des bubons syphilitiques idiopathiques ; car les bubons sympathiques peuvent certainement disparaître sous l’usage de ces remèdes. Cependant, comme je l’ai observé plus haut, il ne faut pas attribuer , dans ce cas , leur résolution aux frictions mercurielles, ni aux cataplasmes, emplâtres, etc. , qu’on peut y avoir appliqués , mais à la simple opération de la nature ; car les bubons sympathiques s’évanouissent toujours d’eux-mêmes, sans le secours d’aucun topique ou autre médicament quelconque. Il ne faut -faire autre chose pour les dissiper, comme je l’ai déjà dit, que de détruire le stimulus irritant , ou de l’éloigner des orifices des vaisseaux lymphatiques. Ce point de fait suffit , à mon avis, pour prouver de quelle importance il est de distinguer, dans la pratique , les bubons idiopathiques d’avec les sympathiques.
Si, quatre ou cinq jours après l’usage des frictions
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bien faites , le bubon ne se résout point, ou si I on perd Fespérance de le résoudre, il faut renoncer aux frictions mercurielles , et même changer le traitement.
On reconnaît que le bubon ne se résoudra point , lorsque la tumeur continue de grossir , et qu’elle devient rouge et douloureuse , quoiqu’on ait employé pendant les quatre ou cinq jours, les frictions mercurielles ou d’autres résolutifs. Aussitôt qu’on voit que toutes les tentatives quon a faites pour procurer la résolution sont inutiles, il faut employer les moyens nécessaires pour amener une suppuration aussi douce et aussi prompte qu’il sera possible. Ici , cependant , on rencontre souvent de grandes difficultés. Les bubons sont si différons les uns des autres, que le trai- •
tement que l’un exige pour arriver à une douce suppuration, occasionnera fréquemment dans un autre des suites dangereuses.
C’est ici surtout que nous aurons l’occasion d’apprécier la distinction de bubons en sthéniques et en asthéniques.
Dans la première espèce , qui est vraiment inflammatoire , les symptômes de l’inflammation marchent souvent si rapidement, et sont si violens qu’ils menacent quelquefois de la gangrène. Dans ce cas , tous nos efforts doivent tendre à modérer çt à affaiblir l’inflammation. Dans le bubon asthénique , an contraire , nous voyons dominer les symptômes d’une très-grande irritabilité ou de faiblesse; la fièvre symptomatique forte , le pouls vite et faible , les forces ab-
battues : la glande d’ailleurs est d’une couleur pourpre , et le gonflement très-étendu. Dans ce cas , il faut calmer l’irritation et soutenir les forces du malade par un régime fortifiant, l’air libre, et, selon les circonstances , par l’opium , le vin ou le quinquina. Dans d’autres cas , il n’y a point de symptômes fébriles ; le pouls est faible ; les progrès du gonflement sont lents , la glande reste dure , indolente y elle ne montre aucune disposition à s’enflammer ou à suppurer. Ici il faut irriter , stimuler la glande , pour procurer une suppuration ou une absorption , par des remèdes externes appliqués sur la glande même , tels que les frictions mercurielles , le Uniment ammoniacal , etc. , qu’on aidera avec des émétiques ou des purgatifs répétés.
Après que nous avons essayé en vain la résolution du bubon , ou si nous sommes appelés lorsque l’inflammation a déjà fait de grands progrès , notre soin doit être d’aider la nature dans son travail de suppuration. A cet effet, le médecin doit peu agir dans plusieurs cas, ou même ne rien faire , si le degré de f inflammation est tel qu’il le faut pour produire une suppuration prompte et bénigne. Daùs la plupart de qes cas , un simple cataplasme fait avec de la mie de pain ou de la farine de graine de lin , du lait et un peu d’huile , ou un emplâtre émollient , appliqué à la partie , est suffisant.
Dans le cas où les symptômes de rinflammation seraient très-violens, ce que nous voyons souvent dans les hommes forts et robustes , il faut faire une saignée
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copieuse , et la répéter selon les circonstances, on appliquer des sangsues autour de la tumeur; ou Lien faire des scarifications, et prescrire en même temps un régime antiphlogistique trèsrstrict.
Dans le cas , au contraire , où les symptômes d’irritabilité sont très-prononcés, comme cela arrive souvent dans les personnes délicates et irritables , lorsque la fièvre symptomatique est très-considérable , le pouls très-vite et faible; lorsque le gonflement , au lieu d’être circonscrit, devient très-étendu et d’une couleur ronge pourpre , le régime antiphlogistique , au lieu de soulager, augmenterait le mal; les évacuations générales , au lieu d’être utiles , deviendraient réellement préjudiciables. Il faut donc plutôt , dans ce cas , permettre au malade de prendre plus d’alimens, et de faire un usage modéré du vin; il faut lui administrer le quinquina , lui donner de l’opium tous les soirs, et appliquer en même temps des fomentations spiritueuses : tels sont , dans ces circonstances, Ses remèdes les plus convenables. Je dois faire à cette occasion une remarque générale ; c’est de ne jamais administrer de mercure à l’intérieur, et encore moins à l’extérieur sur la partie affectée’ ( excepté en frictions, comme nous l’avons recommandé plus haut pour tenter la résolution ) , pendant l’état inflammatoire d’un bubon ou de toute autre affection syphilitique : car je n’ai jamais observé que le mercure ait fait le moindre bien dans cette période; au contraire, j’ai vu souvent* qu’il produisait de trèsmauvais effets, surtout lorsqu’on l’employait en n*ic-
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lions sur la glande enflammée. Il faut probablement rapporter à cette classe le cas que Brambilla cite d’un jeune homme qui mourut d’un bubon devenu gangréneux, après qu’on lui eut administré pendant quelque temps le sous-muriate de mercure avec une forte décoction des bois.
Lorsque le bubon est plutôt d’un caractère indolent , que ses progrès sont fort lents , qu’il n’est pas accompagné de lièvre, ainsi «qu’on l’observe fréquemment dans les constitutions phlegmatiques, indolentes ou affaiblies , ou dans les personnes avancées en âge , on peut, après que tous les moyens pour favoriser la résolution ont été tentés en vain, essayer l’application d’un cataplasme de la racine à atropa rnandra gora , ou de bryonia alba ; et si cela ne réussit pas , il faut administrer le mercure avec une diète nourrissante et l’usage du vin. Quelquefois on éprouve de bons effets du quinquina avec du vin ', ou des autres remèdes fortihans et aromatiques , auxquels on peut
joindre l’application locale des stimulans plus ou
moins actifs, tels que Femplâtre avec les gommes, ou un cataplasme d’ognons grillés cm bouillis dans l’huile , le Uniment ammoniacal , ou enfin la potasse fondue.
Dans les cas où les bubons sont accompagnés de symptômes scrofuleux ou scorbutiques , il ne faut jamais faire usage du mercure , mais insister sur l’emploi des remèdes convenables pour l’une ou l’autre de ces maladies.
Lorsque, soit par ces moyens, soit par toute autre
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méthode, le bubon est enfin venu à suppuration , plu-^ sieurs auteurs conseillent d’ouvrir l’abcès avec la lancette, ou par le caustique. Je suis convaincu que dans la plupart des cas il vaut mieux laisser faire la nature. J’ai trouvé en effet qu’en général la nature laissée à elle-même manque rarement d^ faire une ouverture à temps ; au lieu que nous faisons très-souvent les ouvertures artificielles avant le temps opportun ? c’est-à-dire avant que l’abcès ait acquis sa pleine maturité. J’ai trouvé encore un autre’ avantage à laisser agir la nature , c’est que les abcès ouverts d’euxmêmes se consolident en général beaucoup plus aisément et beaucoup mieux que ceux qu’on ouvre par l’incision ou par l’application du caustique. Ceux-ci ont quelquefois même des suites fâcheuses ; leur traitement devient même pénible et ennuyeux , et ils laissent de grandes cicatrices, que Ton doit toujours se faire une loi d’éviter, surtout chez les femmes, par des raisons qui se présentent d’elles-mêmes. En laissant faire la nature , on observe que l’abcès ne s’ouvre communément que par un ou deux petits trous , lorsque la glande a entièrement suppuré; et bientôt après il se forme une cicatrice qui , en peu de temps, est à peine visible , ou qui même disparaît à la fin tout-à-fait.
Il se rencontre néanmoins quelques cas particuliers dans lesquels il peut être à propos d’aider la nature , soit en dilatant l’ouverture qu’elle a faite, soit en faisant une ouverture artificielle.
Il faut que je fassse mention ici d’une espèce de bubons particuliers , qui ont résisté à la résolution , et
qui par le moyen des cataplasmes éinolliens , ou même sans aucune application externe , deviennent mous et indiquent une suppuration complète; néanmoins en les ouvrant par incision ou bien par perforation , je fus tout étonné de voir une décharge de sang pur , au lieu de pus. Tous les malades affectés des bubons de cette espèce , que j’ai vus , ont été trèspromptement rétablis après cette opération.
Il y a aussi des bubons qui restent indolens, et ne montrent aucune disposition pour la suppuration. Dans ces cas , surtout si le malade se néglige , le bubon devient très-dur, ou il se termine à la fin en un ulcère très -désagréable. Pour prévenir cet accident , il faut administrer deux ou trois purgatifs , et en même temps appliquer l’emplâtre de belladona , ou il faut avoir recours aux remèdes stimulans ou ir~ ritans; un emplâtre de gomme, assez large et bien épais , appliqué à la glande ainsi endurcie , produit quelquefois un excellent effet. Dans des cas plus opiniâtres, on applique souvent avec succès un morceau de nitrate d’argent ou de la potasse fondue, de la grandeur d’un petit pois, au milieu de la glande endurcie; on l’y laisse pendant deux ou trois heures, et après avoir ôté ce qui en reste , on panse l’escarre avec un peu d’onguent , et on y applique, ou le même emplâtre ci-dessus mentionné, ou , selon les circonstances, un cataplasme émollient, qu’on continue jusqu’à ce que la tumeur soit entièrement fondue.
Dans tous les cas, sitôt que l’abcès est rompu, on pratique un trou dans l’emplâtre, vis-à-vis de l’ou-
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verture de l’abcès, pour laisser une issue libre au pus , en appliquant sur cette ouverture de la charpie, ou une pièce d’éponge fine , qu’on recouvre d’un morceau de linge ou d’un emplâtre agglutinatif. Les mêmes règles doivent être observées dans tous les bubons ouverts par la nature ou par Fart.
Mais il ne suffit pas de donner un écoulement libre à la matière purulente , il faut encore empêcher qu’elle ne produise des sinus ou fistules , en pénétrant dans le tissu cellulaire de Faine , ou vers les parties latérales ou inférieures de la cuisse. Pour prévenir cet accident, il faut panser l’abcès deux ou trois fois par jour, en pressant doucement les parties circonvoisines de la glande affectée vers son centre , de manière à évacuer chaque fois toute la matière : dans les cas où cela ne suffit pas, il faut tâcher d’obtenir le même effet par une compression et un bandage appropriés.
Je dois remarquer ici que la méthode usitée d’appliquer un large caustique sur le bubon , et de F y laisser pendant dix ou douze heures, pour l’amener à la suppuration, est généralement suivie de mauvaises conséquences. J’en ai vu deux fois résulter la gangrène , et d’autres fois de très-grands et de trèsmauvais ulcères ichoreux. Dans un cas , l’ulcère devint phagédénique , et finit par causer la mort au malade. Je n’ai jamais vu que l’application du petit caustique, dont j’ai fait mention ci-dessus, ait été suivie de pareils inconvéniens.
Lorsque la grandeur de la tumeur et la violence des symptômes font craindre la mortification, il faut
appliquer à temps les remèdes les pins actifs , pour prévenir ce fâcheux acfcident : c’est dans ces circonstances qu’il faut principalement bien distinguer l’état du malade et la nature de la maladie , pour se servir, ou de la méthode purement antiphlogistique, ou des remèdes fortifians ou sédatifs, selon que les symptômes de la vraie inflammation, ou ceux de faiblesse ou d’irritabilité, prédominent.
Lorsque l’abcès a été ouvert par la nature ou par l’art, la maladie s’appelle alors bubon ulcéré , dans le traitement duquel il ne faut jamais perdre de vue les distinctions que j’ai établies plus haut, si nous voulons ne pas être trompés par l’événement.
Communément on conseille dans ce cas d’administrer le mercure , tant à l’intérieur qu’à l’extérieur, et de traiter ainsi l’ulcère comme un ulcère syphilitique. Cette pratique est sans doute bonne dans beaucoup de cas ; mais dans certaines circonstances , elle peut devenir nuisible, et souvent même donner naissance à des symptômes très-dangereux.
On ne peut prescrire aucune méthode générale pour le traitement d’un bubon ulcéré. Le médecin doit être dirigé par la nature de la maladie, par l’état et la constitution du malade. Si celui-ci est vigoureux et sans fièvre, si le pus est d’une bonne consistance et d’une nature douce , il paraît qu’il n’est besoin d’appliquer aucun topique sur la plaie : il suffit de la couvrir avec de la charpie , ou de la panser avec une éponge, comme je l’ai dit ci-dessus en parlant du traitement des ulcères syphilitiques , afin de
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faciliter, autant qu’il est possible, l'écoulement de la matière; et en cas qu’il reste quelque dureté, la continuation du même cataplasme qui a favorisé la suppuration avancera certainement plus la guérison que ne le ferait tout autre remède.
Si on juge à propos d’administrer le mercure , on fera des frictions mercurielles sur le côté affecté , ou on donnera , selon les circonstances , le mercure à l’intérieur, tant pour favoriser la guérison de l’ulcère , que pour détruire les effets produits dans la constitution par l’absorption du virus contenu dans l’ ulcère.
J’ai vu beaucoup d’ulcères de cette espèce se cicatriser promptement sans aucun remède, ce dont je fus très-surpris au commencement de ma pratique ; parce que l’inflammation, la suppuration et l’ulcération étaient évidemment l’effet du virus syphilitique : je ne pouvais me rendre raison de la cause de la bénignité des symptômes, qu’en supposant qu’elle était due au petit nombre de frictions que je prescrivais à tous mes malades au commencement de la maladie , dans le dessein d’obtenir la résolution du bubon; et qu’il était passé dans la glande quelque peu de mercure qui avait détruit le virus , quoiqu’il y fût parvenu trop tard pour empêcher la suppuration. On continuera l’usage du mercure encore quelque temps après que le bubon ulcéré sera guéri, pourvu que la nature du bubon ou la constitution du malade ne s’y oppose pas. Quelques praticiens ont cru que l’appli— vain ïi du mercure sur la glande ulcérée elle-même
pouvait être utile : mais il faut agir avec beaucoup de prudence, de peur de donner lieu à une maladie pire que la maladie primitive; ce dont j’ai vu plusieurs malheureux exemples. ïi me suffira d’en rapporter un seul.
Un jeune médecin de mes amis, d’une constitution saine , forte et vigoureuse , fut attaqué d’un bubon causé par l’absorption du virus syphilitique d’un ulcère du gland : les symptômes inflammatoires furent îrès-violens, l’abcès s’ouvrit de lui-même par une petite ouverture; suppura plus long-temps et en plus grande quantité qu’on ne s’attendait en faisant un usage convenable des remèdes mercuriels. Le malade, ennuyé , prit un jour de la dissolution de mercure dans la gomme arabique, de laquelle il avait fait usage intérieurement jusqu’alors, et, espérant hâter la guérison, il en injecta une petite quantité dans l’abcès produit par le bubon. Il s’ensuivit une inflammation terrible , qui ne se termina pas seulement par . la mortification de la glande aïfectée , mais encore par la gangrène, qui, gagnant toutes les glandes inguinales du même côté, s’étendit jusque sous le ligament de Poupart : toutes ces parties , ainsi que la peau, gangrénées, tombèrent peureusement en escarres, et la vie du malade fut sauvée.
Le docteur Jxiffer, à Wisbaden , dit avoir essayé avec beaucoup de succès, dans les bubons ulcérés et endurcis, invétérés et opiniâtres, ainsi que dans les ulcères scrofuleux , l’application des limaçons rouges des jardins. On les applique sous un linge, et le
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malade s’accoutume en peu de temps à la sensation désagréable que leur mouvement continuel fait éprouver sur la partie. On les renouvelle tous les matins. 11 a obtenu le même effet des limaçons écrasés appliqués en forme de cataplasmes. En très-peu de jours la dureté de la glande diminue , et les bords de l’ulcère se resserrent , et enfin se ferment radicalement.
U y a d’ autres espèces de bubons ulcérés que les praticiens ont entièrement négligées, ou auxquelles ils n’ont pas fait, au moins jusqu’ici, l’attention convenable. Quelquefois l’abcès , au lieu de se guérir , semble demeurer pendant plusieurs semaines dans le même état , malgré qu’on ait continué l’usage du mercure ; ou bien il parait relâché ou mollasse : l’écoulement devient abondant, clair etichoreux, et en même temps la santé du malade , au lieu de s’améliorer, empire de jour en jour. Ces circonstances exigent toute l’attention et tout le génie du médecin. On à tort de s’obstiner à attribuer les symptômes actuels a l’inefficacité de la préparation mercurielle qu’on a employée jusqu’ici, et de recourir en conséquence à une autre, excepté dans les cas tout-à-fait évidens; ces ulcères phagédéniques des bubons proviennent souvent de i mage imprudent et immodéré du mercure, ou ils sont aggravés par l’usage continué de ce remède. Il faut donc plutôt avoir recours à un traitement différent; il vaut mieux écouter ou attendre la voix de la nature, et ne pas insister davantage sur 1 usage d’un médicament qui ne produit aucun bon effet. L’ulcère n’exige souvent dans ces cas d’autre pan -
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sement qu’une injection ou application d’une dissolution de sulfate de zinc ou de cuivre , camphrée; ou, suivant les circonstances, une fomentation avec le quinquina. Il faut couvrir la plaie avec de la charpie fine, ou avec un morceau d’éponge douce , afin que la matière puisse s’écouler librement; et on contient l’appareil avec un morceau d’emplâtre agglutinatif. C’est dans ces cas surtout que l’opium à grandes doses produit d’utiles effets ; on peut en donner jusqu’à six, sept, ou dix grains par jour, c’est-à-dire, en commençant avec un grain le matin et le soir, et augmentant graduellement en donnant deux grains le matin , deux grains à midi, et quatre à cinq grains le soir : l’irritabilité maladive diminue par ce moyen; la matière âcre se change bientôt en pus bon et louable, et la guérison radicale s’accomplit. Il faut avoir soin que la peau voisine ne soit excoriée par la matière âcre que rendent ces ulcères; ce qu’on obtient par un cérat blanc appliqué sur les parties environnantes. Il faut administrer intérieurement la décoction de salsepareille avec le sulfure d’antimoine noir, ou avec le carbonate de soude, ou bien la poudre de salsepareille avec du lait, ou enfin, selon les circonstances, une décoction de quinquina dans du lait, si celui-ci convient à l’estomac du malade. Si ces remèdes ne produisent pas la guérison radicale de l’ulcère, comme cela arrive quelquefois , au moins ils fortifient le malade , et le disposent ainsi à supporter dans la suite le traitement mercuriel, si l’on juge nécessaire d’y revenir, comme c’est quelquefois le cas; et d’ailleurs ils
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rendent plus facile la guérison de l’ulcère. C’est dans les ulcères de cette espèce, qu’on appelle communément phagédéniques , qu’on a observé quelquefois de grands avantages de l’application à l’extérieur d’une solution de sulfate de cuivre, ou l’usage du bandage serré : méthode qui a eu beaucoup de succès dans les ulcères de la même espèce qui attaquent les jambes. Dans quelques cas de cette sorte, on a trouvé aussi l’usage de l’opium à l’intérieur très-utile ; dans d’autres, celui de la décoction de l’écorce de daphne mezereum , prise également à l’intérieur. La diète doit être nourrissante; il faut donner de bon vin à ces malades; avoir grand soin que leur habitation soit sèche et salubre; leur faire respirer l’air libre et pur de la campagne; prendre un exercice modéré; et faire usage des bains de mer naturels ou artificiels.
L’observation suivante servira d’éclaircissement à tout ce que je viens de dire. Uu bubon ulcéré fut traité, selon la routine ordinaire des praticiens, comme vénérien, par l’usage intérieur et extérieur du mercure. Cette méthode réduisit en deux mois de temps le malade à un si mauvais état , et l’ulcère avait pris alors une si mauvaise apparence, qu’on jugea à propos d’avoir l’avis d’un autre médecin, et je fus consulté. Je trouvai un ulcère dont l’aspect annonçait le relâchement et l’asthénie. Mon avis fut que le mercure ne convenait point au malade , et que les seuls remèdes dont il avait besoin étaient les fortifians à l’intérieur et à l’extérieur , avec une diète nourrissante et l’usage du vin. Les voix furent contre moi
dans la consultation , et Ton attribua le mauvais état de l’ulcère au mauvais choix de la préparation mercurielle; on insista sur la nécessité de continuer le. mercure , en l’employant seulement sous une autre forme. L’ulcère empira manifestement sous l’usage de ce nouveau remède. J’obtins enfin d’essayer, pendant huit ou dix jours seulement , ce que j’avais proposé au commencement, elle malade trouvant cette fois-ci que ce traitement lui convenait, le continua pendant quelques semaines, et fut parfaitement rétabli.
Il se présenta un cas semblable à un de mes amis, à Londres, il y a quelques années. Il donna le même conseil à un malade qui avait été traité auparavant de la manière ci-dessus citée, et le régime fortifiant fut suivi du même résultat heureux. Une circonstance remarquable qu'on observa chez ce dernier malade mérite d’être rapportée ici- Pendant le traitement mercuriel, il suait beaucoup toutes les nuits, et il prenait chaque matin une chemise blanche faite de toile neuve : toutes ces chemises , au nombre de douze, après avoir été lavées avec d’autre linge deux ou trois fois, se trouvèrent aussi affaiblies que si elles eussent été entièrement pourries, il aurait été sans doute bien intéressant d’examiner chimiquement les qualités de cette sueur.
Le feu docteur Osborn m’a fait part d’une observation de cette espèce, fort singulière et fort instructive. Un homme fut attaqué de deux bubons qui s’ulcérèrent : l’un des deux se cicatrisa, l’autre prit une apparence
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cancéreuse et rongea toutes les parties environnantes jusqu’à l’anus. Tous les remèdes qu’on essaya furent sans succès. Il alla enfin à Edimbourg, sa patrie, où on l’engagea de quitter l’habitude de boire de l’eau , qui était la seule boisson dont il avait toujours fait usage, de manger tout ce qui lui plairait, et de boire, au lieu d’eau, du bon vin : il fut parfaitement guéri par ce régime, en trois semaines de temps.
L’ulcère ichoreux des glandes inguinales est quelquefois accompagné de symptômes généraux de scrofules : c’est probablement dans ce cas qu’on a trouvé l’usage de la ciguë à l’extérieur , joint aux bains de mer , utile. Le muriate de chaux , recommandé par Fgurcroy (daïis les Mémoires de la société royale de médecine de Paris ) , mérite toute notre attention dans ces cas; ainsi que la dissolution saturée du muriate de baryte à la dose de quatre et graduellement de dix ou quinze gouttes par jour, recommandée par Crawford.
Dans les bubons ulcérés, opiniâtres , accompagnés des symptômes du scorbut, on a employé avec beaucoup de succès le suc d’orange et de citron à larges doses , ainsi que la décoction du malt , ou le suc des plantes antiscorbutiques.
Il faut tâcher d’empêcher la formation des sinus et des fistules qui viennent quelquefois à la suite de pareils ulcères, en les pansant régulièrement, et en ayant soin de faire prendre une position convenable au malade dans son lit, et de faire sortir la matière , matin
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et soir, en exerçant une pression douce , mais exacte, tout autour de l’ulcère, et en appliquant après un bandage un peu fortement serré.
S'il s’est formé des sinus ou des fistules autour d’un bubon ulcéré, et qu’elles résistent aux injections dont j’ai parlé Chap. XII, et au bandage serré, il faut employer le bistouri. Cependant elles n’arrivent que rarement ou jamais, si le chirurgien est attentif à la position du malade, s’il dilate l’ouverture à temps, s’il panse l’ulcère de la manière que j’ai indiquée plus haut dans le chapitre cité ci-dessus, et si le malade se conforme exactement à ses avis.
Le bubon s’ouvre quelquefois, tandis qu’une partie de la glande est encore dure et gonflée. On remédie à cet accident par les purgatifs répétés, et par l’application des remèdes qui sont en général utiles dans les bubons endurcis , tels que les frictions avec le sousmuriate de mercure dans la salive, ou avec l’onguent mercuriel, sur la partie affectée; ou bien le cataplasme de digitale, ou l’emplâtre de bella-dona ou des gommesrésines. La charpie trempée dans l’huile de térébenthine, et appliquée sur la glande endurcie, est quelquefois très- efficace. Ce même remède réussit aussi quelquefois dans des ulcères qui rendent une matière ichoreuse. Mais si l’ulcère a un bon caractère, il suffira d’appliquer un peu de charpie et un simple cataplasme pour fondre le reste de dureté.
Quelquefois il se forme des excroissances fongueuses sur le bubon ulcéré, qui exigent l’application du caustique; mais si elles sont opiniâtres et répulîulent mal-
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gré l’application des caustiques répétés, le chirurgien obtiendra souvent un effet heureux de l’application du fer chaud ( Ferrum cùndens ), répétée, s’il est nécessaire, à plusieurs reprises.
La gangrène attaque quelquefois les bubons , soit parce que l’inflammation a été très-violente , soit, et plus fréquemment , parce qu iis ont été mal traités , ou parce qu’on les a ouverts à contre-temps ; cela arrive particulièrement dans les constitutions irritables, ou chez les malades scorbutiques. Le mauvais air des hôpitaux y contribue, et devient souvent funeste à ces malades. L’usage du mercure amène ou augmente dans ces cas la mortification , quoique la cause de la maladie ait été primitivement le viras syphilitique. L’opium donné à grandes doses, à l’intérieur , ainsi que le quinquina, convient souvent dans ce cas ; et le quinquina seul , ou en même temps le camphre dissous dans le vinaigre, sont regardés comme les meilleurs remèdes externes. La poudre de la racine à' arnica montana , appliquée à l’extérieur, mérite aussi d’être essayée dans ces circonstances.
On a beaucoup recommandé la ciguë , tant à l’intérieur qu’à l’extérieur, pour les bubons cancéreux; ces sortes de cas sont heureusement très-rares. Je ne crois pas que ce remède ait jamais opéré une guérison radicale , lorsqu’il y avait un vrai cancer : au reste , rien n’empêche de l’essayer. Mais en pareil cas , la seule méthode que je connaisse pour éviter la mort, ou du moins une vie très -misérable , c’est l'extirpation de la glande cancéreuse, si elle est praticable ; et
dans ce cas il ne faut pas différer trop long-temps cette opération.
Dans un bubon ulcéré que Ton croyait cancéreux, on a donné à Londres , il y a quelques années , avec succès , le jus de six citrons, pendant plusieurs jours consécutifs.
Il faut soigneusement distinguer les bubons ou tumeurs des glandes inguinales d’une hernie dans laquelle une partie de l’épiploon ou des intestins sortirait par l’anneau abdominal. Cette distinction est d’ailleurs très-aisée à faire : dans le dernier cas, la tumeur est molle et cède à la pression, et les parties sorties par l’anneau rentrent dans le ventre lorsqu’on les y replace avec prudence, au lieu que le bubon reste immobile. Il faut être aussi sur ses gardes pour ne pas confondre avec un bubon ou avec une hernie le testicule qui est resté dans l’aine sans descendre dans la bourse. J’ai vu un exemple de cette méprise qui manqua de devenir fatale au malade.
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