‹ Traité complet théorique et practique du chauffage et de la ventilation desChapitre 42 sur 65 · V. — ÉGLISES · texte numérisé non relu

V. — ÉGLISES

De prime abord le chauffage d'une église ne parait pas bien difficile, puisqu'il ne s'agit que de chauffer un seul vaisseau. Évidemment si toutes les églises étaient construites avec les mêmes matériaux, si elles présentaient les mêmes surfaces de vitraux, si elles se trouvaient soos la même latitude, en un mot si elles étaient en tous points semblables et différaient seulement par leur plus ou moins de capai^ité, rienne serait plus facile que de fournir des données générales .puisque le modèle de chauffage adopté, on aurait des appareils de plusieurs dimensions qu'on appliquerait proportionnellement à leur capacité.

Malheureusement il n'en est pas ainsi, et nous pourrions presque dire que chaque église demande un chauffage spécialement étudié pour elle. Cependant les dissemblances qui régnent dans les églises ne sont pas tellement nombreuses qu'on ne puisse, en les groupant par catégories, indiquer quelques modes de chauffage qui puissent s'appliquer à chacune d'elles.

Nous diviserons donc les églises en trois groupes :

i"" Les églises basses à plafond plat et de petites dimensions;

â*" Les églises élevées, à voûtes élancées et de dimensions moyennes;

3"* Les grandes églises, les cathédrales.

Pour le chauffage de ces trois groupes plusieurs modes sont en présence.

a. Le chauffage par le sol. — Ce serait le meilleur mode, malheureusement il n'est pas employé parce que les communes et les fabriques rjeculent devant les frais, d'autant que souvent le chauffage, non prévu dans les devis primitifs, arrive encore en excédant sur des devis déjà dépassés.

80 Buanderie, lessivage, baUerie, séchoir à air libre et chaud.

90 Pharmacie, laboratoire, lisanerie, cabinet du pharmacien en chef, chambre du pharmacien de garde.

10^ Bains.

II0 Chambre des morts, salle des morts, salle d'autopsie. lâo Chapelle et chambre d'aumônier.

130 Bibliothèque avec salle de lecture.

140 Secours contre l'incendie.

IS*) Service hydraulique.

lO Magasins divers pour mobilier, ustensiles, paille. 170 ÉCURIES et remises pour les chcvjiux et voitures de l'établissement. 18» Êtable pour fournir du lait à l'hôpital.

190 GUCIÈRE ou appareils A GLACE.

20« Gazomètre.

En outre de ce qui précède, quelques ambulances renferment un atelier de photogbaphie pour faire gratuitement le portrait des blessés et des malades qui désireraient l'envoyer à leur famille, ainsi que pour photographier les cas pathologiques dignes d'être conjservés.

b.Le chauffage au moyen des calorifères à air chaud.— C'est le plus fréquemment employé.

c. Le chauffage à Veau chaude.

d. Le chauffage à la vapeur.

Dans les pays chauds et même tempérés, on ne chauffé pas les églises, parce que les personnes qui y séjournent n'en éprouvent pas le besoin ; dans ce cas, on devrait toujours les ventiler pour chasser Thumidilé qui y règne et qui dégrade les soubassements ainsi que les boiseries, peintures et autres objets d'art; nous reviendrons sur ce sujet plus loin, lorsque nous traiterons spécialement de la ventilation des églises. Dans les pays septentrionaux, la facilité et l'économie de l'installation font donner la préférence aux poêles en fonte et au calorifère à air chaud.

lo Églises basses, à plafond plat et de petites dimeosions.

Ces églises ne sont pour ainsi dire que des chapelles, toutes les pauvres communes rurales n'ont que des églises de ce type. On peut les chauffer au moyen de simples poêles en fonte entourés d'un grillage. On les place dans le point le plus central de Téglise, et on donne au tuyau de la fumée plus ou moins de longueur, suivant la force de l'appareil. Le plus souvent ce tuyau se dirige vers une des fenêtres, où la vitre est remplacée par de la tôle; la fumée sort par ce conduit, qu'on prolonge jusqu'à une certaine élévation. On le couronne d'unabi vent. Cette installation, toute primitive, pourra suffire pour beaucoup de pauvres églises de village.

2o Églises élevées, de dimensions moyennes.

On chauffe également cette catégorie avec des calorifères à air chaud. Suivant le plan de l'église, on place l'appareil soit en évidence, soit dans un appentis, ou bien dans une cave ou crypte souterraine.

On pose aussi l'appareil à même dans Tédifice, sur le sol, dans un endroit où il ne peut gêner la circulation; ce mode très-simple est souvent employé.

Lorsque l'appareil est placé près d'un mur, le conduit de fumée peut le traverser directement derrière l'appareil et monter extérieurement. Au contraire si le calorifère est placé entre deux piliers ou contre un pilier, le tuyau de fumée peut être dissimulé jusqu'à la voûte qu'il traverse pour sortir sur la toiture.

Enfin, on peut placer le calorifère comme le montre la figure 180; le tuyau de fumée plonge dans un caniveau recouvert d'une grille ou d'une plaque de fonte striée, il aboutit à une cheminée verticale adossée extérieurement à l'un

CHAUFFAGE DES ÉDIFICES PUBLICS. l&S

des mars. Au bas de la cheminée verlicale il existe au poini N une porte d'allumage avec un tout petit foyer d'appel dans lequel, en brûlant quelques menues

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brindilles de bois, on entraîne le courant de fumée du calorifère, ce qui facilite son allumage et évite toute fumée à l'intérieur de l'église.

Quand le calorifère est installé dans une église dans ces conditions, il faut ëtabbr le conduit horizontal de la fumée avec soin ; on doit aussi prendre cer-

a il'iir; B. bovKhi; de cha[c\ dcDi nn^i F, lajiu de fa t d> clulcir.

(aines précautions pour sa pose et ne le faire porter que sur des corps non hygrométriques, sans cela, en ces endroits, même un tuyau de forte tôle est l>ien vile perforé par la rouille ; aussi nous conseillons d'employer des luyaui en fonle et de bien luter leurs joints avec delà terre à four recouverte de plâtre.

Malgré les précautions qn'il faut prendre pour cette installation, nous la recommandons db prérérence à la première, para qu'elle olTra l'avantage de supprimer l'aspect désagréable des tuyaux montant»; en outre oelte disposition augmente la cbaleur produite par suite de l'utilisation du calorique de la fumée, qu'on laissait pordre par la première installation.

Passons à laseconde disposition, dans laquelle le calorifère est pUcé sous un appentis dans une chambre de chaleur comme le montre la figure 181. C'est un appareil tubulaire qui sert à chauffer. L'atr de l'église entre pur les ouvertures A, A, s' échauffe dans la chambre de chaleur et sort par B, B; la légende de la figure explique les détails du calorifère qui se chaîne extérieurement & la chambre de chaleur.

Quand un veut chauffer de plus petites églises on se contente d'un simple ap-

pareil. Notre figure 182 montre cette disposition, maïs on voit que pour charger le caltirifère il faut entrer dans Ifa chambre de chaleur, ce qui occasionne une déperdition de calorique lorsqu'on ouvre la porte eni fer de cette chambre. Maïs connne ce n'est que pour l'allumage et l'ertincliom du calorirtre qu'on a besoin d'opérer celte ouverture, cela ne présente pas d'inconvénient».

Pour les églises de même dimension, on emploie aussi le calorifère de cave.

La figure 183 montre cette disposition. A, A sont les prises d'air qu'on soutire de l'église par les grilles D, D placées à niveau du sol ; cet airs' échauffe dans

CHAUFFAGB DKS fiMFICES PUBLICS. 157

la chambre Je chaleur et relouroe dans la nef par les bouches de chaleur E, E. La légende de notre figure explique les autres parties do sys(6rae. . Ce mode de chauffage présente quelques inconvénients ; par exempte le fonclionnement n'est pas toujours conforme dans la pratique à la théorie, ensuite

F>K. 183. — Cilorirère pinot en cive. — A, condulla de priH d'air; D, friUei de prix d'air plicéee D Dinau du loli B. bauchn de chaleur; F, cbuihra de ebileiir coitHUnl la «lorllèn; a, parle de dnr^enenl ; i, porte •falltunage ; c, ondrlar; grand a, Umpcn de nmaaisc.

les bouches de chaleur et de prise d'air doivent être verticales; ainsi disgosées «Iles ne reçoivent pas les détritus du balaja^e, comme cela a été dit préoédemmenl.

3' Les grandes Églites, les cathédrales.

Celte troisième catégorie peut être chauffée par les mêmes modes que nous venons de décrire, mais on devra employer des appareils plus puissants ou les mettre en nombre; de là un service long et désagréable. Aussi vaut-il mieu'c chauffer les vastes églises au moyen de calorifère k eau chaude ou à la vapeur à basse pression.

Si l'on choisit les calorifères à eau chaude, on doit les établir avec grand soin. Les vases d'expansion (l)devronlètre de grandes caisses au lieu d'un large tuyau et voici pourquoi : ces vases se trouvent ordinairement dans les combles des

(1) Nous avons dît plus haut qu'avec des seclions de tujaux convenable» on pouvait iiip, lirimer les Tases d'expansion; si nous en parlons, c'est qu'on les emploiera longtemps encore, car ils dispensent d'étudier plus sMeutemeot m mode de ohauffiife.

158 TRAITÉ COMPLET DU CHACrFAGE ET DE LA VET4T1UTI0K.

églises, où il fail très-froid; le tuyau d'expansion [)eul geler, et avant que la glace soit fondue il peut se produire de la vapeur en assez grande quantité pour amener des explosions partielles soit dans les tuyaux de conduite, soit dans les surfaces de chaulfe. C'est ce qui est arrivé i Saint-Sulpice. Nous avons raconté le fait en parlant du chauffage à la vapeur. Mais nous devons ajouter qu'aujourd'hui les vastes rglîses ou les cathédrales se trouvent dans des villes qui possèdent des ingénieurs constructeurs qui savent parfaitement installer et le chauffage à l'eau chaude et le chauffage à la vapeur-, aussi vaut-il mieux s'adresser à des constructeurs capables, que malheureusement on délaisse trop souvent pour prendre de mauvais fumistes qui établissent des devis un peu moins élevés qu'une bonne maison de construction. Les déboires et les ennuis qu'on éprouve dans ia suite font payer fort cher cette économie très-mal entendue.

Dans les exemples de chauffage d'églises que nous avons donnés précédemment, nous avons montré des calorifères français, parce qu'avant tout nous aimons ce qui se fabrique dans notre pays; nous devons dire cependant que les calorifères anglais (système Gurney) Fie. <B< — Api»n!iiGurneïi»uriechiiiiGie?iiej^eii»>- peuveul rendre de bons services. Notre figure 184 montre un grand appareil de ce système pour le chauffage des églises. On peut employer de même le s(eam battery dont nous avons donné plus haut la description. (Voy. fig. i 78, page 145.)

Avant de terminer le chauiïage qui nous occupe, nous devons dire que comme le public ne séjourne pas longtemps dans les églises (une ou deux heures au plus) il suffit d'y maintenir une température de 8» à lO", le soir surtout, le gaz et les cierges secondant le chaufTage; si la température était trop élevée, il pourrait en résulter de graves dangers pour les personnes passantde l'atmosphère chaude de l'église à celle de la rue ; elles pourraient contracter des bronchites, des rhumes

CHAUFFAGE DES ËDIFr(XS PUBLICS. 159

elrcéme desiluxions de poilrine. En thèse générale, il vaul mieux sentir le froid dans une église qu'une température élevée; il n'y a pas grand mal à cet état de choses, puisque les personnessont aussi velues dans ces édilices que dans la rue. Nous devons dire encore que par les chaulTages adoptés aujourd'hui, on envoie l'air chaud au sommet de la voûte, tandis que le bas du corps et les pieds sont froids et reposent sur des dalles humides. Ce serait vraiment le cas d'appliquer aux églises le chauffage du sol par des hypocausies comme le pratiquaient les Romains et les Chinois.

Avec le chauffage actuel on a le sang à la tête et le froid aux pieds ; c'est le

contraire qu'il faut s'efforcer d'obtenir. Nos confrères qui ont la spécialité de

construire des églises devraient bien essayer de l'hypocauste ou tout au moins

canaliser la vapeur dans le sol, de façon que les caniveaux renfermantles conduits

de vapeur ne fussent pas éloignés de plus de l'°,SO à 1°',50 les uns des autres.

Encore un dernier mol. Souvent les communes ou les fabriques sont fort

embarrassées pour leur achat de calorifères et elles opèrent un peu au hasard; or,

si elles pouvaient donner un cube ap-

^^^^»^ proximalif de leurs églises, les fabri-

^r^ e^^^ cants de calorifères seraient tout de

'm '' î ' if ^"''^ ''"^^ ^'"" '^ dimension de l'ap-

J| ^ c 4i ■ pareil nécessaire, tandis que le plus

J i'^^ souvent ils s'efforcent de savoir le prix

^ * " T ^f qu'on peul dépensM" et ils vous don-

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