CHAPITRE X
Si une question mérite de fixer l'attention des administrations et des hommes jaloux de la grandeur de notre pays, c'est sans contredit celle qui a pour objet réducation de l'enfant; comme nous l'avons déjà dit, plus on soignera l'enfance, moins on aura à construire de vastes hôpitaux.
Asiles et erèehcs. — On nomme crèches les asiles ouverts par la charité aux enfants en bas âge.
Si l'air pur est nécessaire à tous les âges, il est indispensable à la première enfance; malheureusement les personnes de qui dépendent ces étiiblissements n'attachent pas toute l'importance qu'ils devraient attacher à une bonne ventilation des crèches ; cependant aujourd'hui on a des données certaines qui permettent la bonne installation de ce service dans ces asiles. On a reconnu que le volume d'air à introduire et à extraire devait s'élever à 15 mètres cubes par enfant et par heure, à 30 pour les mères qui allaitent leurs enfants et aux personnes de service. Avec ces chiffres il sera facile de calculer le cube à allouer à une crèche. Supposons par exemple une crèche pour 40 berceaux, la présence de 10 mères en moyenne et 5 personnes pour le service, nous aurons :
40 X 15 = 600 mètres cubes pour les enfants.
15 X 30 = 450 mètres cubes pour les grandes personnes.
1050 m. c, volume total de Tair à extraire et à introduire par heure, soit 173 m. c. par minute.
Souvent les crèches sont divisées en deux parties, une qui sert exclusivement aux enfants et l'autre à l'allaitement, et dans laquelle se trouvent naturellement les mères. Notre figure 236 montre cette disposition. L'air pris extérieurement, P, se chauffe au contact du calorifère et sort par les bouches de chaleur C dont on peut régler le débit à volonté par des fermetures ; l'air vicié est extrait à l'aide des gatnes de ventilation V au sommet desquelles le tuyau de la fumée T déter-
su TRAITÉ COMPLET Ùl CHAUFFAGE ET DE LA VENTILATION.
mine un appel énergique. Le couronnement x de )a rheminée d'appel permet l'échappemenl de l'air vicié, telle esl la ventilation d'hiver. Kn été, il suffît d'al-
lumer dans la chambre du calorirère C un petit bec de gaz pour obtenir le même résultat. On ventile de même les salles d'asile. École* prlBulrcs. — Les écoles primaires sont chaufTées et ventilées à peu
FiR. Î37. ChAiilTHef
de chose près comme les asiles et les crèches ; seulement les canalisations'el les orifices d'extraction, au lieu d'être pratiqués dans ou contre les parois verti-
cales des deux longs côtés de la salle, ce qui souvent gênerait pour les baies d'éclairage, ces canalisations n'existent que sur un côté. Notre figure 237 montre cette disposition. Un poêle therino- conservateur est placé en C; par la canalisation B il reçoit l'air extérieur A; un long tuyau F traverse la classe pour se rendre dans une gatne de ventilation V qui extrait l'air vicié par un orifice placé au bas de la gaine derrière le pupitre du maître d'école ; l'air vicié, attiré par le tirage de la partie verticale F du tuyau de. fumée, sort par les ouvertures V. Telle est la ventilation d'hiver; en été, un simple lampion ou un bec de gaz, placé dans la gaine à 1 mètre au-dessus du sol, détermine la ventilation et l'air extérieur pénètre par le poêle dont on a seulement enlevé les tuyaux, ou par une grille posée dans le plancher, si le poêle lui-même a été enlevé.
Écoles d'adultes. — Des dispositions identiques à celles que nous venons de décrire doivent être prises pour les écoles d'adultes, avec cette seule différence qu'il faut augmenter le cube d'air et le porter à 18 et 20 mètres cubes par heure et par individu; ce qui s'obtient très-facilement en donnant aux conduits et aux orifices d'admission et d'extraction de plus grandes dimensions.
Éeoies de dessin da soir. — La ventilation de ces écoles est très-difficile à établir dans de bonnes conditions, et cela pour plusieurs motifs : 1^ ces classes servent souvent de jour et le mode de ventilation appliqué pour le soir est trop puissant; 2° le soir, la quantité de gaz qu'il faut consommer pour éclairer, élève la température d'une manière tout à fait insolite. 11 faut donc choisir un mode de ventilation qui permette de régler à volonté l'entrée et la sortie de l'air.
C'est ici le cas d'appliquer deux systèmes d'extraction de l'air vicié, l'un près des plafonds, qui servira pour les appareils à gaz, et l'autre près des planchers, qui sera appelé à extraire l'air vicié plus lourd.
En adoptant ce système, Tair affluent devra arriver à mi-hauteur des murs par des vasistas à soufllets placés dans les carreaux supérieurs des fenêtres. Ces vasistas enverront l'air froid vers le plafond et celui-ci n'arrivera sur les élèves qu'après s'être mélangé avec les couches d'air supérieures qui sont les plus chaudes. Il ne faudra pas craindre de multiplier ces vasistas tout autour de la classe, de dessin, et même si les trumeaux qui séparent les fenêtres sont trèslarges, on devra y établir des vasistas de grande dimension.
Dans le jour, avec ce mode de ventilation, on pourra régler l'entrée de l'air affluent.
Nous devons ajouter que si les écoles de dessin n'ont pas de locaux au-dessus d'elles, un bon mode de ventilation sera de placer au-dessus des becs de gaz et autant que possible dans Taxe du bâtiment, des cheminées de ventilation ou des ventilateurs, comme celui de Muir ou de Noualhier. Ce dernier, assez multiplié sur une toiture, donnera d'excellents résultats.
En employant ces dispositions on pourra rendre salubres et supportables les
classes de dessin du soir, surtout si Ton calcule Tarrivée de l'air neurafOuent à raison d'un renouvellement par heure de six à sept fois la capacité totale de la classe; comme on le voit, c'est un cube assez fort qu'il faut attribuer par chaque élève.
Lycées et coUégc*. — Comme dans tous les établissements qui réunissent une grande agglomération d'individus, les lycées et les collèges réclament un renouvellement d'air considérable.
Il convient donc de donner dans les lycées une moyenne de ib mètres cubes de renouvellement par heure et par tête.
Nous n'ignorons pas que certains praticiens trouveront cechiiïre considérable, et cependant si nous arrivons à calculer la moyenne de l'âge des individus qui y vivent, il faut considérer tous les jeunes gens comme dos personnes âgées de vingt à vingt-cinq ans, c'est-à-dire comme de grandes personnes. En effet, s'il y a des enfants de sept, huit et dix ans, il y a dans les classes élevées des jeunes gens de quatorze et quinze ans, des professeurs, des administrateurs, des employés et des domestiques de tout âge; donc nous trouvons qu'on ne peut raisonnablement accorder un renouvellement moindre de 25 mètres cubes.
Comme nous avons dit que le chauffage à adopter était la vapeur (voy. p. 150) nous pensons qu'il sera urgent d'établir un système de ventilation par l'air comprimé, d'autant que par ce mode, à l'aide des bouches de ventilation, on pourra régler son intensité absolument comme on fera pour le chauffage à l'aide de robinets, car nous avons vu aussi que les jeunes gens séjournaient quatre heures dans les classes, cinq à six heures dans les salles d'étude et une heure dans le réfectoire, et le reste dans les préaux, dans les cours ou le dortoir. Comme on le voit, il faut avoir un mode de chauffage et de ventilation pour ainsi dire transportable, et suivant de près les élèves, ce mode ne peut guère ^^re obtenu qu'avec la vapeur, qui fournit la chaleur et l'air comprimé.
A défaut de ce mode de ventilation, on pourra appliquer l'appel par en bas, dans lequel la ventilation fonctionne le jour pour les classes, salles d'étude, réfectoire, en un mot pour les locaux du rez-de chaussée, et lanuit pour les étages supérieurs, pour les dortoirs, car on ne doit pas oublier que la ventilation pen^* dant la nuit est encore plus nécessaire que pendant le jour.
Si Ton applique ce dernier mode, chaque étage devra avoir ses conduits d'appel aboutissant à des conduits collecteurs qui arrivent eux-mêmes à la che« minée d'appel. Celle-ci sera construite comme nous l'avons indiqué (fig. 209 et 189, p. 210) c'est-à-dire avec un foyer dans le bas, si les conduits collecteurs sont fort éloignés de la cheminée d'appel ; ils devront eux-mêmes être munis d'un petit poêle à coke, cela augmentera le tirage et assurera une bonne ventilation.
ics* -^ Il faut avoir eu l^occasion de visiter une caserne pour se rendre
comple des odeurs nauséabondes qu*elles dégagent. On s'occupe beaucoup dans notre pays de l'équipement militaire, de la couleur d'un passe-poil ou de la forme du shako; mais nous sommes bien obligé d'avouer qu'on se préoccupe fort peu des moyens de rendre le soldat fort et vigoureux, et de faire des casernes des locaux habitables ; aussi combien la fièvre typhoïde fait de victimes dans ces sortes de tnaladreries qu'on nomme casernes t
Cependant il serait bien facile de porter un remède à cet état de choses, il faudrait pour cela y établir une énergique ventilation. Ce que nous disons est si évident, qu'en général le soldat se porte mieux en été qu'en hiver, parce que dans la belle saison il laisse'les fenêtres constamment ouvertes, tandis qu'en hiver il vit confiné dans une atmosphère insupportable rendue plus dangereuse encore par la présence de cet hideux poêle en fonte lyonnais qu'on a dénommé aussi poêle de corps de garde (fig. 84, page 73).
Donc, le volume d'air à introduire et à extraire sera, pour les casernes, 30 à 35 mètres cubes par homme et par heure pendant le jour, et 45 mètres cubes en moyenne pendant la nuit.
C'est surtout à ce moment qu'une ventilation énergique est indispensable, car dans la journée les hommes sont toujours absents, soit pour des manœuvres, soit pour des promenades ; aussi le soir, lorsqu'ils rentrent de service, ils ont besoin de faire sécher leur équipement, et pour cela on devrait établir, de préférence aux poêles en fonte, les cheminées venlilatrices que nous avons décrites et figurées pages 65 et 66 (fig. 69, 70, 7i). Ces cheminées ont l'avantage de déterminer l'extraction de l'air vicié et de donner une chaleur rayonnante des plus salubres.
En été, on devra placer des ventilateurs à 2 mètres au-dessus du plancher, et des orifices d'extraction sur le parquet et près du plafond; comme les orifices d'admission seront dans la proportion d'un pour deux d'extraction, leur section sera double de ceux-ci et calculée de façon que l'air introduit frappera le plafond, comme nous l'avons déjà dit souvent; en toute saison, la différence de température intérieure et extérieure suffira pour déterminer une circulation normale.
Prisoiui* — Il existe deux genres de prisons, celles où le prisonnier vit en commun et celles où il vit solitaire (système cellulaire). Pour le chauffage et la ventilation des premières, on peut employer des moyens analogues à ceux que nous avons décrits pour les lycées et les collèges; mais pour les prisons cellulaires nous devons dire qu'il n'est pas d'édifices qui présentent plus de difficultés pour obtenir une ventilation constante, régulière, indépendante et facile à régler^ quoique puissante.
Nous allons donner la description du système de chauffage et de ventilation adopté pour la nouvelle maison d'arrêt et de correction située rue de la Santé à
Paris (14'' arrondissement). Ce système a été établi par H. Grouvelle, sous la direction de rarchitecte H. Vaudremer, aussi bon praticien qu'artiste distingué (1). Nous avons choisi cette prison parce qu'elle constitue un genre mixte. Elle reçoit en effet 1000 détenus hommes, qui forment deux quartiers bien distincts : celui des prévenus (500 avec le régime de Tisolement) et celui des condamnés (500 avec le régime en commun pendant le jour et l'isolement pendant la nuit).
Toute la prison, y compris les bâtiments d'administration, est chauffée et ventilée par un appareil unique ; le mode de chauffage adopté est Teau et la vapeur combinées. Cinq générateurs à vapeur, situés dans une grande salle sous les préaux de l'infirmerie, distribuent la vapeur dans cinquante vases chauffeurs de circulation, soixante-quatorze cylindres de chauffage d'air, vingt-deux poêles et dix-sept appareils à vapeur directe. La vapeur sortant des générateurs est à une pression de 4 atmosphères et possède une température de 144^ La plus grande distance à parcourir pour arriver à l'appareil le plus éloigné est de 180 mètres.
Ce trajet s'effectue dans des tuyaux recouverts d'enduits, pour éviter une trop grande déperdition de la chaleur; aussi la vapeur arrivant dans les vases condensateurs a>t-elle encore 125°, et une fois dans les serpentins de ces vases elle se condense en abandonnant une partie de sa chaleur à l'eau de circulation. Après sa condensation, l'eau arrive presque refroidie à la bâche d'alimentation des générateurs.
La ventilation s'opère sur tous les points de l'édifice par l'aspiration ou l'appel en contre-bas sollicité d'une manière continue vers un foyer d'appel. Dans le quartier cellulaire des prévenus, la ventilation s'effectue par le pot de siège placé dans chaque cellule. Chaque pot aboutit dans une galerie renfermant des appareils diviseurs, et l'air vicié et les odeurs sont constamment appelés au centre de l'édifice dans une vaste cheminée d'appel qui a 36 mètres d'élévation et dont la section uniforme est de 5«<ï,72 {^"^19 de diamètre).
Par l'ensemble de ces dispositions, le service du chauffage et de ventilation est placé sous la main d'un seul chauffeur assisté en hiver de deux ou trois aides suivant la rigueur de la température.
Le chauffage est presque égal sur tous les points, sauf sur les plus éloignés, où la température n'est inférieure que de 3* à 4*, et après la mise en train, qui dure au moins trente à quarante minutes, le chauffage fonctionne rapidement.
La ventilation est de 15 à 20 mètres cubes par heure et par individu, soit 15 à 20000 mètres cubes à évacuer par heure, puisque la prison renferme 1000 détenus.
(1) Les renseignements suivants nous ont éié fournis par noire excellent confrère M. Vaudrenier.
VENTILATION DES ÉDIFICES PUBLICS. tVô
Il faut une dépense moyenne de houille par jour qui est estimée à 450 kilog. pour là ventilation et 2250 kilog. pour le chauffage.
L'installation du système a coûté près de 400 000 francs. Nous n*aimons pas le mode de chauffage à Teau et à la vapeur combinées, parce qu'il revient trèscher de premier établissement et que Tentretien est fort coûteux; nos lecteurs connaissent notre sentiment à cet égard : nous avons formulé nettement notre avis sur ce système (voy. page 120), nous lui préférons de beaucoup la vapeur (1).
■oapices, hôpiionx. — Nous venons de voir qu'on a parfaitement étudié le chauffage des prisons et que même on ne craint point d'immobiliser un assez fort capital pour faire fonctionner dans ces établissements de bons et puissants moyens de chauffage et de ventilation.
Nous sommes forcé de reconnaître que jusqu'à ce jour on a plus fait pour les malfaiteurs que pour les pauvres malades qu'on enlasse dans les hôpitaux; en effet, nous ne connaissons pas d'établissements hospitaliers qui soient ventilés, d'une manière complète et cx)nslante.
 Paris, on a bien fait de grands essais fort dispendieux qui sont consignés dans des rapports officiels ; ces essais, pratiqués à l'hôpital Beaujon, à Necker et dans quelques pavillons de Lariboisière, n'ont rien donné de bien concluant malgré les conclusions des rapporteurs.
De tout ce faisceau de documents officiels un seul fait se dégage, c'est que les ingénieurs, armés de formules et d'équations, ne sont arrivés qu'à calculer la vitesse de l'air et à discuter seulement la supériorité de l'appel sur l'insufffation ; ils ont également déterminé la largeur des gaines et des orifices ; mais il n'ont rien donné, absolument rien donné de pratique et de concluant. D'où nous pouvons conclure que les hommes, éminents du reste, qui se sont occupés de la question ne savent, comme on dit vulgairement, à quel saint se vouer pour résoudre cette question extrêmement délicate.
Cependant, comme nous avons le devoir d'informer le lecteur du résultat de notre enquête, nous lui dirons : la ventilation des hôpitaux dans certaines conditions ne comporte pas de solution et voici pourquoi. On aura beau renouveler l'air, si le milieu où l'on puise cet air, dans une grande ville par exemple, est im* pur, on ne donnera jamais que de l'air impur aux malades; d'où on doit tirer cette seule conclusion : créer de petits hôpitaux dans la banlieue des grandes villes. Pour les hôpitaux de chirurgie et pour ceux qui renferment des malades at-
(1) Nous partageons en cela ropinion de Pécicl; voici ce qu*il dit, page î^î, t. III de son Traité de la chaleur : « De ce qu'il n'existe encore, à ma connaissance, aucune prison en France où l'on ait ôtabli des calorilcrds à vapeur seule, il ne faudrait pas en conclure que leur emploi offrirait des inconvénients. Ils donneraient au contraire plus de régularité utile que ceux à eau chaude, puisqu'ils permettraient mieux de faire varier la température des surfaces chauffantes suivant celle de l'air à échauffer; ils seraient en outre moins coûteux d'installation que ceux de ce dernier système, surtout lorsque Teau reçoit la chaleur comme à Mazas par l'intermédiaire de la vapeur. »
leints d'affections purulentes, il est de toute évidence qu'il faut construire des baraquements temporaires qu'on brûlera tous les dix ans, tel est le seul moyen de détruire les germes morbides qui s'attachent aux constructions des vastes hôpitaux et qui en font de véritables foyers d'infection.
H s'écoulera encore beaucoup de temps avant qu'on arrive à comprendre cette vérité, parce que les gouvernements et les architectes préféreront encore longtemps faire de vastes monuments, et que les célébrités médicales se prêteront difficilement à soigner au loin des malades qui leur feraient négliger la riche clientèle urbaine qui rapporte gloire et profils.
En attendant que ce fâcheux état de chose cesse, nous conseillons de ventiler les hôpitaux avec les moyens les plus puissants, car, de tous les débats soulevés par cette importante question, on a reconnu que pendant les guerres la mortalité était plus considérable dans le bel hôpital monumental, diminuait dans l'ambulance temporaire, et était presque nulle dans la tente baraque ouverte pour ainsi
dire à tous les vents.
Donc, en hiver, on devra combiner une ventilation très-énergique avec le chauffage, et en été il faudra maintenir dans les cheminées d'appel une température de 20* à 25* supérieure à la température extérieure, afin de déterminer une puissante ventilation.
Nos lecteurs connaissent déjà les moyens d'appeler l'air extérieur ; nous en
avons proposé plusieurs, mais nous donnerons ici un nouveau mode par les appareils de chauffage, quand le local est chauffé par la vapeur ou l'eau chaude. Voici le dispositif en question : on pose un poêle à vapeur ou à eau chaude dans l'axe longitudinal de la salle et . dans l'épaisseur des planchers (fig. 238), on pratique des gaines d'aération avec prise d'air sur chacune des faces d'un bâtiment. La chaleur développée par le poêle raréfie l'air qui est enfermé dans le vide central du poêle qui est creux, comme nous l'avons vu, figure 155, page 117. Cet air échauffé, devenu léger, s'élève dans la salle dans le sens indiqué parles flèches. Le poêle remplit l'office d'une véritable cheminée d'appel de l'air neuf qui s'introduit par les orifices pratiqués sur les murs de face du bâtiment; l'air vicié, au contraire, est expulsé par des ouvertures d'extraction, ou par des ventilateurs placés dans les fenêtres ou dans les murs, ou par tout autre moyen.
Il est facile de comprendre que la vitesse d'écoulement de l'air qui traverse le poêle croîtra avec la température que Tair acquiert dans le poclc, et que plus celle-ci sera élevée, plus grande sera cette vitesse.
-r^^-^ il
fr
^fmimtmmmfU
Fig. 238. — Venlilalion ëncrgique pour les salles d'hApilaux.
C'est pour augmenter cet ciïct qu'on emploie des poêles très-éicvés et trèsétroits, si étroits même qu'on peut les cacher dans l'épaisseur des murs, comme cela a été fait dans plusieurs édifices, aux bâtiments d'administration de la gare du Nord et à l'École polytechnique par exemple.
La grande hauteur des poêles présente encore l'avantage d'augmenter la surface de chauffe, ce qui active le tirage, et d'assurer aussi dans tous les temps, même quand on ne chauffe pas, le mélange de l'air neuf avec celui des salles. En effet, les poêles élevés déversent l'air de très-haut, dès lors il est obligé de descendre vers les orifices d'appel placés généralement à quelques centimètres au-dessus du parquet. En été on pourrait se servir de ces poêles pour la ventilation en plaçant dans l'intérieur du cylindre creux des poêles un lampion à huile ou un faible bec de gaz.
Le système d'appel que nous venons de décrire produit une ventilation énergique que nous recommandons pour les hôpitaux.
Un autre système de ventilation qui mérite d'être signalé c'est celui de l'hêpital de Glascow (i). « Dans cet établissement, dont M. L. Lefort a bien voulu me communiquer les plans, la ventilation s'opère par l'action directe de la chaleur développée par la combustion de la houille dans des cheminées.
> Le chauffage est effectué par des foyers ouverts et: placés au centre de la salle, à chaque extrémité d'une cheminée quadrangulaire, à laquelle ses dimensions permettent de contenir dan^ son épaisseur tous les tuyaux des autres étages (fig. 239 et 240,) et un espace de i mètre, sur 1°*, 20 réservé au centre, est séparé en tubes d'aspiration destinés à enlever des salles l'air vicié par la respiration.
» Sur deux côtés du corps de cette cheminée centrale et près du plafond dt^ la salle, existe une ouverture qui conduit cet air dans le tuyau à fumée; sur les deux autres côtés et au même niveau, deux autres ouvertures l'amènent dans les tubes d'aspiration. Si l'on ajoute à ces quatre ouvertures celles de deux chemi-
(1) Tout ce qui est relaUf à cet hôpital est extrait de Touvrage de M. le général Morin, Etudes sur la venWaiionf t. I, page 29. Nous n'avons pu résister au désir de communiquer ce renseignement de M. le docteur Lefort, car Thôpital de Glascow est un modèle à suivre. Voici ce que nous trouvons à ce sujet dans un journal, L'Ami des sciences, n» 8, 23 fév. 1862, sous la signature du docteur Rastin : « L'hôpital de Glascow, situé sur les confins de la cité dans U quartier populeux et pauvre de Londres, s'est vu augmenter il y a deux ans d'un nouveau corps de bâtiment dont la construction avait été rendue nécessaire par un accroissement considérable de population; ce nouveau bâtiment serait en quelque sorte un modèle à proposer aux architectes et aux ingénieurs. Aération parfaite, assurée par de larges et nombreuses fe nôtres, et favorisée, môme lorsque les fenêtres et les portes restent fermées, par un canal pratiqué dans l'épaisseur môme des murs et semblable à ceux qu'emploie le génie dans la construction des magasins à poudre; chauffage effectué par des foyers ouverts, alimentés au charbon de terre et placés au milieu des salles, à chaque extrémité d*une cheminée quadrangulaire qui contient à son centre un espace de i>n,20, séparé en tubes d'aspiration destinés à enlever l'air vicié. » (Voy. nos figures 239 et 240, qui indiquent les dispositions signalées par le docteur Bastin.)
m TRAITÉ COMPLET DU CHAUFFAGE tT DE LA VENTILATIOM.
minijcs, on aura six orifices pour l'écoulement de l'air vicié de la grande salle,
écoulement <ii]i se fait naturellement, la chaleur du foyer sulîisant pour échauffer
les tubes aspirateurs et déterminer le tirage.
> L'air frais entre dans la salle par Irenle-cinq ouvertures sans compter les portes. Six orifices, trois de chaque colé, placés dans le plafond, communiquent par un canal placé entre deux planchers coiHigus avec une ouverture ménagée dans la façade.
c Les murs (fig. 3il) sont en quelque façon dédoublés et interceptent dans leur épaisseur une sorte de canal interpariétal, qui s'ouvre au niveau de la partie supérieure et de la partie ■ inférieure des quatorze feuétres. L'air pénètre ainsi entre les murs et arrive dans la salle par vingt-huit ouvertures placées dans les angles que forment les murs latéraux avec le plafond et le plancher. Il suffit de lever de O'jOâ la moitié supérieure ou de baisser de la même quantité la moitié inférieure de chaque fenêtre pour intcrccpler en grande partie l'entrée de l'air