‹ Traité complet théorique et practique du chauffage et de la ventilation desChapitre 54 sur 65 · du picinior · texte numérisé non relu

du picinior

Fi|[. iaa. - Cnipo lon^ludiiulD

l'hApital de Glamtw. (Écbolle ds O-.OVjpouriDètro.) — I, i, tbc-

étiEOl; 3 cl 4, du premier cl du rei-do'ChiutKio ; A, lujiu d'il' (^nlion du rei-de -choii9«>ei B, du prcmior i^Lag:c; C, du

par celte voie indirecte. Enfin au-dessus de la porte se trouve une large ouvcr* lurc à claire-voie qu'on ouvre et qu'on ferme à volonté. Ces moyens permellent une ventilation graduelle de la salle, parfaiLe alorj même que les fenêtres restent fermées, car l'on peut ventiler les angles inférieurs et supérieurs où l'air a de la tendance à séjourner. > Certes voilà un mode de chauffage qui doitproduire une

ventilation très-énergique. En somme^ nous conseillons d'employer pour les hôpitaux le chaufTage à la vapeur qui permet de ventiler en été par Tair comprimé, qui donne de Tair frais, puisqu'on peut pulvériser de l'eau dans l'air qu'on insuffle. Ce mode offre encore l'avantage de pouvoir, dans les fortes chaleurs ou

Fig. 241. — Coupe du pavillon de chirurgie do Glascow. (ÉclicUo do 0",005 pour mclre.)— A, soussol, cuisines, etc.; B, salles de chirurgie; B", Iroisiùmo dlagc, amphit éâlre, etc. ; 1, cnliéc d'air directe ouverte; % çamil d'a<^ralion fermé; 3, canal d'aération inférieur ouvert; 4, aspiration jtar les cheiniiiéoà ; 5, canaux d'aéralion par les plafonds.

en temps d'épidémie, mêler à l'eau une petite quantité d'acide phénique on. tout autre désinfectant. Tels sont les moyens que nous croyons les plus efficaces pour la ventilation des hôpitaux.

Ambakiiicrfl. — Nous sommes obligé d'emprunter à la Prusse un modèle de

iîl TRAITÉ COMPLET DU CHAUFFAGE CT DE LA VENTILATION.

ventilation des ambulances (1), modèle copié du reste sur un type américain. Ce baraquement a été construit â Minden. Sur tout son pourtour (fig. 242) il a été réservé une rainure a de 0~,05 environ au niveau du (ilanclier. Cetle ouverture communique avec l'espace restant libre entre le double plancher b; cet espace communique lui-même avec des cheminées d'appel en tôle c, débouchant dans la partie supérieure de la couverture. Dans les cheminées d'appel on fait

lU liU pD«l<

passer les tuyaux des poêles m, dont la chaleur provoque une Torte aspiration vers la partie supérieure et rejette au dehors l'air vicié de la salle.

Cetle disposition simple et ingénieuse donne d'excellents résultats.

Égilacs. — A propos du chauffage des églises nous avons parlé assez longuement de leur ventilation (voy. page 151]); aussi nous ne reviendrons sur ce sujet que pour insister sur la nécessité de leur chauffage et de leur veutilation, ne serait-ce que dans le but de conserver les tableaux, menuiseries cl objets d'art que les éghses renferment. Nous avons vu en effet beaucoup d'églises, dans le nord de la France, où l'humidité qui règne dans leur intérieur est (elle, que les pierres verdissent à 1 mètre et 1°',50 au-dessus du sol, de sorte que tout pourritdansunpareilmdieu. Qu'on ne croie pas â l'exagération; il suDira de visi-

(I) La n^re et les quelques lignes qui l'aRComp^ncnt sont tirées d'un excellent livre de notre confrère Demanet, ingénieur -architecte, intitulé Éluda )ur ta constmction des ambulaacfê temporairti, etc., 1 val. in-S».

VENTILATfON DES ÉDIFICES PUBLICS. Hb

ter les églises de la Normandie pour se convaincre de la véracité de notre récîl. Eh bien, pour éviter un (el état de choses, il Taudrait les cliauÎTer et les ventiler en hiver, ou tout an moins les venliler en été. Plusieurs moyens de ventilation sont crOcaces. D:ins bien des cas, on pourrait installer dans les églises qui possèdent des cryptes un moteur Lenoir qui mettrait en mouvement un ventilateur quelconque. Si l'église ne possède pas de crypte, dans une sorte de tambour pratiqué devant une des porles qu'on n'ouvre jamais, on pourrai t. établir cetle installation .

Un autre moyen serait d'installer dans les combles ou dans les tours, ou l'une des tours du clocher, un ou plusieurs ventilateurs plus ou moins puis3ants,fonctionnant seuls au moyen d'un mouvement d'borlogerie,comme le ventilateur Ligny par exemple. Ces appareils allireraient l'air dans les combles, ce qui ventilerait en même temps la charpente et sécherait l'humidité qui ruisselle sur les murs de certaines églises; on établirait des prises d'air dans des positions favorables, et autant que possible sur les qualre faces de l'édifice. Avec celte simple précaution on ne serait point exposé à voir périr des chefs-d'œuvre, que bien souvent les fabriques insouciantes laissent dévorer par la moisissure et les champignons.

AmpbKkéKrcB. — Les petils amphithéâtres peuvent être ventilés comme les écoles et les classes de dessin; nous n'avons pas à nous en occuper ici, mais seulemcnl des grands amphithéâtres.

Le meilleur système consiste à établir sous la chaire du professeur (fig. 243)

icié ; I, i^tne d'ippul J« l'uir Ykiii.

un calorifère à air chaud A, dont la puissance soit en rapport avec le cube à chauffer, el qui fournisse une ventilation à raison de 15 mètres cubes par heure et par léle avec le maximum des auditeurs. L'air de ventilation arrive dans une chambre de mélange C, et sort par différentes bouches placées ça et là dans l'en-

ceinte, mais de manière à ne pas incommoder les auditeurs. L'air vicié est appelé par des orifîces silués sur la face perpendiculaire des gradins^ se rend dans l'espace E, et sort par des ouvertures H pratiquées dans le sol de cette sorte de chambre d^extraction. Le conduit de la fumée B, qui passe dans la gaine d'appel I, produit un appel énergique ; il est bien entendu que celte gaine est hermétiquement fermée au point A. Telle est la ventilation d'hiver. En été l'air frais arrive dans la chambre C et par une ou deux ouvertures pratiquées dans le plafond ou la coupole de l'amphithéâtre, et à l'aide d'un bec de gaz allumé au point B par exemple, on extrait l'air vicié par les mêmes orifices que pour la ventilation d'hiver. ...

Pour les amphithéâtres de dissection et de chimie, il faut élever le volume d'air à introduire à 20 et 25 mètres cubes par tête et par heure.

Saiicss d'oMembiée. — Lcs salles d'assemblée ne sont en définitive que de vastes amphithéâtres; la plus grande» nous pourrions môme dire la seule difficulté, consiste à régler le chauffage et la ventilation d'une manière à peu près régulière. Il est difficile mais non impossible d'obtenir ce résultat. Pour cela il faut étudier les causes qui |)euvent influencer d'une manière quelconque sur les effets du chauffage et de la ventilation.

Ces causes sont multiples; mais les deux principales sont les variations de la température extérieure, et parfois la variation beaucoup plus brusque des membres présents.

Donc, pour obtenir une température constante, il faut pouvoir varier le chauffage et la ventilation, et pour cela il n'y a qu'un moyen : il faut qu*un ingénieur, à l'aide du télégraphe, commande aux chauffeurs d'ouvrir plus ou moins de bouches de chaleur en hiver, et d'augmenter ou diminuer la ventilation en été. Quant au meilleur mode à appliquer^ pour le chauffage c'est la vapeur, et pour la ventilation c*est l'installation établie au grand amphithéâtre du Conservatoire des arts et métiers à Paris, et qui consiste à faire arriver l'air extérieur de deux points différents, par le bas et sous l'amphithéâtre, cet air sert à alimenter la chambre de mélange, et par le haut de l'amphithéâtre; mais cet air ne pénètre dans l'intérieur du local qu'après avoir traversé une surface supérieure qui reçoit de l'air chaud. Pour l'air vicié, il est appelé dans une cheminée d'évacuation, par le système d'appel renversé.

Tel est le mode le plus simple^ le plus sûr et le plus économique de chauffer et de ventiler les amphithéâtres. Il est bien entendu qu'on doit chauffer ces enceintes une heure ou deux avant l'ouverture des cours et des séances; il va sans dire, que les dépendances qui entourent généralement les amphithéâtres doivent également, être chauffées et ventilées à une température aussi élevée, si ce n'est supérieure. Cette condition est d'une nécessité absolue, car s'il en était autrement, on conçoit que l'ouverture des portes amènerait constamment

des courants d'air froid, ou que les couloirs enveloppant les amphithéâtres^ s'ils étaient plus froids que ces derniers, appelleraient toute la chaleur.

ThéAUpcs. — Le théâtre est sans contredit le monument le plus difTicile à chauffer et à ventiler, parce qu'ici on n'a plus affaire à une enceinte close d'une manière permanente, et que le cube à chauffer et à ventiler, le nombre des personnes présentes, sont extrêmement variables.

En outre, l'ouverture du rideau de la scène, des pbrtes de loges et des galeries, la grande capacité de la salle et de la scène, tout ce vaste ensemble, enfin tout ce mouvement et tout ce déplacement qui se produisent dans un théâtre font qu'il est impossible de pouvoir fixer même des moyennes pour installer un bon système de chauffage et de ventilation.

Aujourd'hui, on divise le théâtre en trois parties qu'on chauffe et qu'on ventile avec des appareils plus ou moins puissants suivant les capacités auxquelles ils sont affectés. C'est par ce moyen qu'on arrive à harmoniser la température dans un théâtre.

Quant aux modes de chauffage, on peut utiliser indifféremment les calorifères à air chaud, à l'eau chaude et à vapeur, soit séparément, soit concurremment pour chauffer l'ensemble de l'édifice. Cependant nous dirons que si l'on emploie plusieurs modes à la fois, on doit placer des calorifères à air chaud pour la salle et les locaux qui l'enveloppent et employer l'eau chaude ou la vapeur pour la scène et ses dépendances et le bâtiment d'administration; si, au contraire, ou ne veut qu'un seul mode, on fera bien de fixer json choix sur la vapeur.

Mais quel que soit le système adopté, les couloirs, foyers, vestibules, escaliers et autres dépendances qui entourent la salle doivent être chauffés à 18"* et cela d'une manière constante, une heure avant le spectacle et jusque vers une heure avant la fin.

La température de la salle doit être à 20"*; celle de la scène à 15"* ou 17^. La température des divers locaux réglée de cette façon, les courants d'air des différentes parties de l'édifice concourent vers un point unique, la cheminée d'appel du lustre, qui, quoi qu'on dise, est encore en ce moment le meilleur mode de ventilation, et que d'Arcet a mis le premier en pratique. . On a fait à Paris des essais désastreux pour supprimer la cheminée du lustre ; et pour cela on a employé des procédés d'éclairage tellement ruineux qu'on a dû y renoncer; aujourd'hui, dans ces mêmes théâtres, on a établi la ventilation par le plafond de la salle comme partout ailleurs.

Nous devons dire cependant qu'il existe un autre mode de ventilation imaginé par le docteur Tripier qui mérite, sinon d'être pris en considération, au moins d'être mentionné, aussi nous le décrirons un peu plus loin; pour l'instant nous allons analyser un système de ventilation qui fonctionne actuellement à l'Opéra de Vienne.

iiS TriAlTÊ COMPLET DU CHAUFFAGE ET DE U VENTIUTION.

Opiwn de vl«Bne. — La ventilation de ce théâtre a été Tort bien étudiée, elle a' été installée d'après le système du docteur C. BOhm (aspiration de l'air à l'aide d'une pompe).

Une prise d'air (fig. 244) est établie en P; c'est de ce point, qu'au moyen d'une machine d'une puissance de douze chevaux-vapeur, on s'assure de la quantité nécessaire. Celte machine, établie dans le deuxième sous-sul, coinmu-

Fii. su. — TliUlra tlD Vimno (Aulriche). — 0. chirabro ilo Dii5laii£«i D, ^Ino d'iiriP. prÎH d'air ; v, lir de icnliblion.

nique un mouvement de rotation à un ventilateur à hélice de 3 mètres de diamètre (système de la turbine Jonval) pouvant Tournir par heure, suivant les besoins, de 40 à 120000 mètres cubes d'air.

L'ensemble des locaux du sous-sol de P en D, dont la hauteur est de 7'",40, renferme une vaste chambre, une sorte de résenoir recevant l'air qui s'y rafraîchit en été et s'y échaulTe en hiver. De là, l'air est amené par le ventilateur dans le canal principal de conduite, et sous la salle par sept gaines D ; trois pour le parterre et deux de chaque cAté pour les couloirs.

Comme le montre noire figure 244, le sous-sol est divisé en trois étages et l'air neuf peut être dirigé à volonté de l'étage inférieur à l'élap^c supérieur au moyen de tuyaux cylindriques D, D, qui mesurent i mètre de diamètre, ou bien le même air peut arriver dans la chambre du calorirérc en passant par des ouvertures circulaires régnant autour de ces tuyaux afin de pouvoir chauffer préalablement l'air froid en hiver.

En toute saison l'arrivée de l'air peut être réglée à l'aide de cloches en tAle

disposées au-dessus des tuyaux et des anneaux qui les entourent, et suivant qu'on veut donner ou supprimer de l'air, on fait monter ou descendre ces cloches.

Sous le plancher du parterre il existe douze bouches de ventilation qui se branchent sur les trois gaines dont nous avons parlé. L'air sort de la chambre de mélange et débouche sous les fauteuils du parterre par d'autres gaines verticales adossées aux murs des couloirs du rez-de-chaussée, lesquelles gaines desservent aussi les baignoires et les première et deuxième galeries, puis cet air quitte les parties extrêmes de la chambre annulaire de mélange pour arriver dans les troisième et quatrième galeries ; enfin cet air sort par la gaine d'appel existant au-dessus du lustre.

En été, une ventilation spéciale à air frais s'effectue au moyen d'un appareil propulseur qui amène l'air tout autour du plafond.

Le chauffage est obtenu par la vapeur, et il ne faut pas moins de 18 000 mètres de tuyaux pour distribuer la chaleur. Ces tuyaux sont en fer étiré ayant O'^yO^o de diamètre intérieur.

C'est sous le parterre qu'est située la chambre de réglage et de distribution de la chaleur. Un tube d'air sert à communiquer les ordres aux chauffeurs. Le service général, pour connaître le degré de la température ou l'intensité de la ventilation sur tel ou tel autre point de l'édifice, est fait par un télégraphe électrique dont les fils des signaux ont une longueur totale de 38000 mètres.

Hjmtémc du docteur Tripier. — M. le docteur Tripier s'est beaucoup occupé de l'assainissement des théâtres (1), et dans une brochure (2) il a consigné avec ses observations un système de ventilation qui, plus étudié, pourrait donner d'excellents résultats ; ce qui suit est tiré de la note publiée par le docteur Tripier, mais nous avons réduit les figures de moitié.

Dans ce projet (fig. 245), contrairement à ce qui se pratique ordinairement dans les théâtres, l'extraction de l'air vicié se fait par appela en conlre-bas. Cet air, pris dans la salle par les bouches A, Â, a', a', est conduit par les canaux a, situés sous le parterre et compris dans l'épaisseur des planchers, dans une cheminée d'appel B, B.

L'appel peut être déterminé soit par m\ propulseur mécanique, soit par un poêle à air ou à eau chauffé à l'eau ou à la vapeur, soit enfin par des becs de gaz qui servent en même temps pour l'éclairage.

L'air neuf, pris en II à la partie supérieure de la façade du théâtre, serait amené dans la salle en J, au-devant et au-dessus du rideau, par un large conduit

(i) Aim. (Thygiène ptiblique et de médecine légale, 1858, 2« série, t. X, p. 67, et juillet 1859, 2« série, t. XU, p. 107.

(i) Assainissement des théâtres, ventilation, éclairage et chauffage, par le docteur Â. Tripier, une broch. in-S» de 36 pages et 4 l)g. Paris, J.-B. Baillière et Uls, 1864.

circulaire I, I, posé sous le plancher du grenier. Le niouvemenl de Tair frais par cette voie pourrait être déterminé par un propulseur si c^était nécessaire. Il serait toujours facile de disposer la prise d*air de manière que Tarrivée spontanée de Pair frais en J ait toujours lieu. Il suffirait pour cela de séparer du reste du grenier, par une cloison K, une chambre à air frais L, portant à sa partie supé*

Fig. 345. - - Vciilîlatioii par appol en contre-bas. — A, a\ cxtraclion de l'siir vicié; B. chcminéo d'appel; d, e, cbambre d'air vicie; i, conduit d'air; H, prise d'air; J, son arrivëo ; H', papillon; K, cloison; L, cbambro d'air frais; M. prise d*air sur la scène; m, son arrivée; n', n, arrivée dans la salle.

rieure deux ailes de papillon H' dont l'ouverture plus ou moins grande réglerait l'accès de Tair du dehors.

Pour compléter ce qui est relatif à la ventilation, il convient d'indiquer une source d\iir pur qui ne serait ulilisée que pendant Thiver.

Le chauffage de la salle se fait par des bouches qui s'ouvrent, non plus dans les corridors, comme cela a lieu partout, mais ay fond de la scène en M. L'hiver, ces bouches fournissent un certain volume d'air qui chauffe en même temps qu'il ventile, et rend moins appréciable le refroidissement causé par l'arrivée de l'air frais en J, arrivée que ce mode de chauffage permet d'ailleurs de modérer en raison du volume d*air qu'il fournit à la ventilation.

L'économie du projet peut être ainsi résumée :

Tandis qu'aujourd'hui l'évacuation de l'air vicié se fait par un courant central et son renouvellement par des courants entrants périphériques, l'évacuation se fait, dans le système proposé par le docteur Tripier, par la périphérie, et le renouvellement par un courant entrant qu'on peut considérer comme central, n, n\ ou par deux courants it, n' et m dirigés tous deux de la scène vers la salle. Cette condition, outre les avantages qu'elle présente au point de vue de la ventilation, est encore éminemment favorable h l'acoustique.

D'après le docteur Tripier, son système de ventilation aurait donné à Toulon des résultats satisfaisants en 1862. Cependant il a dû y apporter quelques modifia

VENTILATION DES ÉDIPICES PUBLICS. Mt

calions de détails qui lui parurent nécessaires et avantageuses, dont la plus iinporlanlc consistait dans la subslihilion d'une évacuation en nappe, au lieu d'une évacuation par des tuyaux. Notre figure 240 montre cette disposition.

Le docteur Tripier (1) poursuit ainsi l'analyse de ses projets : c Les figures 2i6, 2i7 el 248 (2), reprcsenlenl le projet modifié que j'avais, en octobre 18fii, remis à mon ami Ch. Garnier, architecte du nouvel Opéra. La question de l'éclairage n'étant pas résolue à cette époque, la partie supérieure de l'épure est donnée en double; une des dispositions (fig. 247) répond à l'adoplion d'un système - de torchères périphériques, l'autre (fig.

2i8) à l'adoplion d'un lustre central.

Ce projet ne fut pas accepté par le mînislère d'État, alors chargé des théi- Ires; mais il a élé adopté par M. Th.

Charpenlier fils pour la nouvelle salle des BoufTes. >

D des i\tiUni (syilinK

Vif. ite. — Év«

Seulement le docteur Tripier regrette pour ce dernier théâtre que le projet de ventilation arrêté ait été trop incomplètement eiécuté pour donner des résultats appréciables, parce que la voie afTcclée au renouvellement de l'air y a clé, sinon supprimée, du moins réduite à des proportions dérisoires; au théAtrc de Toulon, au contraire, l'épreuve tentée aurait donné des résultats assez satisraisanls.

Nos lecteurs seront peut-être surpris de ne point voir figurer dans notre élude

(I) Op. cit., p. 16.

(i) Dans l'orignal, ces ligures sont numérotâes II, Il frit cl III; numérotage ic notre livre.

is j avons substitua le

sur les théâtres le mode de ventilation appliqué à TOpéra de Paris ; en voici la raison : M. Garnier a sur la ventilation des théâtres des idées éminemment pratiques qui, dansTapplication, auraient donné certainement d'excellents résultats. Mais les architectes du gouvernement (nous Tavons appris autrefois à nos dépens) ne peuvent toujours faire primer leurs idées, et des commissions officielles de théoriciens viennent souvent apporter du trouble dans une question au lieu de l'élucider, et font presque toujours appliquer des systèmes très-incomplets ou défectueux; c'est ce qui est arrivé à l'Opéra. Aussi M. Garnier, qui est aujourd'hui seul maître dans son domaine, étudie le remaniement du service de ven-. tilation. On peut donc considérer que rien n'est terminé à l'Opéra à ce sujet; que certainement des modifications considérables seront apportées à ce service. Nous tenons ce renseignement de source très-certaine. Notre confrère a d'excellentes théories sur ce sujet; nous l'avons vu dans le court, trop court chapitre d'un (1) de ses livres où il parle du chauffage et de la ventilation des théâtres.

Comme nos lecteurs peuvent s'en convaincre par ce qu'ils ont déjà vu, si la question de la ventilation des édifices en général est loin d'être résolue, celle des théâtres en particulier fournira encore longtemps des sujets d'éludés. Cependant il ne faut rien exagérer, et admettre au contraire que, quoique la théorie pure condamne certaines données pratiques, il faut savoir en tenir compte, car elles ont beau ne pas donner des résultats scientifiques, elles n'en fournissent pas moins des certitudes pratiques et c'est là l'essentiel.

Résumons maintenant ce court paragraphe sur les théâtres (2). Voici les principaux points qu'on doit observer jusqu'à nouvel ordre pour leur ventilation :

V Préférer la ventilation par appel du lustre, plutôt que par l'appel renversé, l'absorption du son par cette ouverture ne présente pas. des inconvénients aussi graves que certains théoriciens le prétendent. Le diamètre de cette ouverture sera tel qu^il puisse évacuer 150 mètres cubes d'air à la vitesse de 4 mètres en une seconde par mètre cube de gaz brûlé;

2° Il sera bon de ménager sur la scène une cheminée d'évacuation, ne seraitce que pour empêcher la fumée des poudres et flammes de Bengale employées dans certaines pièces d'arriver dans la salle;

3° La température devra être maintenue aux degrés indiqués plus haut, et, si faire se peut, à l'aide d'appareils à vapeur;

(1) Le thèâlrêi par Charles Garnier, architecte du nouvel Opéra, 1 vol. in-S» de vn-470 pages. ^a^is, Hachette et Oie, 1871.

(2) II y aurait encore beaucoup à dire sur le chauflTage et la venUlation des théâtres; un moment nous avons voulu en faire un chapitre spécial de notre livre; et en creusant la question, nous avons vu que ce ne serait pas un chapitre, mais un volume qu'il faudrait écrire. Espérons qu*un homme compétent l'écrira un jour.

VOTIUTION DES ÊDlKlf.ES PUBLICS. 233

4" Les prises d'air devront être aussi éloignées que possible des cheminées (l'extraction; l'air neur chaud en hiver, frais en été, sera amené dans la salle par des coffres ménagés dans l'épaisseur des planchers de chaque étage des loges ou galeries; mais on devra toujours s'efforcer de faire arriver l'air devant la figure des spectateurs plutût que sur la nuque; car ce serait nonseulement désagréable, mais très-dangereux; 5' L'air vicié sera aspiré par des ouvertures d'extraction pratiquées dans le fond des loges, et dans le parquet de l'orchestre et du parterre. On pourra aussi ménager des ouvertures sur toutes les surfaces de la salle, dans des endroits peu apprents;

6" On devra utiliser la chaleur développée par les appareils d'éclairage et empêcher les produits de la combustion de ceux-ci d'augmenter les causes de viciation de l'air.

Un excellent système, usité en Angleterre, est celui qui est représenté par nos figures 249 et 250 et dont voici la description d'après le général Morin (1). r On voit dans la salle des Pas-Perdus du Parlement, k Londres, des candélabres à gaz disposés de manière que les produits de la combustion sont renfermés en vase

appiireil il g» »ï« ëcluppomiuil «.léricur "î- *»■ - '"'" '•0 f.ppireil 1 e» â-iàtUi.

do lu ruinée.

clos et s'échappent vers les galeries souterraines d'appel par l'intérieur du candélabre, qu'ils transforment ainsi en sorte de poêle en lui abandonnant une partie de leur chaleur. Nos figures donnent une idée de la disposition de ces

(1) Éluda »vT la venlitation, introd., p. !5, vol. I.

tu TRAITÉ COMPLET DU CHAUFFAGE ET DE LA VENTILATION.

appareils. A, B est le candélabre qui supporte le bec a alimenté par un polit tuyau coudé b, et surmonté d'un verre ordinaire d, d. En dehors de ce verre et sur la partie supérieure A du candélabre repose un autre verre cylindrique C, C recouvert par une double plaque D en mica qui s*pppose à Téchappemenl des gaz brûlés par la partie supérieure de C, C. Le fond du cylindre C, C est formé aussi par une plaque de mica e, e, qui est percée en son milieu pour laisser arriver au bas l'air extérieur et qui reçoit le verre en d, d. Outre cette ouverture centrale la plaque e, e en porte quatre autres disposées sur deux rayons perpendiculaires et qui reçoivent les extrémités de quatre tuyaux fy fy lesquels, en se courbant vers Taxe du candélabre, viennent déboucher inférieurement dans un tuyau central h communiquant avec la galerie souterraine d'appel, i

En jetant les yeux sur nos figures et après avoir pris connaissance de la description qui précède, il est facile de se rendre compte que le gaz arrivant par le tuyau b alimente le bec, qui reçoit Tair nécessaire à la combustion par fouverture placée au-dessous de lui et pratiquée dans la plaque de mica, et que les produits de la combustionne pouvant s'échapper par la partie supérieure D du cylindre C et attirés par l'appel inférieur, descendent par les tuyaux f et débouchent dans le tube central h pour se dissiper par l'orifice d'extraction.

Nous avons fait voir ce modèle, appelé sun bumer, parce qu'il renferme le principe de la ventilation à appliquer aux appareils au gaz; et quelle que soit la disposition adoptée, ce système fojictionnera, pourvu qu'on obtienne dans l'appareil un appel énergique et l'arrivée de l'air nécessaire pour la combustion.

En résumé il y a trois modes différents de combiner l'éclairage et la ventilation :

1** En plaçant les becs de gaz en dehors des locaux qu'ils éclairent et cela au moyen de verres dormants ; ce mode est appliqué dans tous les locaux que l'on veut mettre à l'abri du feu;

2° On peut placer l'appareil dans le local à éclairer; mais alors on emploie le système des sun burners que nous venons de décrire ; dans ce cas tous les appareils doivent être munis de gaines qui servent à évacuer les produits de la combustion ; ce dernier mode contribue à la ventilation des enceintes ;

3"* Enfin, si les becs de gaz brûlent dans les locaux eux-mêmes, on peut se débarrasser des produits de la combustion, en alimentant les appareils par une prise d'air extérieur.

Il est donc bien facile de débarrasser l'air que nous respirons des causes de vicialions provenant des appareils d'éclairage, et il est très-surprenant que beaucoup de nos confrères s'en occupent si peu dans leurs constructions.

Espérons que dans quelques années tous les appareils à gaz seront installés dans de bonnes conditions.

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