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IV. ENGRAIS MIXTES

Qu’appelez-vous engrais mixte ou complet ?

C’est un engrais qui renferme toutes les substances minérales et organiques dont les plantes ont besoin pour croître et produire, ou un engrais qui rend au sol autant d'éléments de fertilité que les récoltes lui en enlèvent.

Quel est l’engrais qui réunit ces qualités ?

C’est le fumier de ferme.

De quoi se compose le fumier ?

À Le fumier se compose des déjections solides et liqui- | { | des des animaux ainsi que de la litière qu’on leur donne.

Quelle est la valeur du fumier de ferme ?

|| C’est le plus important de tous les engrais et la base LA | de la production agricole.

; Quelles sont les causes qui influent d’une manière générale sur la qualité du fumier ?

IRL La qualité de la nourriture donnée aux animaux 1 influe d’une manière sensible sur la qualité du fumier produit. Plus cette nourriture est bonne et abondante,

meilleur et plus abondant est le fumier.

Y a t-il une autre cause qui influe sur la qualité du fumier ? I

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aptes à retenir l'humidité et la fraîcheur; ils agissent plus lentement, mais leur effet se fait sentir plus longtemps dans le sol.

Quelles sont les propriétés caractéristiques des fumiers chauds ?

Les fumiers chauds sont spongieux, secs, peu consistants, perméables à l’air ; ils fermentent avec une grande énergie et sont difficiles à conserver ; ils se &écomposent promptement et agissent rapidement sur le sol.

Quels sont les animaux qui produisent respectivement les fumiers froids et les fumiers chauds ?

Les fumiers froids sont produits par les bêtes à cornes et les porcs; les fumiers chauds, par ies chevaux et les moutons.

À quels sols conviennent ces deux espèces de fumier ?

Les fumiers froids, ou ceux de cochons et de bêtes à cornes, s’emploient de préférence dans les sols secs, sableux et chauds ; les fumiers chaux, de cheval et de mouton, s’emploient plus avantageusement dans les sols froids et humides, où les causes de décomposition sont moins actives.

Comment expliquez-vous les propriétés du fumier des bêtes à cornes ?

Les bêtes à cornes mâchent beaucoup plus le fourrage que les autres animaux de ferme, ce qui fait que leurs déjections se composent de parties beaucoup plus divisées et sont moins poreuses. iles boivent et urinent plus que les autres animaux, ce qui rend leur fumier plus aqueux et plus frais.

Le fumier de cochon a-t-il les mêmes propriétés ?

Bien que classé dans les fumiers froids, parce qu'il est aqueux, le fumier de cochon se dessèche plus facilement et devient alors bien plus friable que celui des bêtes à cornes, auquel il est bien inférieur.

Quel inconvénient présente l'emploi de ce fumier ?

Appliqué seul à la culture des plantes-racines, le fu: mier de porc leur communique une saveur désagréable. Pour cette raison et à cause de sa fluidité, il convient de préférence aux prairies, et le meilleur moyen d’en tirer partie, c’est de le mêler aux autres fumiers.

Comment s'expliquent les propriétés du fumier de cheval ?

Les chevaux boivent et urinent bien moins que les bêtes à cornes, se nourrissent à l’écurie de fourrages secs et d’avoine, ce qui rend leur fumier moins aqueux, plus riche en azote et en phosphate, plus énergique que celui des bêtes à cornes, mais aussi plus susceptible de s’échauffer, de se dessécher au contact de l’air, et de perdre ainsi une grande partie de ses éléments fertilisants.

Comment s'explique la prompte décomposition du fumier de cheval ?

Le défaut de consistance de ce fumier favorise l’évaporation de l’humidité, la pénétration de l’air, et accélère la décomposition de la matière organique. Cette décomposition est encore favorisée par la concentration et la richesse en azote de l’urine du cheval, qui se décompose rapidement et agit comr'e ferment.

Le fumier de cheval exige t-il beaucoup de soin ?

Oui, beaucoup plus que celui des bêtes à cornes.

Pour en obtenir de bons résultats, il faut lui donner plus d'humidité que ne lui en procurent les urines du cheval et l’entretenir au moins égal en poids au fumier de vache.

À quels sols convient le fumier de cheval ?

A l’état ordinaire ce fumier, qui est le fumier chaud par excellence, convient aux terrains froids, c’est-à-dire aux sols argileux, profonds et humides, et pas du tout aux terres sablonneuses et calcaires.

Le fumier de mouton est-il aussi chaud que celui de cheval?

Il est moins chaud et son action est plus durable, parce qu’il est plus pailieux et renferme moins d'urine, attendu que les moutons boivent moins que les autres animaux.

A quels sols et à quelles récoltes convient le fumier de mouton ?

À tous les sols, excepté aux terres calcaires; mais il convient de préférence aux terres fortes, argileuses, compactes et humides. Les plantes qui s’en trouvent le mieux sont le tabac et les choux. Il donne une saveur désagréable aux plantes délicates, fait verser le blé et affecte sa qualité ainsi que celle de l'orge, qui fournit moins d’amidon.

Qu'appelez-vous fumiers longs et fumiers courts ?

On appelle fumiers longs, frais ou pailleux, les fumiers qu’on sort des étables pour les employer aussitôt, sans les laisser fermenter. Les fumiers courts ou gras sont ceux qu’on a laissé tomber en une décomposition profonde, qui les convertit en une espèce de terreau qu’on appelle fumier pourri ou beurre noir.

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Quelles sont les propriétés particulières des fumiers longs ?

Ils ont une action bien plus longue et plus durable sur la végétation que les fumiers courts: c’est pourquoi on les applique de préférence aux plantes qui restent longtemps en terre, aux sols forts, compactes et argileux, qu’ils ameublissent tout en les engraissant.

Quelles sont les propriétés particulières des fumiers courts ?

Ils sont lourds, compactes, agissent instantanément sur lee plantes ; mais leur effet a peu de durée, ce qui fait qu’on les applique de préférence aux plantes qui ne restent pas longtemps dans le sol et aux terres légères.

Quelle est la partie la plus riche du fumier ?

C’est la partie liquide, ou l’urine, qui contient en moyenne presque la moitié de l’azote et un peu plus du tiers des mrtières minérales renfermées dans le fourrage.

Est-il important de ne pas laisser perdre les urines des animaux ?

Le cultivateur soucieux de ses plus chers intérêts doit consacrer tous ses soins à la conservation des urines

des animaux, puisqu'elles sont de toutes les parties du fumier la plus riche en éléments fécondants.

Quels rapports existe-t-il entre les déjections solides et les déjections liquides des animaux ?

Les déjections solides et les déjections liquides se complètent réciproquement par les éléments nutritifs végétaux qu’elles renferment. Il faut donc, autant que possible, les réunir pour les rendre au sol; ce n’est qu’à cette condition que le fumier d'étable forme un fumier

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Quel est l'intermédiaire le plus efficace pour opérer cette réunion des déjections liquides aux déjections solides ?

C’est la litière.

Qu’appelez-vous litière ?

Ce sont des pailles, des balles, des fanes, des feuilles ou des matières terreuses que l’on répand sous les animaux en stabulation pour rendre leur couche plus douce et plus sèche, en même temps que pour absorber l’urine et l’incorporer à la partie solide du fumier.

Quelle est la litière la plus généralement employée ?

C’est la litière de paille. La conformation creuse et tubuleuse de la paille lui permet de mieux absorber les urines, de mieux retenir les déjections molles, sans compter qu’elle augmente le volume du fumier et le rend plus propre à ameublir la terre et à iui donner plus de perméabilité.

La paille est-elle elle-même un engrais ?

Oui, puisqu'elle se compose de matières provenant de l’action de la végétation. Sous ce rapport, les pailles les plus riches sont celles des plantes légumineuses, notamment la paille de sarrasin, qui renferme le plus d’azote et d'acide phosphoriqne.

À défaut de paille, que peut-on employer pour litière ?

On peut employer une foule de plantes et de débris végétaux, tels que les fougères, la sciure de bois, les feuilles, la mousse et la tourbe. La plupart de ces matières sont plus riches en azote et en principes salins que la paille.

Quelle est la meilleure de toutes ces matières ?

C'est la poussière de tourbe, qui possède au plus haut dégré la faculté d’absorber l’ammoniaque, principalement quand elle renferme beaucoup de mousse blanche. Grâce à cette qualité, elle agit aussi comme désinfectant et son emploi a pour effet de purifier l’air des étables, surtout des écuries, et d'y maintenir une atmosphère presque entièrement dépourvue d’ammoniaque.

L'emploi de la tourbe, pour absorber les urines, exige-t-il beaucoup de frais ?

Non, pas beaucoup : on fait sécher la tourbe sur champ, ce qui la rend très friable, et les manipulations du transport et de l'emploi la réduisent en poudre. On met cette poudre dans un endroit commode, et, matin et soir, on en répand un peu dans l’allée en arrière des animaux et on l’enlève avec le fumier quand elle est saturée d'urine.

Peut-on employer autre chose au même effet, quand on n’a pas de tourbe ?

On peut employer de la même manière de la terre noire, de la terre à jardin et même de la terre ordinaire, bien pulvérisée.

Comment dispose-t-on les allées pour employer la tourbe ou la terre sèche comme absorbants du purin ?

On lies dispose de façon à ce que la partie contiguë au bout du pavage forme une espèce de rigole de trois pouces de profondeur et d’une dizaine de pouces de largeur, en ayant soin de laisser la partie médiane de l'allée au niveau du pavage. On met dans cette rigole, qui reçoit naturellement toute l’urine, la tourbe ou la

terre destinée à l’absorber, et on enlève le tout avec le reste du fumier.

Existe:t il un autre moyen de recueillir la partie liquide du fumier ?

Oui, c’est le système du drainage des étables et des citernes à purin. Maïs ce système nécessite des frais de construction, des fosses à purin, des tonneaux-arrosoirs et autres dépenses qui ne peuvent être avantagcusement encourues que dans les grandes exploitations.

Quant le fumier, solide et liquide, a été bien recueilli dans les étables, exige-t-il encore d’autres soins ?

. Oui, ce sont les plus importants et malheureusement les plus négligés.

En quoi consiste ordinairement la négligence dans le traitement du fumier à sa sortie de l'étable ?

Les fumiers généralement accumulés à la porte des étables sont enneigés l'hiver et lors du dégel et des pluies, le printemps, le purin s’en échappe, transforme souvent les cours en bourbiers malpropres et malsains et se mêle à l’eau des neiges et des pluies pour être entraîné dans les cours d’eau. Après avoir subi ce lavage, le fumier qui reste en tas durant l'été s’échauffe en se desséchant, et perd par l’évaporation l’ammoniaque et les autres substances gazeuses qui en forment la partie la plus fertilisante, de sorte que, à l’automne, il ne reste pour ainsi dire que de la paille desséchée.

Quelles sont les substances qui sont ainsi perdues par le lavage et l'évaporation ?

Ce sont l’ammoniaque, ou l’azote transformé, l’acide

phosphorique, les sels de potasse et autres, c’est-à-dire les substances qui contribuent le plus à la nutrition et à la formation des plantes et des graines.

Que dit-on de celui qui laisse ainsi perdre son fumier ?

On dit avec raison qu’il fait manger son bien par le soleil,

Quels sont les soins généraux à donner au fumier à la sortie de l’étable ?

Il faut le déposer sur un fonds imperméable afin d'empêcher le purin de s’infiltrer dans la terre. Ii faut que ce fonds soit un peu élevé, afin que les couches inférieures du fumier ne soient pas atteintes par les eaux de neige et de pluie. Eafin, il est bon que l’emplacement du tas de fumier soit couvert, afin de protéger le fumier contre la neige et la pluie, qui le laveraient sans cela, ainsi que contre l’ardeur du soleil, qui le ferait trop chauffer et le porterait à s’évaporer.

Quel fonds est le plus facile à faire pour l'emplacement d’un tas de fumier ?

Cest tout simplement une couche de terre glaise, qu’il est bon d'élever un peu at: bord, pour empêcher l’écoulemen: du purin.

Quelle couverture faut-il donner au tas de fumier ?

Les bons cultivateurs ont souvent un bon hangard à fumier ; mais on peut arriver au même but avec une construction moins dispendieuse et peut-être plus commode, Il suffit de monter sur quelques poteaux une

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couverture en planches, à joints couverts, qui arrête la neige, la pluie et les rayons du soleil.

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ement Est-il un procédé encore plus simple ?

Dans certaines fermes bien tenues, on se contente pour toute couverture de mettre un lit de paille sur le tas de fumier, dès qu’on a fini de le monter et après l'avoir bien foulé. On pourrait mettre un lit de terre sèche, ce qui'serait encore mieux.

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Quelle hauteur et queli: rrme convient-il de donner au tas de fumier ?

On peut le faire circulaire ou carré; mais il faut que le bord soit perpendiculaire au sol et bien droit. La hauteur du tas ne devrait pas excéder cinq ou six pieds.

/ Comment faut-il disposer le fumiér dans le tas ?

Comme les fumiers des divérses espèces d'animaux n’ont pas tous la même valeur ni les mêmes propriétés physiques, il est mieux de les mélanger, afin qu’ils s’améliorent les uns les autres. De cette façon, les fumiers froids tempèrent l'énergie des fumiers chauds, qui sont trop portés à fermenter, de même que les fumiers chauds favorisent la décomposition des fumiers froids, qui s’échauffent plus difficilement.

Est-il bon d’entreméêler des couches de terre avec les couches de fumier ?

C’est ::ne excellente pratique, recommandée et suivie par les hommes les plus compétents. Outre qu'elles régularisent la fermentation, ces couches de terre absorbent le purin et les substances gazeuses qui, sans cela, s’écouleraient au dehors,

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Comment régqularise-t-on encore la fermentation ?

En tassant le fumier. Plus il est foulé, moins il s’échauffe. Enfin, le tas fini, il faut le recouvrir d’une couche de terre, de tourbe autant que possible, qui absorbe les gaz réussissant à s’échapper et devien: ellemême un excellent fumier.

Emploie-t-on aussi le plâtre pour prévenir la fermentation du fumier et fixer les gaz ammoniacaux ?

Oui, on emploie le plâtre à cette fin; mais des expériences scientifiques et pratiques constatent qu’il produit t:ès peu ou point d’effet, et que la terre sèche, principalement la terre sablo-argileuse, lui est infiniment préterable.

Est-il encore un autre moyen d'arrêter la fermentation excessive du fumier ?

Oui: on l’arrose avec du purin ov de l’eau.

Que faut-il faire quand on veut se procurer du purin pour arroser le fumier ou les plantes ?

On pratique autour du fonds de glaise sur lequel doit reposer le fumier, avec des ramifications atteignant le centre, un rigolet qui amène le purin dans un réservoir organisé à cette fin.

Quelle forme doivent avoir ces réservoirs ?

On les fait profonds, mais de peu de diamètre, pour

qu’ils offrent peu de surface à l’évaporation, et on les tient constamment couverts,

Comment fait-on pour arrêter la fermentation du purin dans les réservoirs ?

On jette dans le purin de la couperose dissoute dans de l’eau, ou, ce qui est encore bien mieux, de l’huile de vitriol dilué dans sept ou huit fois son volume d’eau, et J’on brasse le purin, afin que le réactif pénètre partout.

Peut-on emvloyer le plâtre pour arrêter cette fermentation ?

On l’emploie généralement ; mais c’est à tort, car outre qu'il ne possède pas les propriétés voulues pour prévenir la production et l’action de l’ammoniaque, il se dépose au fonds du réservoir et n’agit plus sur le reste de la masse.

Est-il avantageux de laisser décomposer le fumier au point de le transformer en fumier pourri ou beurre noir ?

Non, cette décomposition excessive lui fait perdre plus de la moitié de ses principes fertilisants, sans compter que le fumier pourri est compacte et n’arteublit pas les terres fortes, ce qui fait qu’il convient de préférence aux terres sableuses et graveleuses.

Quand le fumier est-il dans le meilleur état pour être employé avantageusement ?

Quand la fermentation a amalli et aplati les pailles, que celles-ci ont pris une couleur brune, un aspect gras et que toute la masse est parfaitement homogène.

Est-il quelquefois utile d'employer le fumier frais ?

L'emploi du fumier frais est parfois très avantageux. Lorsque le sol est argileux, le climat froid et humide, le fumier frais a pour effet de l’emeublir, de le dessécher et de l’échaufier rapidement.

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Quelle est ordinairement la manière de mettre le fumier sur la terre ?

On le transporte dans le champ à l'avance, on le dépose en tas qu’on laisse séjourner longtemps sur la terre avant de les épandre.

Quels sont les mauvais effets de cette pratique ?

Le fumier ainsi exposé à l’air, surtout dans les temps chauds, perd par l’évaporation une bonne partie de ses substances gazeuses les plus riches en matières fertilisantes. Les matières salines sont dissoutes par les pluies et se concentrent sur l’espace occupé par le tas de fumier, qui se trouve ainsi plus engraissé que le res endroits et fait verser le grain, qui pousse er . ..ffes. Ce qui reste à épandre ne renferme que des ,1atières lavées, desséchées, n'ayant pas plus de valeur que de la paille.

Quelle est la meilleure manière d'éprndre et d’enterrer le funvier ?

On le dépose dans le champ en tas espacés d’une vingtaine de pieds, et l’on épand iminédiatement ces tas de la manière la plus uniforme possible. On enterre ensuite le fumier par un labour.

Quelle doit être la profondeur de ce labour ?

Dans les terres fortes, environ six pouces, et même moins, quand la terre est compacte et très humide. Dans les terres sableuses et légères, il est bon d’enterrer le fumier un peu plus que dans les terres fortes. Enfin, le fumier destiné aux plantes pivotantes doit être enterré à une plus grande profondeur que celui Gestiné aux céréales où autres plantes à racines superficielles.

Quel est le meilleur moyen de bien enfouir le fumier ?

C’est de faire suivre la charrue par des enfants ou des hommes qui, avec des rateaux, ramènent le fumier dans le sillon, à mesure qu’il est ouvert. Le fumier ainsi ramené dans un premier sillon est complètement enterré par le sillon suivant.

Qu'appelez-vous fumure en couverture ?

Cette faumure consiste à distribuer à la surface du sol le fumier qui n’est enfoui que plus tard, après la récolte.

Pour quelles cultures s'emploie la fumure en couverture ?

Pour les prairies, surtout les prés de trèfle, et les récoltes sarclées, notamment les pommes de terre. Ce mode de fumure convient de préférence aux terres légères et sableuses, auxquelles le fumier ainsi employé conserve un peu d'humidité.

Quels sont les inconvénients de la fumure en couverture ?

C’est la méthode qui expose aux plus grandes pertes en azote, sans compter qu’elle favorise la croissance des mauvaises herbes. C’est pourquoi il faut l’appliquer de préférence aux cultures sarclées, dont les binages combattent la propagation des mauvaises herbes.

À quelle dose faut-il employer le fumier ?

Cela dépend de la nature des terres et des plantes à récolter ; mais la dose varie de quarante à soixante et dix voitures de fumier à l’arpent.

Comment s'emploie le purin ?

Quand on emploie le purin séparément, il faut d’abord l’additionner de cinq ou six fois son volume d’eau, sans quoi il brûlerait les plantes. On le répand ensuite sur le champ avec le tonneau-arrosoir.

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A quelles cultures convient le purin ?

Le purin, employé seul, convient admirablement aux prairies, dont il augmente beaucou» le rendement. On peut aussi l’appliquer aux plantes sarclées, sur lesquelles il produit souvent des effets prodigieux.

Quel temps faut-il choisir pou: cpandre le purin ?

Il faut choisir un temps couvert et humide, afin que le purin ne soit pas immédiatement évaporé par le soleil et perdu pour la végétation.

Qu'appelez-vous compost ?

Le compost est un engrais mixte, ou mélange de débris minéraux, végétaux et animaux.

Que fait-on entrer dans les composts ?

On fait entrer dans les composts une foule de déchets et de résidus qui sans cela seraient perdus—balayures, criblures, suie, chiffons, sciure de bois, feuilles, mauvaises herbes, fanes, épluchures de légumes, cadavres d'animaux, poils, plumes, eaux de cuisine et de lavages, charrée, curures de fossés, platras, curures de jardins, ainsi que de la terre et de la chaux.

Pourquoi emploie-t-on de la terre et de la chaux ?

On emploie la chaux pour provoquer et consommer la décomposition des matières animales et végétales ; la terre, pour absorber les gaz fertilisants provenant de cette décomposition.

Quelle est l'utilité du compost ?

Outre qu’il transforme en un bon engrais une foule de matières qui sans cela seraient perdues, le compost a encore l’avantage d'introduire dans l’exploitation des habitudes d'ordre et de propreté.

Comment se fait le compost ?

On donne au tas une forme carrée où rectangulaire et une hauteur n’excédant pas cinq ou six pieds, et on l'installe dans un endroit ombragé, afin que la dessication soit ralentie. Il est bon d’incliner légèrement l’emplacement du tas, pour que les eaux d’arrosage puissent s’écouler dans une fosse qui les retient. Pour faciliter la pénétration des arrosages, on pratique avec un pieu des trous dans le tas. On place les matières les plus dures à décomposer au milieu du tas, où la fermentation est plus forte. Quand c’est possible, on alterne les couches de résidus avec les couches de chaux, et quand la décomposition est opérée, on recoupe, c’est-à-dire on brasse le tas à la pelle, pour effectuer le mélange complet de toutes les matières; et si l’on n'est pas prêt à employer le compost de suite, on couvre le tas d’une couche de terre ou de paille, comme le fumier, pour empêcher les pertes par le lavage des pluies ou l’évaporation.

Emploie-t-on la chaux vive ou la chaux éteinte ?

On peut employer l’une ou l’autre ; mais il est préférable de se servir de la chaux en pierre, qui a une bien plus grande force de décomposition.

Comment s’emploient les composts ?

On les emploie généralement en couverture et on les applique de préférence aux prairies, sur lesquelles l’effet de cet engrais se fait souvent sentir deux ou trois ans. Quand la proportion de chaux est un peu considérable, l’enfouissement du compost équivaut à un chaulage.

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