MISE EN CULTURE DU SOL
Quels sont les travaux requis pour mettre le sol en culture ?
Ce sont les travaux de déboisement, d’épierrement, d'assainissement et les travaux de culture proprement dits, qui comprennent le labourage, le hersage, le roulage et les autres façons que l’on donne à la terre pour favoriser la végétation.
$ 1— Déboisement
Quel est le but du déboisement ?
C’est de débarrasser le sol vierge des bois qui le recouvrent.
Quels sont les travaux que nécessite le déboisement ?
On commence d’abord par essarter, c’est-à-dire arracher ou couper les arbustes et les petits arbres qui poussent au pied des grands arbres. On abat ensuite les arbres de haute futaie et on les fait brûler sur le champ. Pour mieux nettoyer le terrain, on coupe les branches des arbres abattus et l’on amasse ces branches en tas séparés ou sur les piles de troncs d’arbres,
Abat-on de la même façon les bois mous et les bois francs ?
Non: les bois mous, qui brûlent plus facilement, s’abattent d'ordinaire en javelles, c’est-à-dire qu’on les abat de façon à ce qu’ils s’entrecroisent et forment des javelles ou des faisceaux qui s'enflamment et se consomment aisément. Comme les bois francs sont plus difficiles à brûler, on les coupe par tronçons d’une douzaine de pieds de longueur, qu’on empile avec soin, pour favoriser l’action du feu.
Que fait-on de la cendre provenant des brûlages ?
Les colons soigneux ramassent la meilleure, principalement celle de bois franc, et en font de la perlasse ou de la potasse. Les charrées provenant des lessives de potasse et les cendres de qualité inférieure sont répandues sur le sol nouvellement défriché, pour en corriger l'acidité et empêcher ainsi les plantes de rougir.
Comment cultive-t-on les terres nouvellement déboisées ?
On sème à la herse, vu que les souches et les grosses racines rendent le labourage impraticable, c’est-à-dire qu’on se contente de répandre la semence sur le sol et de l’enterrer par un hersage aussi énergique que possible. Quand on n’a pas d’atelages, on laboure à la pioche, on sème sur ce labourage, puis on enterre la semence au rateau.
Quelles sont les plantes ordinairement cultivées dans les terres neuves ?
Ce sont l’orge, l’avoine, le sarrasin, quelquefois le blé, et surtout les pommes de terre, que l’on sème en rangs ou à la butte.
Que sème-t-on avec les céréales ?
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tôt possible la terre neuve en prairie et en pâturage, ce qui est le meilleur moyen de préparer la terre, d’empêcher la pousse des broussailles et de faire pourrir les racines et les souches.
Que fait-on des souches ?
On les laisse quelques années sans leur toucher et, sous l’action des agents atmosphériques, elles se décomposent, les racines pourrissent et leur enlèvement devient facile. Cette décomposition ajoute au sol de nouveaux éléments de nutrition pour les plantes.
Comment se fait l'essouchage ?
Quand on les AUTO assez pourries, on déterre les racines à la pioche, on les coupe aussi loin que possible dans la terre, dont on les extrait, puis on arrache les souches à bras ou avec les attelages, surtout les bœufs, quand elles ne sont pas trop grosses, et avec des appareils spéciaux,
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Fig. 4.—Arrache-souches.
Quels sont les principaux appareils mécaniques ordinairement employés ?
Le cabestan, la chèvre et les arrache-souches.
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Que fait-on des souches agrès les avoir arrachées ?
On les ramasse en tas et on les fait brûler, puis on épand la cendre sur la terre.
Comment se fait le défrichement des savanes ?
On commence par les égoutter autart que possible, au moyen de fossés ; on arrache ensuite les talles de broussailles ou d’arbustes, qu’on amasse en tas, et quand la couche superficielle est assez sèche, on la fait brûler avec les tas d’arbustes.
Quel instrument peut-on employer pour arracher les broussailles ?
La grippe, ou arrache-broussailles, qui est tirée par un cheval et fait beaucoup d'ouvrage en peu de temps.
Comment fait-on pour activer le desséchement des terres savaneuses ?
On passe la charrue de deux pieds en deux pieds, ce qui ramène des billons à la surface et donne de l’écoulement à l’eau renfermée dans les espaces non attaqués par la charrue.
Fig. 5.—Charrue à ruelles.
Quelles charrues emploie-t-on à cette fin ?
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couper les branches et les bois qui se trouvent dans la terre. L’ancienne charrue à rouelles, ou avant-train, en bois et solidement ferrée, est celle qui convient par excellence à cet usage. En France, on emploie la charrue Trochu, munie destrois coutres dentés, qui agissent comme une scie pour couper les racines.
Fig. 6.—Charrue déboiseuse.
$ 2—Epierrement
En quoi consiste l'épierrement ?
À enlever du sol toutes les pierres susceptibles de nuire à l’action des instruments aratoires.
Comment s’enlèvent les pierres ?
On enlève à bras d'homme, celles qui ne sont pas trop grosses et on les amasse en tas dans les endroits où &ïles seront le moins nuisibles.
Comment se débarrasse-t-on des gros cailloux ?
On creuse tout près un trou assez profond, on roule le caillou dedans et on le recouvre d’une couple de pieds de terre, afin que la charrue ne puisse pas l’atteindre.
Que fait-on des cailloux qui sont trop gros pour être enterrés ?
On les fait éclater en les minant. Quand on n’a pas ce qu’il faut pour miner, on les fait rougir en faisant un grand feu dessus ; quand ils sont bien rouges, on y jette de l’eau froide et la contraction qui s’opère fait éclater le caillou en morceaux qu’on peut transporter.
Y a:t-il moyen de tirer parti des pierres et des cailloux ? :
Au lieu d’armasser les pierres et les cailloux en tas, qui sont toujours nuisibles et font perdre la terre qu’ils recouvrent, les cultivateurs soigneux les emploient pour faire des clôtures.
Quel autre parti peut-on tirer des petites pierres ?
On peut les employer pour faire des drains ou macadamiser les chemins bourbeux.
Quel est l'appareil qu’on emploie pour enlever les gros cailloux ?
On se sert à cstte fin de l'arrache-pierres, qui peut enlever et transporter des cailloux pesant une couple de mille livres.
$ 3—Assainissement
Quel est le but des travaux d'assainissement ?
C’est de faire disparaître l’excès d’eau qui se produit à la surface ou dans l’intérieur du sol.
di \ Quels travaux fait-on pour débarrasser le sol des eaux ii | superficielles ?
ÿ Des fossés et des rigoles.
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Ce sont des tranchées ouvertes, destinées à recevoir et | écouler l’eau provenant des rigoles et des raies. es gros
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Fig. 8—Coupe d’un bon fossé
Il faut avoir soin de leur donner la pente ou l’inclinaison voulue pour leur permettre d’entraîner l’eau dans les cours d’eau plus considérables, notamment les ruisseaux et les rivières. Dans les terrains légers, il
oduit faut donner plus de talus aux bords, pour que les éboulis ne les remplissent pas,
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94 TRAITÉ D'AGRIGULTURE
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Quels soins faut-il donner aux fossés ?
Il faut les curer ou les 'epiquer souvent, afin de tou- jours donner à l’eau un écoulement facile.
Que faut-il faire des curures ?
Les curures, c’est-à-dire la boue ou la terre qu’on eniève des fossés pour les entretenir en bon ordre, cons-
‘ ee é ; fa tituent un engrais d’une valeur incontestable. Les culti- à vateurs soigneux les enlèvent au tombereau ou à la cl pelle à cheval, pour les transporter sur les parties les plus pauvres de la terre ou les faire entrer dans les compostis.
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Fig. 9 —-Pelle à cheval Qu’appelez-vous rigoles ?
Ce sont de petites tranchées que l’on pratique à tra-
vers des planches ou des pièces de terre, pour recevoir s’y
l’eau des raies et la conduire dans les fossés. toi Comment doit être faite une rigole, pour constituer un bon + égoût ?
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Dans les terrains plans, elle doit être droite et, si elle m
aboutit à des fossés à ses deux extrémités, elle sera plus creuse à ses bouts qu’au milieu, afin d’avoir un peu de pente pour faire prendre le cours à l’eau. Si elle est
pratiquée dans un bas-fond, elle doit être au centre et (ll suivre autant que possible les sinuosités qu’il décrit, Dans tous les cas, elle doit être plus profonde que les raies, afin d’entraîner l’eau de ces dernières. ; \
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Comment fait-on les rigoles ?