‹ Traité d'agriculture à l'usage des écoles et des praticiens [microforme]Chapitre 30 sur 39 · Le blé de Taganrok, à épi allongé, lâche, à quatre · texte numérisé non relu

Le blé de Taganrok, à épi allongé, lâche, à quatre

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faces et barbes de couleur variante, rousse, noire ou blanche ; grain glacé et dur. Cette variété redoute le froid et ne doit être semée qu’au printemps, sous un climat comme le nôtre.

Quels sont les principaux traits caractéristiques des blés barbus ?

Ces blés ont généralement une paille ferme, peu propre à la nourriture des animaux, mais qui les protège contre la verse. Leur grain a presque toujours une enveloppe plus épaisse et donne, à poids égal, moins de farine que celui des blés sans barbe ; maïs ils sont ordinairement très rustiques, ce qui leur donne l'avantage sur les variétés plus délicates, dans les climats froids et humides.

Comment classe-t-on les blés au point de vue de la conformation du grain ?

On peut les classer : 1° en blé renflé, ou celui dont le grain est court, renflé et presque arrondi, ce qui est la conformation du grain de presque tous les beaux blés blancs ; 3° en blé demi-gros ou moyen, ou ceux dont le grain est long, mais de grosseur moyenne, ce qui est la conformation du grain de presque tous les blés rouges, tels que le lamma, le Kessingland ; 3° en gros blé, ou celui dont le grain est gros et long, tel que celui du blé de Talavera.

Comment classe-t-on les blés au point de vue de la consommation ?

En blés tendres et en blés durs.

Comment reconnaît-on les blés tendres ?

Ils sont faciles à écraser sous la dent, ont une cassure

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blanche, grenue et farineuse. Dans les blés tendres, on distingue les rouges et les blancs. Ceux-ci donnent une très belle farine ; mais elle renferme moins de gluten et fait une pâte plus courte que celle des blés rouges et durs.

Comment reconnaît-on les blés durs ?

Ils sont difficiles à écraser sous la dent, ont une cassure grisâtre, unie, cornée et presque vitreuse. Ils sont lourds et très nutritifs. Leur farine fait un pain plus gris, plus lourd et plus frais, mais plus nourrissant, et qui se durcit moins vite que celui de la farine des blés tendres. ;

Quelles règles faut-il suivre pour faire un bon choix dans toutes ces variétés ?

Il faut se guider sur les circonstances et choisir la variété qui s'adapte le mieux aux conditions de 80l et de climat dans lesquelles doit se faire la culture.

Quelles sont les qualités générales d’un beau blé ?

Le grain doit être pleu., bien formé, lisse et luisant à la surface, d’une teinte uniforme et coulant à la main; il doit être net, c’est-à-dire u'ébarassé de graines étrangères, des vannes, de la poussière et de toutes les autres impuretés.

Choix et préparation de la semence

Quel soin faut-il apporter dans le choix du grain destiné à la semence ?

Il faut prendre bien soin de ne choisir que du blé bien

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mûri, au grain bien formé, plein, luisant et lourd. Il faut aussi, autant que possible, que ce soit du grain de la récolte précédente, qui possède mieux que du blé plus âgé la faculté germinative.

Est-il nécessaire que le grain de semence aît le grain gros ?

Non : le blé à petit grain est aussi bon que celui à gros grain, pourvu qu’il possède les autres qualités vouluss.

Connaissez-vous d’autres précautions à prendre ?

Oui; il est bon de choisir pour la semence du blé récolté dans la terre qui lui convient le mieux, ce qui est une garantie qu’il a conservé ses qualités particulières et distinctives.

Quelle préparation faut- donner au blé avant de le semer ?

Pour protéger le blé contre la carie ou le charbon et contre les attaques de certains insectes, il est bon d’induire la semence avec des matières propres à détruire le germe des champignons dont le grain pourrait être recouvert et à éloigner ou empoisonner certains insectes qui s’attaquent à la semence et la font périr.

Quelles sont les principales matières qu’on peut employer à cette fin ? |

Ce sont la chaux, les sulfates de cuivre et de zinc, le gel marin ou sel ordinaire, les carbonates de potasse et de soude, l’acide arsénieux, l’eau de mer, l’urine pourrie et le jus de fumier.

Comment s’emploient le sulfate de soude et la chaux ?

Pour quatre minots de blé, on fait dissoudre une

livre de sulfate de soude dans quatre gallons d’eau ; on met le grain sur un plancher et on le remue avec une pelle pendant qu’une autre personne verse la solution dessus. Quand le grain est bien humecté, on continue de le remuer avec la pelle et l’on saupoudre dessus quatre ou cinq livres de chaux pulvérisée et fraichement éteinte. Si le grain ainsi préparé ne doit pas être semé de suite, il faut l’étendre en couches minces pour le conserver.

Comment s'emploie le sulfate de cuivre ou vitriol bleu ?

On fait dissoudre un quarteron ou une demi-livre de vitriol dans une quantité d’eau suffisante pour mouiller trois minots de blé, qu’on verse dans cette solution, où elle doit tremper de quarante à quarante-cinq minutes et on laisse égoutter ou même sécher le grain avant de le semer.

Comment s’emploient la chaux et le sel ordinaire?

On dispose quatre minots de blé en un tas de forme conique. Sur le haut du tas, on place un seau rempli d’eau bouillante, dans laquelle on jette quelques morceaux de chaux vive, ce qui produit une violente ébulition et forme l’eau de chaux qui déverse du seau et se répand sur le grain. Quand l’ébullition est finie, on achève de répandre sur le haut du tas l’eau de chaux qui reste, en ayant soin de ne pas verser avec l’eau la chaux déposée au fond du seau. On saupoudre ensuite le grain avec du sel, on le remue deux ou trois fois et il est prêt à semer à la volée. Quand on sème à la machine, il faut laisser sécher le grain, pour ne pas s’exposer à enclouer le semoir.

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Climat et sol

Quel est le climat le plus propice à la culture du blé ?

Le blé s’adapte aux climats les plus variés et se cultive dans toutes les contrées où l’homme a pu s'établir ; mais c’est dans les climats tempérés, comme celui de notre pays, qu’il réussit le mieux.

Quelle est la température qui lui est la plus favorable ?

C’est celle des climats où la chaleur s'élève graduellement : si elle devient subitement très forte, la végétation se ralentit et la récolte est gravement affectée, si cet excès de chaleur n’est pas compensé par l’humidité naturelle du climat ou celle provenant des pluies.

Le blé supporte-t-il de basses températures ?

Oui. lorsqu'il est cultivé dans des terres bien assainies. Ainsi le blé d'automne, qui a deux mois de végétation et qui n’est pas surpris par l'humidité avant d’être couvert par la neïge, ne souffre pas des gelées d'automne et de l’hiver ; il entre en végétation au printemps dès que la température atteint 40 à 50 degrés, ce qui a lieu, dans une bonne partie de notre province, vers le 20 avril.

Quel est le sol qui convient le mieux au blé ?

Tardif de sa nature et d’une composition chimique assez compliquée, le blé ne réussit bien que dans les terres fertiles et assez fraîches pour maintenir longtemps

la végétation en vigueur.

Qu’arrive-t-il selon que la terre est trop fraîche ou ne l’est pas assez ?

Quand la terre est trop fraîche, la plante devient

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aqueuse, molle et la tige se développe au détriment de l’épi, qui porte bien moins de fruit; quand la terre ne conserve pas assez de fraîcheur, la nutrition de la plante cesse et l’épi ne se forme pas.

Que suit-il de là ?

Il suit de là que dans les régions pluvieuses, les glaises et les argiles tenaces, qui retiennent beaucoup d'humidité, sont impropres à la culture du blé, de même que dans les pays secs, les terres sableuses ou trop calcaires, qui ne retiennent pas l'humidité, sont pareillement impropres à cette culture.

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Suffit-il, pour que le blé réussisse bien, que la terre dans laquelle on la cultive ait la fraîcheur voulue ?

Non : il faut que la terre renferme en sus les éléments minéraux, surtout la chaux, qui entrent dans la composition de cette plante.

Qu'appellez-vous terre à blé ?

Celle qui offre les conditions voulues pour la culture du blé, c’est-à-dire une terre de consistance moyenne, meuble, renfermant, dans les proportions voulues, le calcaire et la silice qui lui sont indispensables.

Place du blé dans la rotation

Quelle place doit occuper le blé dans la rotation ?

Dans une bonne culture, le blé ne doit venir qu'à la suite d’une récolte sarclée, c’est-à-dire qu’il doit être semé dans une terre ensemencée l’année précédente en

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maïs, en pommes de terre ou autres plantes semblables, exigeant un sol profondément ameubli, bien fumé et bien débarrassé des mauvaises herbes par les sarclages.

Peut-on semer aussi après d'autres récoltes ?

Oui: on peut le semer dans un friche bâtard, c’est-àdire dans une terre précédemment ensemencée en len-

tilles, en millet et, ce qui est encore bien mieux, en trèfle.

Pour quelles raisons lui assigne-t-on cette place dans la rotation ?

Pour se conformer aux exigences de cette céréale. Le blé veut une terre profondément ameublie, riche et exempte des mauvaises herbes, qui lui sont fatales. Les cultures sarclées ameublissent le sol, l’enrichissent par la fumure qu’elles requièrent et le nettoient par les sarclages qu’elles exigent. Le trèfle enrichit aussi le sol

“et le débarrasse des mauvaises herbes, ce qui remplit

deux des conditions que demande le blé pour bien produire,

Famure et engrais

Sur quoi faut-il se guider pour déterminer la nature et la quantité de l’engrais qui doit être appliqué à la culture du blé?

Sur la composition chimique de cette céréale et sur celle du 801 destiné à l’emblavure.

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