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Quels sont les sols qui conviennent le mieux à la pomme de terre ?
Ce sont les terres de consistance moyenne, un peu gableuses, profondes et bien assainies, reposant sur un sous-sol poreux. Les terrains vierges, nouvellement déboisés, meubles et friables, lui conviennent admirablement et dans ces terrains, les tubercules ont toujours un goût exquis.
La qualité des pommes de terre est-elle affectée par la qualité du sol dans lequel on la cultive ?
Oui, considérablement. Les pommes de terre cultivées dars les sols sableux ou graveleux contiennent plus de fécule et moins d’eau que celles cultivées dans une terre glaiseuse, mouillée ou froide. Les sols tourbeux ou les savanes qui ont été bien égouttés produisent les meilleures pommes de terre ; elles sont riches, farineuses, très riches en fécule, dont elles contiennent de 18 à 22 pour cent. Celles qui ont le goût le plus exquis sont celles qu’on plante, sans autre engrais, dans un relevé de trèfle, parfaitement pulvérisé, ameubli et aussi friable qu’un terreau de jardin.
Quels sont les fumiers et les engrais qui conviennent le mieux à la pomme de terre ?
Ce sont les fumiers de bêtes bovines, décomposés, et les engrais minéraux renfermant beaucoup de potasse, notamment les cendres de bois, qui constituent l’engrais par excellence de la pomme de terre, ce qui explique pourquoi cette plante réussit si bien dans les terres neuves et les brûlis.
Peut-on aussi employer les fumiers verts et longs ?
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l'automne par un labour profond. C’est dans les terres fortes que ce fumier est le mieux approprié, vu qu'il contribue à désagréger le sol, à le rendre plus friable et plus meuble.
Quand on dépose le fumier dans les sillons, comment faut-il l’employer ?
Dans les terres fortes, on met genéralement le fumier au fond du sillon, puis on le recouvre d’une mince couche de terre, sur laquelle on dépose les germes ou le semis ; dans les terres sableuses ou graveleuses, on met le fumier sur le semis, ce qui lui conserve us ‘’humité et le protège mieux contre les atteintes de 1, écheresse.
Peut-on employer les récoltes enfouies pour fumer la pomme de terre ?
Oui, notamment le trèfle, qui est un des meilleurs engrais qu’on puisse employer pour cette culture. On le sème, au printemps, dans une céréale, on l’enterre à l'automne par un labour, sur lequel on sème les pommes de terre le printemps suivant. Les tubercules récoltés dans ces conditions sont farineuses, ont un goût exquis et sont de beaucoup les meilleurs pour la table.
Quelle préparation faut-il donner au sol destiné à la pon.me de terre ?
Pour développer ses longues et profondes racines, la pomme de terre a besoin d’un sol friable, profondément ameubli et parfaitement nettoyé des mauvaises herbes, On lui procure tout cela par un labour d'automne, d'au moins huit pouces de profondeur, et au printemps, par un autre labour, des façons au cultivateur et des hersa-
ges. Dans les sols légers et très sableux, on peut se limiter au labour du printemps, suivi des façons au cultivateur et des hersages.
Comment sème-t-on les nommes de terre ?
À la butte, en poquets ou en ligne dans les sillons.
Dans quelles circonstances et de quelle façon se fait le semis à la butte ?
Dans les terres nouvellement déboisées, où les souches et les racines rendent impossible l’usage de la charrue et des autres instruments aratoires. On forme, avec la terre ramassée à la pioche et dans laquelle on mêle autant de cendre de brûlis qu’or peut en trouver, de grosses buttes dans lesquelles on sème plusieurs germes que l’on recouvre de quatre o11 cinq pouces de terre bien meuble.
Comment se fait le semis en sillons ?
On ouvre les sillons à la charrue ou au butoir; on y dépose le fumier, quand on l’emploie de cette façon, on donne un coup de herse pour le recouvrir d’une mince couche de terre, on dépose le semis à la main, puis on le recouvre à la herse ou au buttoir.
Quelle distance faut-il laisser entre les sillons et les germes dans les sillons ?
On dépose les germes à sept ou huit pouces les uns des autres daus le sillon et l’on espace les sillons d’une trentaine de pouces. On indique cet espacement au moyen du rayonneur, qu’on fixe à la charrue ou au buttoir dont on se sert pour faire les sillons.
Comment se fait le semis en poquets ?
On fait deux séries de sillons, l’une longitudina-
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lement et l’autre transversalement, qu’on espace d’une trentaine de pouces dans chaque sens. Dans les fosses que forme l'intersection des sillons, on dépose cinq ou six germes, qu’on enterre de la même manière que dans le semis en sillons.
A quelle profondeur faut-il enterrer le semis ?
À une couple de pouces, dans ies terres humides et où la sècheresse n’est pas à craindre ; à trois ou quatre pouces, dans les sols légers et qui se dessèchent facilement.
Quelle quantité de semis faut-il mettre à l'arpent ? Une dizaine de minots.
Sème-t-on les pommes de terre entières ou coupées par germes ?
On peut les semer entières, ou rondes, quand elles sont petites ; mais les meilleures praticiens les coupent par morceaux contenant un ou deux germes, ce qui donne le meilleur sernis.
À quel temps faut-il semer la pomme de terre ?
Aussi de bonne heure que possible, dès que le sol est assez sec et assez chaud pour permettre à la végétation de se produire.
Peut-on semer les pommes de terre à la machine ?
Oui, et bien mieux qu’on ne saurait le faire à bras, ou avec la charrue ou le buttoir, ainsi que cela se pratique ordinairement.
i Quel est le meilleur semoir de pommes de terre ?
C’est l’Aspinwall (fig. 67, page 146), fabriqué par la compagnie Aspinwall, de Trois-Rivières, dans le Michi-
gan. Cet appareil, d’une seule opération, fait le sillon, dépose le semis et les engrais pulvérents, quand on veut en mettre, puis les recouvre bien mieux qu’on ne pourrait le faire à la herse ou à la charrue. Avec cette machine, traînée par deux chevaux, un homme sème . cinq ou six arpents de pommes de terre par jour.
Quels soins d'entretien faut-il donner à la pomme de terre ?
Des hersages, des binages et des buttages, pour empêcher la croissance des mauvaises herbes et maintenir la fraîcheur dans le sol. On donne un coup de herse quand les feuilles corimencent à prindre ou à sortir de terre et ensuite des façons avec le cultivateur entre les rangs. Le cultivateur Planet est des mieux appropriés à cette opération. On répète cette façon au cultivateur quand la surface du sol s’encroûte ou menace de s’éprendre en mauvaises herbes. Quand les plantes ont atteint une douzaine de pouces de hauteur, on don-. ne un premier buttage, ou rechaussage, puis un deuxième une quinzaine de jours après, ce qui achève les cultures d'entretien.
Comment se donne ce buttage ?
À la charrue ou au buttoir, en passant alternativement le long de chacun des deux côtés de chaque rang.
Est-il bon d'écimer les pommes de terre ?
Beaucoup de praticiens d'expérience prétendent qu’en coupant les fleurs des pommes de terre, pour empêcher la graine de se former, on augmente considérablement la quantité et la qualité du produit.
Quand faut-il arracher les pommes de terre ?
Quand elles sont mûres, c’est-à-dire quand les tiges se
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flétrissent et se dessèchent et quand la pelure ne se détache pas du tubercule, lorsqu'on la presse avec le pouce.
Comment se j'ait l'arrachage des pommes de terre ?
À bras, avec une houe ou une fourche à trois dents, à la, charrue ou à la machine.
Quels sont les meilleurs arracheurs de pommes de terre ?
Ce sont les machines de Hoover (fig. 82, page 167), et de Pruyn, qui fonctionnent à merveille, nettoient parfaitement les tubercules et peuvent en arracher plusieurs ar-
--'. chine de Pruyn est Fig. 26—Arracheur de pommes de terre préférée aux autres. de Pruyn.
Est-il prudent de laisser les pommes de terre longtems sur le champ, avant de les encaver ?
Non: il ne faut les laisser sur le champ que juste le temps nécessaire pour leur permettre de sécher un peu et les encaver sans retard ; autrement, les tubercules ainsi exposés à la lumière prennent une couleur verdâtre et un mauvais goût. Quand, pour une raison quelconque, on est forcé deles laisser un peu longtemps sur le champ, il faut les recouvrir avec des fanes ov de la paille, pour prévenir le mauvais effet de l’action du soleil et de la lumière,
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Quels sont les principales conditions que doivent réunir les caves ou les caveaux dans lesquels on conserve les pommes de terre ?
C’est d’être inaccessibles à la lumière et à la chaleur, qui gâtent le goût des pommes de terre, les font germer et leur enlèvent par là une partie de leur féculs, c’est-àdire de leur principal élément nutritif.
Quel est le meilleur moyen de conserver les pommes de terre destinées à la semence ?
On creuse dans un endroit sec et bien égoutté une fosse de cinq pieds de profondeur, de la longueur et de la largeur voulues pour contenir la quantité à conserver. Dès que les tubercules sont bien essorés, après lesavoir arrachés, on les dépose dans cette fosse, en une couche de trois pieds d’épaisseur, puis on achève de remplir la fosse avec une couverture de paille, que l’on recouvre d’une couche de terre de trois ou quatre pouces d’épaisseur, arrondie au milieu, pour empêcher l'eau de pluie de pénétrer dans Ja fosse. Aux premiers froids, on met une autre couche de paille et de terre. Pour favoriser la ventilation, on laisse dans cette couverture de paille et de terre deux orifices que l’on bouche ensuite avec des bottes de paille. On n’ouvre ensuite la fosse qu’au printemps, au moment où l’on a besoin des tubercules pour les planter.
Quels sont les avantages de cette méthode ?
Les pommes de terre ainsi conservées à l'obscurité complète et sous une température approchant du point de congélation ne germent pas, sont bien plus vigoureuses, poussent bien plus rapidement et donnent de bien plus beaux produits,
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& 11—De la betterave
La betterave est-elle une plante bien utile ?
C’est une des plantes les plus utiles et les plus précieuses. En France, en Belgique et en Allemagne, elle a rendu des services signalés à l’agriculture, qu’elle a transformée et enrichie plus que n'importe quelle autre plante. Dans ces pays, la betterave joue le double rôle de plante fourragère et de plante industrielle, en ce sens qu’elle fournit la nourriture au bétail et la matière première à la sucrerie et à la distillerie.
Distingue-t-on plusieurs espèces de betteraves ?
Il y en a un grand nombre de variétée qui 8° divisent d’une manière générale en betteraves fourrcgères et en betteraves d sucre.
Est-ce que toutes les betteraves peuvent servir à la nourriture du bétail et à faire du sucre ?
Oui ; mais les unes sont plus propres à la nourriture du bétail, au lieu que d’autres conviennent mieux à la fabrication du sucre, ce qui explique pourquoi on les a respectivement classées en betteraves fourragères et en betteraves à sucre.
Quelles sont les principales variétés de betteraves fourragères ?
En France, le pays où cette plante est le mieux cultivée, les principales variétés sont la betterave champêtre ou racine de disette, le mangold wurtzel des Anglais, la betterave rouge globe, la betterave jaune, la jaune globe, la jaune d'Allemagne et d’autres variétés, qui sont charnues, pivotantes, deviennent très grosses et poussent en grande partie-hors de terre.
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Quelles sont les principales variétés de betteraves à sucre ?
Elles se réduisent à deux catégories principales: la betterave blanche à collet vert et ia blanche à collet rose.
Quelles sont les principales qualités de la betterave à sucre ?
Cette betterave doit cntrer profondément en terre, ne pousser que très peu en dehors, être très lisse, conique et dépourvue de chevelu.
Quels sont le climat et le sol qui conviennent le mieux à la betterave ?
Cette plante vient dans tous les climats, dans le sud comme dans le nord; mais la sécheresse retarde ou arrête sa croissance et ce sont les régions à pluies d’été qui lui conviennent le mieux. Eile donne ses meilleurs rendements sous un climat humide et chaud. Quant au sol, la betterave vient dans toutes les terres où ne se trouvent pas des eaux stagnantes ; mais elle préfère les terres un peu fortes à celles qui sont trop légères et c'est dans les terres à blé, les bonnes terres franches, qu’elle donne le plus de produits. Il lui faut toujours un 80] profond, bien ameubli et bien assaini.
Quelle préparation faut-il donner au sol destiné à la betterave ?
Comme toutes les plantes à racines pivotantes, la betterave exige un sol profondément meubli. Après de nombreuses expériences répétées durant plusieurs années dans certaines staticns expérimentales des Etats- Unis, on est arrivé à la conclusion que pour donner les meilleurs produits sous le double rapport de la quantité et de la qualité, la betterave à sucre exige un labour d’une profondeur moyenne de douze à quinze pouces. Ces labours profonds empêchent la betterave de produire
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TRAITÉ D'AGRIOULTURE 287
plusieurs racines et la portent à se développer dans la terre, au lieu de sortir du sol, ce qui est toujours un inconvénient pour la betterave à sucre qui, dans la partie bors de terre, se décolore et rend la clarification du sucre plus difficile. Pour les betteraves fourragères qui se développent naturellement hors du sol, telles que la champêtre et la grosse jaune, on peut se contenter d’un labour moins profond.
Faut-il labourer en automne ou au printemps ?
Il est infiniment mieux de labourer à l'automne, surtout dans les terres un peu fortes. En s’effleurissant à la gelée, les arêtes du guéret d'automne forment une masse friable qui absorbe l'humidité et se rassied mieux.
Quelle autre préparation faut-il donner au sol le printemps, immédiatement avant de semer ?
Il faut éviter de lavourer le sol ou de le remuer profondément, ce qui lui ferait perdre l’humidité absorbée durant l'hiver ou le printemps, et se contenter de l’ameublir parfaitement à la surface avec le cultivateur, la herse et le rouleau, ce qui est de nécessité absolue.
Quels sont les engrais les mieux appropriés à la betterave ?
Ce sont les fumiers d’étable bien décomposés et les engrais artificiels ou du commerce, renfermant beau.
‘coup de potasse, notamment pour la betterave à sucre.
Quel inconvénient présentent les fumiers longs ou pailleux ?
Ils ameublissent trop le sol, l’allègent outre mesure, ce qui l’expose à la sécheresse en rendant impossible l’action de la capillarité.
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