‹ Traité d'agriculture à l'usage des écoles et des praticiens [microforme]Chapitre 34 sur 39 · SR SIG DEN PA D RE RE PR · texte numérisé non relu

SR SIG DEN PA D RE RE PR

SP POLE DNS à CE SONT ETAPE

Comment peut-on atténuer le mauvais effet des fumiers pailleux ?

En mélangeant ces fumiers, en petite quantité, avec des engrais pulvérulents, tels que la poudrette, les composts, la cendre et d’autres matières sembiables.

Quel inconvénient présente l'emploi du purin, de l'urine, de l'engrais flamand et des chlorures que fournissent les usines à gaz?

Ces matières peuvent s’employer avantageusement dans la culture de la betterave fourragère ; mais il faut en éviter l'emploi dans la culture de la betterave à sucre, vu qu’elles empêchent le semis de cristalliser et donnent une couleur jaune au jus de betterave.

Quelle quantité de fumier faut-il mettre à l’arpent ?

Pour la betterave à sucre, surtout, il ne faut pas excéder quinze tonneaux, ou de vingt-cinq à trente voitures à l’arpent. Une fumure excessive diminue le percentage du sucre, en développant trop la végétation et empêchant la plante de mûrir à temps.

Quand faut-il mettre le fumier sur la terre réservée à la culture de la betterave ?

A l’automne et l’enterrer de suite par un labour.

Quelle préparation recommande-t-on de donner à la graine de betterave avant de la semer ?

On recommande de faire tremper la graine de betterave durant vingt-quatre Leures au plus dans de l’eau tiède, ce qui a pour effet de séparer la bonne graine de la mauvaise et de hâter considérablement la germination. Pour la rendre plus facile à manœuvrer, surtout quand on sème au semoir, on saupoudre la graine avec

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Quelle quantité de graine faut-il mettre à l'arpent ? Desix à dix livres, selon qu’on sème plus ou moins dru, Comment sème-t-on la graine de betterave ?

Sur billons, quand on opère dans un terrain humide, et à plat, quand on sème dans un terrain où l’humidité n’est pas à craindre,

Comment forme-t-on les billons ?

En tirant avec le buttoir ou la charrue deg sillons que l'on renverse l’un contre l’autre, par un labour en adossant ou à hue, et entre lesquels on laisse l’espacement voulu, c’est-à-dire une vingtaine de pouces. On passe ensuite le rouleau sur ces billons pour en aplanir la surface et raffermir la terre.

Comment dépose-t-on la graine dans es billons ?

À la main ou au semoir. Quand on sème à la main, une personne creuse les trous à la distance vouiue avec le plantoir et une autre personne dépose la graine dans ces trous et la couvre, à une profondeur d’un pouce. Quand on emploie le semoir, l’appareil fait lui-mêrne les trous et y dépose la graine, qu’on recouvre ensuite à la main. On finit l'opération, dans l’un ou l’autre Cas, en passant une seconde fois le rouleau, qui achève d’enterrer la graine et donne à la terre le tassement

! voulu pour l’empêcher de se dessécher trop.

Comment 8e fait le semis à plat ?

Quand la terre a été hersée, roulée et bien préparée

on passe le rayonneur, qui trace les petits sillons à un pouce de profondeur. On dépose ensuite la graine dans ces sillons à la main ou au semoir. On enterre la semence avec une herse légère ou une houe à cheval. On finit l’opération par un roulage qui consolide la terre et lui conserve plus d'humidité.

Quel espacement faut-il laisser entre les rangs et les plantes.

dans chaque rang ?

Pour la betterave fourragère, on peut espacer les rangs de vingt-quatre à trente pouces et les plantes dans chaque rang de huit pouces; maïs pour la betterave à sucre, il est mieux de n’espacer les rangs que d’une quinzaine de pouces et de ne laisser que six pouces entre les plantes de chaque rang.

Pourquoi faut-il moins espacer la betterave à sucre que les betteraves fuurragères ?

Parce qu’il est constaté par l'expérience que les petites betteraves—ainsi qu’elles poussent quand elles sont plus rapprochées—contiennent un bien plus fort percentage de sucre que les grosses. Le percentage est en raison inverse du volume de la betterave et moins celle-ci est grosse, plus elle est riche en sucre et meilleure est sa qualité.

Quels soins d'entretien faut-il donner aux betteraves ?

Des saïclages ei des binages pour empêcher la croissance des mauvaises herbes et maintenir à la surface du sol une couche mince de terre meuble qui conserve l’humidité au sol, facilite l’action des agents atmosphériques et agit comme une couverture de paille ou de fumier.

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Quel est le but de l’éclaircissage et comment le pratique-i-on ?

On eème généralement deux ou trois graines ensemble, pour être sûr qu’une au moins poussera. Ilarrive souvent que toutes les graines poussent, ce qui produirait un encombrement capable de nuire considérablement au développement des plantes. Pour empêcher cet encombrement,on ne laisse qu’une plante dans chaque trou et l’on enlève les autres ; c’est ce qu’on appelle l’éclaircissage. On pratique cette opération quand la terre est humide et ne s’enlève pas avec les plantes à détruire, ce qui pourrait endommager celles restant. On arrache les plantes qui doivent disparaître ou encore on les coupe au collet, quand on craint de trop remuer la terre en les arrachant.

Comment arrache-t-on les betteraves ?

À la bèche, à la fourche-trident, à la charrue ou avec l’arrache-betteraves, qui est le meilleur outil pour cette opération.

Quel temps faut-il choisir pour faire l’arrachage ?

Autant que possible un temps sec. Il arrive souvent que des betteraves arrachées à la pluie et encavées quand elles sont encore mouillées se conservent, mais il est mieux de les arracher par un beau temps et de les laisser essorer avant de les mettre en cave.

Qu’appellez-vous décolletage ?

Après que les betteraves sont arrachées, il faut les débarrasser de leurs feuilles avant de les encaver. On coupe les feuilles au collet en ayant bien soiu de ne pas attaquer la partie charnue de la plante ; c’est ce qu’on appelle le décolletage.

Coupe-t-on aussi les petites racines et l'extrémité de la betterave ?

Non; il faut bien s’en garder, car cela ferait promptement pourrir la betterave ainsi lacérée.

Quelles précautions faut-il observer dans l’emmagasinage des betteraves ?

I1 faut les emmagasiner dans un endroit frais, un peu humide et les déposer par couches d’au plus quatre pieds d'épaisseur. Quand la cave est trop sèche, il est bon de recouvrir les betteraves d’une couche de terre humide, pour les empêcher de se dessécher.

Peut-on conserver les betteraves en silo ?

Oui et c'est même une pratique assez commune dans plusieurs pays.

Fig. 97—Silo à betterave

Comment se font ces silos ?

Dans un endroit sec et bien égoutté, on creuse une fosse de douze à quinze pouces de profondeur, de la largeur et de la longueur requises pour loger la quantité de plantes à conserver. On couvre le fond de la fosse de branches ou de paille, sur laquelle on dépose les

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betteraves, qu’on accumule en un tas ayant la forme conique. La hauteur du tas doit excéder sa largeur du tiers. Sur les betteraves ainsi entassées, on jette une couche de terre assez épaisse pour protéger les betteraves contre la gelée. Pour faciliter l’aération et empêcher l’échauffement, à tous les cinq ou six pieds de longueur on met un cloisonnage en branches excédant le dessus du tas. Ces branches servent de ventilateurs, ménagent une issue à l’air chaud et pour empêcher le froid de pénétrer dans le silo, il suffit de jeter quelques pelletées de terre sur le bout des branches, quand arrivent les grands froids. Les betteraves ainsi ensilées se conservent parfaitement.

$ 12—De la carotte

La carotte est-elle une plante bien utile ?

C'est une des plantes les plus précieuses pour la nourriture du bétail. Elle fournit une bonne nourriture aux bêtes à l’engrais, aux animau: de travail et aux vaches laitières. (C’est un des fourrages-racines qui engraissent le plus rapidement le bétail ; on le donne aux porcs et à la volaille comme aux herbivores. Elle forme pour le cheval une nourriture avidement recherchée ; elle le tient en très bon état, lui donne de la. force, de la vigueur, lui rend la peau scuple et le poil brillant. Elle est très salutaire aux poulains ; ceux qui en mangent prennent une bonne constitution et grandissent rapidement. Elle est parfaitement appropriée au tempérament du mouton, qui s’en engraisse. Elle

donne aux vaches beaucoup de lait, qui produit un beurre excellent.

Distingue-t-on plusieurs variétés de carottes ?

Les catalogues des grainetiers en contiennent de longues nomenclatures ; mais pour la grande culture, on n’emploie que les longues et les demi-longues.

Quelles sont les variétés les plus recommandables ?

Ce sont la carotte blanche comte de Steel, 1a Surrey, la grosse blanche de Belgique, l’Orthe blanche à collet vert, la grosse blanche courte des Vosges, la demi-longue écarlate hâtive et l’écarlate d’Altringham, variété anglaise qui est excellente pour les fins culinaires.

Quels sont le climat et le sol qui conviennent à la carotte ?

La carotte s’accommode de presque tous les climats, mais elle donne ses plus forts rendements dans les contrées où l’atmosphère est humide; la sécheresse arrête sa végétation. Quant au sol, elle demande une terre profonde, riche, parfaitement meuble. C’est dans les terrains substantiels et un pen sableux qu’elle réussit le mieux.

Quelle préparation faut-il donner au sol destiné à la carntte ?

Lente à lever et faible dans sa jeunesse, la carotte ne doit être semée que dans une terre nrofondément ameublie, bien fumée avec du fumier décomposé, parfaitement nettoyée et libre de mauvaises herbes, absolument comme pour la betterave.

Comment sème-t-on la carotte ?

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Quelles sont les cultures d'entretien ?

L'éclaircissage, des sarclages et des binages, absolument comme pour la betterave.

Quelle précaution faut-il observer dans le choix de la graime de semer.ce ?

Il faut avoir bien soin de choisir de la graine de l’année précédente, attendu que celle qui est plus vieïile ne germe pas. Pour rendre cette graine plus facile à manœuvrer, on la mélange avec un peu de sable. Il faut deux ou trois livres de graines à l’acre.

Comment fait-on pour hâter la germination de la graine ?

On trempe la graine durant huit ou dix heures dans de l’eau tiède, puis on l’étend en couche épaisse sur un plancher, jusqu’à ce qu’elle commence à germer, ce qui prend de six à huit jours ; on la mélange alors avec du plâtre moulu et on la sème,

Comment arrache-t-on et emmagasine-t-on la carotte ?

Comme la betterave, aussi tard que possible dans l’automne ; mais, dans la cave, il faut mettre les couches moins épaisses que celles de betteraves, attendu que la carotte est plus sujette à s’échauffer en cave.

$ 13—Des navets

Le navet est-il une plante bien importante en agriculture ?

C’est une des plantes les plus importantes. C'est à

la culture du navet que l’Angleterre doit en grands partie l’améliorat'on de son agriculture et c’est aussi en grande partie au navet que les éleveurs anglais doivent la formation de ces magnifiques races de bêtes à cornes et de moutons que les agriculteurs de tous les autres pays recherchent pour améliorer leur bétail.

Distingue-t-on plusieurs variétés de navets ?

Oui; mais les plus anciens et les mieux connus sont le globe commun, le navet à collet pourpre, l'hybride, le navet de Suède ou rutabaga, dont le Carter et le Rennie sont des meilleurs variétés.

Quel est le climat qui convient le mieux au navet ?

Un climat humide et brumeux, ce qui explique pourquoi cette plante réussit si bien en Angleterre et en Ecosse, où elle donne des rendements merveilleux.

Quels sont les sols qui conviennent le mieux au navet ?

Ce sont les terres jaunes, ou loams, légères, friables, meubles, profondes et bien pulvérisées. Cependant le rutabaga, ou navet de Suède, réussit bien dans les terres fortes, glaiseuses, renfermant beaucoup d’alumine, pourvu que ces terres soient bien ameublies.

Quelle préparation faut-il donner au sol qu’on veut semer en navets ?

Comme toutes les plantes-racines, le navet exige un sol profondément et parfaitement ameubli. Pour satisfaire à cette exigence, on donne à l’automne un labour profond et au printemps suivant, deux ou trois labours moins forts, qu’on fait suivre de hersages et autres cultures pour pulvériser parfaitement la terre.

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Quels sont les engrais qui conviennent le mieux au navet ?

Les engrais riches en phosphate, notamment les os pulvérisés et le superphosphate de chaux, les fumiers d’étable, les cendres et les récoltes enfouies.

Combien faut-il de fumier à l’acre et comment l’emploie-t-on ?

On met à l’acre de vingt-cinq à trente voitures de fumier d’étable, à l'automne, et on l’enterre de suite par un labour profond.

Comment s'emploient le phosphate et les autres engrais pulvérulents ?

On met ces engrais près de la surface du sol ou dans les petits sillons destinés à recevoir les semis,

Qu’'arrive-t-il quand l’engrais est trop riche en matières azotées et trop pauvre en phosphate ?

Les feuilies se développent outre mesure au détriment de la racine, qui reste chétive et ne donne qu’une maigre récolte.

Comment sème-t-on la graine de navet ?

A la volée, en lignes sur billons ou en lignes à plat, ce qui est de beaucoup la meilleure méthode.

Quelles sont les variétés de navets qui peuvent se semer à la volée ?

Toutes les variétés, excepté le rutabaga, qu’il faut nécessairement semer en lignes.

Comment enterre-t-on les semis à la volée ?

Avec une herse de branche, au rouleau ou, ce qui est bien mieux, avec un madrier trainé en travers par un cheval.

298 TRAITÉ D'AGRICULTURE De quel instrument se sert-on pour faire les semis en lignes ?

Du semoir à navets, qui est un appareil spécial et fait l’opération d’un seul coup. (fig. 68 page 147)

Comment se font les semis sur billons ?

De la même manière que ceux de la betterave et de la carotte,

Quel espace faut-il laisser entre les lignes ?

De vingt à vingt-sept pouces entre les lignes et cinq ou six pouces entre les plantes dans chaque ligne. ‘

A quelle époque faut-il semer les navets ?

Il n’est pas prudent de semer le rutabaga plus tard que le commencement de juillet ; mais on peut attendre jusqu’à la fin de ce mois pour semer les autres variétés, notamment le jaune d’ Aberdeen, le collet vert, le Greystone et le globe de Norfolk, qui réussissent bien mieux que le rutabaga dans les sols légers.

Quelle quantité de semence faut-il mettre à l’arpent ?

Deux ou trois livres, selon la richesse du sol.

Quels soins d'entretien faut-il donner aux navets ?

Les mêmes qu’à la betterave et à la carotte, —des hersages, des binages et des éclaircissages.

Quand faut-il récolter les navets ?

On peut les laisser en terre jusqu’aux premières grosses gelées ; alors on les arrache et on les décollette pour les mettre en cave ou en silo, ce qui est bien mieux.

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Comment se font ces silos ?

Dans un endroit sec, pas exposé à l’humidité, on creuse une fosse d’une couple de pieds de profondeur et cinq ou six pieds de largeur, dans laquelle on dépose les navets, pour faire un tas de forme prismatique. On recouvre les navets d’une couche de paille, sur laquelle on superpose des couches de terre, d’une épaisseur suffisante pour mettre les plantes à l’abri de la gelée. Quand tout est fini, on creuse autour du silo un petit fossé destiné à en éloigner l’eau et l'humidité.

4 14 - Du lin

Le lin est-il une plante bien utile ?

Oui : sa tige donne la filasse, avec laquelle on fabrique la toile ; sa graine fournit au bétail un des aliments les plus riches et à l’industrie, l’huile avec laquelle on delaie les peintures.

Quel est le climat qui convient le mieux au lin ?

Cette plante pousse sous tous les climats habitables ; mais c’est sous un climat doux et un peu humide qu’elle réusssit le mieux, ce qui explique pourquoi elle vient si bien en Angleterre, en Irlande, dans le nord de la Belgique et de l'Allemagne ainsi que dans la région avoisinant la mer Baltique, en Russie.

Quel est le sol le plus propice au lin ?

Le lin vient dans toutes les terres qui produisent de bonnes récoltes de céréales ; mais pour donner ses meil-

leurs produits en filasse et en graine, il lui faut nne terre franche ou un loam profond, fertile, très meuble et pas trop humide. L’humidité lui est préjudiciable et il ne donne qu’une chétive récolte dans les terres fortes, glaiseuses, qui sont bien assainies, bien ameublies et bien engraissées.

Quelle préparation faut-il donner au sol qui doit être ensemencé en lin ?

Il n’y a pas d’autre plante qui exige un sol aussi bien préparé que le lin et qui récompense aussi bien des cultures et des engrais donnés à la terre qui lui est destinée. Il faut absolument débarrasser le sol des mauvaises herbes et l’ameublir comme un terreau de jardin.

Quelles façons faut-il donner au sol pour satisfaire d toutes ces exigences ?

Dans les terres un peu fortes, on laboure à l’automne et l’on nettoie les rigoles, pour assurer un égouttement aussi parfait que possible. Dans les terres noires, les sols poreux, sablonneux ou graveleux ainsi que dans les terrains d’alluvion, il faut labourer en août ou septembre, afin de détruire par le hersage les mauvaises herbes qui surgissent. Le printemps suivant, dès que la terre est rassise et assez sèche, il faut donner un second labour, aussi profond que le premier, herser deux fois et rouler immédiatement avant de semer, s’il y a des mottes que la herse n’a pas pulvérisées.

® Quel est le but de ces hersages et de ce roulage ?

C’est de rendre la surface du sol aussi meuble et aussi

uni que possible, afin que la graine lève et que la plante pousse d’une manière absolument uniforme.

Dans un sol ainsi préparé et bien engraissé, le lin atteint souvent une longueur de trois ou quatre pieds.

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TRAITÉ D'AGRICOULTURE 801

Quels sont les engrais qui conviennent de préférence au lin ?

Le lin contient une très forte proportion d’acide phosphorique, d’acide sulfurique, de chlore, de potasse, de chaux et de magnésie; les engrais qui peuvent lui fournir ces matières sont naturellement les phosphates et les silicates alcalins, tels que le superphosphate de chaux, les os pulvérisés, les cendres de bois, la chaux et le sel marin. Les fumie:8 de vache et de mouton bien

fermentés, le noir animalisé et le noir des raffineries et particulièrement les tourteaux de lin lui sont aussi fort

appropriés.

Peut-on employer le fumier vert dans la culture du lin ?

Non: le lin, comme le blé, veut un fumier bien décomposé. Quand on lui donne un fumier vert, qui n’a pas fermenté, on obtient peu de graine, et la tige, qui est volumineuse et sujette à la rouille, ne donne qu’une filasse grossière, de peu de valeur.

Quand on applique l'engrais directement au lin, comment faut-il l'employer ?

On enterre le fumier d’étable par le labour d’automne et les engrais pulvérulents le priutemps suivant, par les façons qui précèdent le semis. :

Quelle place doit occuper le lin dans la rotation ?

Comme cette plante est munie de racines longues et pivotantes, qui vont chercher leur nourriture à une grande profondeur dans la terre, il faut la faire venir après des récoltes qui ont accumulé une quantité suffsante de principes fertilisants dans les couches inférieures du sol. Comme les mauvaises herbes sont des plus nuisibles dans cette culture, il faut autant que

802 TRAITÉ D'AGRIOULTURE

possible mettre le lin à la suite d’une récolte sarclée, qui a débarrassé la terre des mauvaises herbes et l’a profondément ameublie.

Peut-on mettre le lin sur un défrichement ou un relevé de trèfle ou de prairie ?

Oui: un relevé de trèfle ou de prairie bien ameubli est une des meilleures terres qu’on puisse donner au lin, qui va puiser dans les couches inférieures du sol l’engrais formé par la décomposition des racines du trèfle,

Comment sème-t-on la graine de lin ?

Comme la graine de foin et sur la terre fraîchement remuée, pour procurer à la graine la fraicheur dont elle a besoin pour germer promptement.

Comment fait-on pour assurer l'uniformité dans la distribution de la semence ?

Pour rendre la graine moins coulante, on la trempe dans de l’eau tiède deux ou trois heures, puis on la mélangé avec du plâtre moulu, ce qui la rend plus facile à manipuler. Pour être sûr de semer également partout, on divise le terrain en lisières de quinze à dix-huit pieds de large, qu’on marque en traînant une petite chaine sur le hersage. On sème en faisant le tour de ces lisières. Pour obtenir plus d’uniformité, certains praticiens sèment la moitié de la graine dans le sens longitudinal et l’autre moitié dans le sens transversal.

Qu’arrive-t-il quand le semis n’est pas uniforme ?

Dans les endroits où il y a trop de semence, le lin pousse fin, ne donne que peu de graineet mûrit plus tard ; dans les endroits où le semis est plus clair, les tiges viennent grosses, donnent beaucoup de graine, mais une filasse-plus grossière.

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TRAITÉ D'AGRIOULTURE 808

Quand faut-il semer la graine de lin ?

Quand la terre est bien rassise, parfaitement réchauffée et qu'il n’y a plus à craindre la moindre gelée, qui est fatale au jeune lin.

Est-il mieux de semer avant ou après un orage?

Quand on sème avant un orage, il arrive souvent que la pluie détruit une partie de la graine, qui ne germe pas ; au contraire, en semant après un orage, aussitôt que la terre ne colle plus aux instruments, les petites mottes s’émiettent au moindre toucher, le sol est très friable, la graine s’enterre admirablement et lève avec une vigueur et une uniformité remarquables et le lin prend de suite le dessus sur les mauvaises herbes.

Quelle quantité de semence faut-il mettre à l’acre ?

Cela dépend de l’objet qu’on a en vue. Quand on sème spécialement dans le but d'obtenir de la filasse, il faut semer plus dru et alors on peut mettre un minot et demi ou deux minots à l’acre. Quand on a particulièrement en vue la récolte de la graine, il ne faut pas semer plus d’un minot à l’acre et beaucoup même sèment moins. Pour avoir une bonne récolte de graine et de filusse, les meilleurs praticiens sèment un minot et demi à l’acre.

Qu’arrive-t-il selon qu’on sème dru ou clair ?

Quand on sème dru, le lin ne forme pas de branches, pousse fin, long, et donne plus de filasse, qui est de qualité supérieure ; quand on sème clair, le lin forme des branches, donne une filasse plus grossière et moins égale, mais produit beaucoup de graine d’excellente qualité.

Comment recouvre-t-on le semis de lin ?

On le recouvre généralement avec une herse très légère et, ce qui est encore mieux, avec un cadre muni de branches.

Ce procédé offre-t-il quelques inconvénients ?

Oui : les pieds des chevaux, qu’on emploie généralement pour traîner ces instruments, creusent des trous où la graine, enterrée trop profondément, lève vien plus tard, ce qui gâte considérablement l’uniformité de la récolte, tant de ia graine que de la filasse.

Peut-on remédier à cet inconvénient ?

Oui, très facilement. Au lieu de faire le hersage avec les chevaux, on emploie une herse en branches traînée par un homme, qui fait autant d'ouvrage qu’un cheval et peut ainsi herser quatre ou cinq acres par jour.

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