‹ Traité d'agriculture à l'usage des écoles et des praticiens [microforme]Chapitre 35 sur 39 · TE — RE · texte numérisé non relu

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Fig. 98-—Herse en branches

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Comment se font ces herses en branches ?

On forme le dos avec un morceau de bois de quatre ou cinq pieds de longueur et de trois ou quatre pouces carrés ou avec une perche ronde. Dans les trous percés dans ce dos, on fixe des branches d’une couple de pieds de longueur et l’on finit l’appareil en y adaptant un brancard sur lequel l’homme tire pour traîner la herse. Quand celle-ci n’est pas assez pesante, on attache sur le dos quelques pièces de bois.

À quelle profondeur faut-il enterrer la graine de lin ?

Un demi-pouce suffit amplement, quand la terre est bien préparée.

Est-il bon de rouler la terre après le semis ?

Cette pratique est suivie par beaucoup de cultivateurs, mais les meilleurs praticiens l’évitent avec soin, vu que ce roulage forme souvent une croûte qui empêche une partie des tigelles de sortir, sans compter que le piétinement des chevaux forme des trous qui détruisent l’uniformité de la récolte.

Quels soins d'entretien faut-il donner au lin ?

Il faut le débarrasser soigneusement des chardons, de la sanve ou moutarde sauvage ainsi que de toutes les autres mauvaises herbes de cette nature, qui rendent les manipulations subséquentes plus difficiles, gâtent la qualité de la filasse et de la graine.

Faut-il arracher ou couper ces mauvaises herbes ?

Il faut les couper ras de terre ; en les arrachant on s’exposerait à arracher en même temps ou à déraciner des tiges de lin.

A quelle époque faut-il arracher ou couper le lin ?

: Quand les capsules qui renferment la graine ont pris une couleur brune et quand les feuilles sont mortes sur la partie inférieure de la tige, jusqu’au quart ou au tiers et quand la tige elle-même, de vert foncé qu’elle était,a pris une couleur jaunâtre clair, c’est le temps propice pour arracher le lin et en obtenir la plus belle filasse.

Comment récolle-t-on le lin ?

On l’arrache à la main et même, dans certains pays, on le coupe à la faucille ou au javelier.

Comment se fait l'arrachage à la main ?

Chag'e ouvrier prend une largeur d’environ quatre ê pieds, saisit la plante juste au-dessus de la tête, par T poignées, en ayant soin de ne pas mêler ies tiges, puis, l

d'un coup vif, arrache de terre, puis l’étend régulièrement sur le sol, en rangs épais d’un pouce. Après avoir laissé ce rang exposé au soleil une demi-journée, quand le temps est bien beau, on le retourne pour faire sécher pareiïllement l’autre côté. Quand les tiges sont fanées et bien sèches, on en forme des bottillons de cinq ou six pouces de diamètre, qu’on attache avec les tiges éparses qui restent sur le champ ou avec des harts et l’on met ces bottillons en moyettes longues pour achever la dessiccation des capsules et préparer le battage de la graine.

Fig. 99—Lin en moyette

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ron quatre la tête, par tiges, puis, d régulière Après avoir rnée, quand faire sécher gont fanées cinq ou six tiges éparses ; et l’on met ver la dessicde la graine.

TRAÎTÉ D'AGRIOULIURÉ 807

Peut-on mettre le lin en bottillons et en moyÿeltes immédiate ment après l’'arrachage ? 1 Oui, et il est même parfois nécessaire de le faire. Quand le temps est humide ou menace de tourner à la pluie, il est mieux de mettre le lin en petites bottes et en moyettes en l’arrachant. On fait ces moyettes cou-

rant du nord au sud, afin qw’elles soient mieux exposées à l’action du soleil,

Quelles précautions Jaut-il observer en faisant les bottillons ?

Il faut d’abord frapper le pied du bottillon sur la jambe ou sur le sol, pour faire tomber toute la terre qui adhère à la racine de la plante et l’on frappe verticale-

ment le pied du bottillon sur le sol, pour le bien égaliser,

Combien de temps faut-il laisser le lin sur le champ après l'avoir engerbé ?

Le lin qu’on laisse étendu sur le sol pour sécher peut s’engranger ou se mettre en meules immédiatement après l’engerbage: mais celui qu’on engerbe en l’arrachant doit rester en moyettes, sur le champ, au moins huit ou dix jours,

Comment sépare-t-on la graine des tiges ?

En battant le lin au fléau, ou sur un caillou ou une

charrue renversée ou encore à la machine à battre le grain.

Comment dispose-t-on le batteur de la machine pour battre le lin ?

Avec les batteuses dont la so/e ou le contre-batteur est mobile, on le lève ou on le baisse, selon le cas, de manière à ce que l’extrémité des dents se croise À peine ;

808 TRAITÉ D'AGRIOULTURE

quand le contre-batteur est fixe, on enlève la moitié des c dents. La batteuse ainsi préparée, on lui présente la c tête des bottillons, en les retenant fermement, de façon p

à ce que les dents de la machine n’atteignent que la partie de la tige où se trouve la graine.

Quelle est la meilleure de ces trois méthodes ?

sc C’est le battage contre un caillou, qui n’affecte aucu- d

nement la fibre du lin et done une bien plus belle di

filasse, ju N'y at-il pas un autre moyen de séparer la graine des :

tiges du lin ? # Oui, il y a la méthode de la drége.

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Fig. 100—Ouvriers un à la Ne

En quoi consiste cette méthode ?

La drége, ou grand peigne à une ou deux rangées de dents, se fixe sur un chevalet solide. L’ouvrier saisit les poignées de lin par la racine et frappe la tête sur le peigne en tirant à lui. Les capsules, ne pouvant passer entre les dents, tombent sur une toile placée sous le

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rangées de vrier saisit tête sur le vant passer cée sous le

chevalet. On étend ensuite les capsules sur un plancher et quand elles sont bien sèches, on les bat au fléau pour en faire sortir la graine.

Comment se font ces drèges ?

La drège est tout simplement un peigne dont les dents sont formées avec des baguettes de fer, carré ou rond, d’un demi-pouce, espacées d’une ligne et demie les unes des autres, de dix-huit pouces de longueur, appointies jusqu’à trois pouces de l'extrémité supérieure et taraudées dans un bout de madrier d’orme de trois ou quatre pouces d'épaisseur.

Quelle opération doit subir le lin après l'enlèvement de la graine ?

Le rouissage, qui se fait sur terre ou dans l’eau,

Quel est le but de cette opération ?

C’est de décomposer les matières mucilagineuses ou la gomme qui retient les filaments ou la partie extérieure de la tige, à la chènevote ou partie intérieure, qui est dure et ligneuse.

Comment se fait le rouissage sur terre ?

En étendant le lin en couche très mince sur l’herbe d’un pré et l’y laissant tant que, sous l’action de la rosée et du soleil, la filasse ne se détache pas de la chènevotte. Pour que le rouissage soit bien régulier, on retourne le lin quand le dessus est bien roui, ce qui prend trois ou quatre semaines, afin d’exposer pareillement le dessous à l’action de la rosée et du soleil. On le met ensuite en moyettes pour le faire achever de sécher et on l’engrange dans un endroit bien sec, en attendant le broyage.

Comment se fait le rouissage dans l’eau ?

En plaçant debout les bottillons de lin dans l’eau d’un étang ou d’une rivière, de façon à ce que l’eau les recouvre complètement, ce qui donne une bien plus belle filasse que le rouissage en terre. Au bout de sept ou huit jours d'immersion, suivant les circonstances, on retire le lin de l'eau pour l’étendre, le faire bien sècher et l’engranger en attendant le broyage.

Quel est le but du broyage ?

C’est d’écraser ou de triturer la chènevote ou partie ligneuse du lin pour la détacher de la filasse. … Quelle opération doit subir le lin mour se bien broyer ?

Le hâlage ou la dessiccation dans un four ou sur un fourneau à cette fin, afin de rendre la chènevote aussi cassante et aussi friable que possible.

Comment se fait le broyage ?

A bras, avec la broye ordinaire, ou à la machine, c’està-dire en passant le lin entre deux rouleaux cannelés, actionnés par un manège à cheval.

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Fig. 101—-Machine à broyer. :

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Comment enlève-t-on la chènevote du lin broyé ?

Par l’écanguage ou l’écochage, comme on dit dans notre pays.

Fig. 102—Couteau et planche à écocher Comment se fait l’écanguage ?

À bras, en battant le lin avec un gros couteau en bois

le long d’une planche à écocher ou à la machine, avec un appareil à cette fin.

Fig. 103—Machine à écocher

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312 TRAITÉ D'AGRICOULTURE

Comment achève-t-on de nettoyer la filasse ?

En la passant dans un gros peigne qui démèle les file, les refend et les débarrasse de toutes saletés. C’est ce qu’on appelle le peignage ou sérançage.

Fig. 104—Peigne à filasse Fig. 105—Poignées de filasse

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