POTS
Description. — Ce genre de plantes renferme quatre à cinq espèces, dont une et ses variétés méritent la plus sérieuse attention, en raison de leur importance pour la nourriture des hommes et des animaux.
Le pois cultivé a les racines annuelles, grêles, fibreuses, pivotantes, lestiges, herbacées, fistuleuses, angulaires ; les feuilles alternes, pétiolées, ailées, à deux folioles ovales, opposées, entières, sessiles, à pétioles cylindriques terminées par une vrille à trois filets ; les fleurs grandes portées plusieurs ensemble sur de longs pédoncules axilaires j les fruits de deux à îrois pouces de long sur six à huit lignes de large.
On les divise en pois à parchemin, dont la gousse est coriace et ne peut se mange, et en pois sans parchemin dont la gousse est tetidre et mangeable. Ils se subdivisent encore en pois nains et en pois ramants, ainsi qu'en pois hâtifs et tardifs, dont la culture est différente. Les pois hâtifs se sèment, sur couches sourdes en pleine terre et sous chasis, aussitôt que la tetre est découverte pour fournir au luxe des gens riches, ou abrités de branches de sapin.
Toute espèce de terre convient aux pois ; mais les hâtifs prospèrent mieux dans une terre légère
et sablonneuse, il leur faut des labours profonds et fréquents ; des transports de terre ; du terreau bien consommé ; des débris de végétaux ; des immondices de rue long-temps exposées à l'air. La semence des premiers doit se faire près d'un mur exposé au midi et à l'abri des vents d'Est, soit en touffes, soit en rangées ; ils lèvent au bout de quinze jours ; il faut les abriter tant que l'on craint les gelées et ne les découvrir qu'après qu'elles sont passées ; on les bine et on renchausse les pieds quinze jours après $ on les pince à la troisième ou quatrième fleur pour arrêter la montée, augmenter la grosseur des fruits et avancer la maturité ; après quoi on sarcle et on renchausse ; la récolte ne tarde pas à récompenser les soins qu'on s'est donnés, si le temps est favorable.
La culture des pois hâtifs près des villes populeuses étant d'un grand profit, j'indiquerai la manière d'y procéder.
Ceux qui ont des terreins sablonneux, près de ces villes, doivent aussitôt qu'ils sont découverts le printemps faire des sillons à la charrue peu profonds, se faire suivre par deux enfants, dont l'un y jette des pois à environ trois ou quatre pouces de distance les uns des autres, et l'autre les recouvre légèrement de terre avec un râteau, parce que s'ils sont trop avant ils pourrissent ; et on étend ensuite sur le semis force boue des rues ramassée de l'automne précédent ; on bine et renchausse les pieds soit à la charrue, soit à la pioche, deux ou trois fois pendant la saison. La culture des pois ra-
mants diffère de celle des primeurs, en ce qu'ils demandent une terre moins 'légère et des arrosements moins fréquents, et qu'on ne les bine et renchausse qu'une fois et qu'on se dispense de les arrêter.
La culture des pois en grand dans les champs sera traitée dans la seconde partie de cet ouvrage.
Propriété et Usage. — Les pois verts sont un aliment agréable et sain, les vieux augmentent en qualité nutritive, mais deviennent de difficile digestion et venteux, à moins qu'on ne leur enlève leur enveloppe, en les faisant passer à un moulin fait exprès, ou qu'on ne les mange en purée.
Les habitants des villes et des campagnes ici, en font une grande consommation pour eux et leurs animaux qui en sont friands.
Les habitants des campagnes finissent l'engrais des cochons avec des pois, pour affermir, disent-ils, le lard.